Paris. Canicule : pourquoi la tour Eiffel grandit-elle sous l’effet de la chaleur ?

Paris. Canicule : pourquoi la tour Eiffel grandit-elle sous l’effet de la chaleur ?

Saviez-vous que la tour Eiffel grandissait avec la chaleur ? Du haut de ses 330 mètres, le monument le plus célèbre de France n’est pas insensible à la canicule.

Inauguré lors de l’Exposition universelle de Paris en 1889, ce monument attire depuis des centaines de millions de visiteurs venus l’admirer et/ou gravir ses 1665 marches, au long de ses trois étages. Elle impressionne par sa taille et sa solidité... mais les rayons du soleil ont pourtant le pouvoir de la faire bouger.

Construite en fer puddlé, la tour Eiffel, comme de nombreuses structures métalliques, est en effet sujette à la dilatation thermique. Malgré ses 10 100 tonnes, sa structure peut se modifier en fonction des variations saisonnières. « La chaleur provoque une augmentation du volume pouvant faire gagner à la tour Eiffel quelques millimètres », explique l’historien et architecte Bertrand Lemoine. 

De la même manière, en hiver, le métal peut se rétracter et faire rétrécir l'édifice. Le site de la Ville de Paris affirme que « lorsque le thermomètre frôle les températures négatives, elle peut perdre jusqu’à 20 cm… pour les regagner au pic de l’été. »

La Dame de fer s’incline face au soleil

La dilatation thermique peut aussi créer un autre phénomène : la tour peut pencher avec la chaleur. « Le soleil chauffe successivement ses faces est, sud et ouest, qui se dilatent tour à tour sous l’effet de la chaleur, faisant pencher le monument. Celui-ci retrouve ensuite sa position initiale durant la nuit », poursuit l’historien.

Durant une journée ensoleillée, le sommet de la tour décrit une courbe plus ou moins circulaire d’environ 15 centimètres de diamètre. En 1976, elle aurait enregistré une inclinaison record de 0,032 degré, soit 18 cm, rapporte le site de la Ville.

Un phénomène qui peut paraître impressionnant, mais qui est à l’œil nu complètement invisible et ne peut pas être perçu, même par les visiteurs présents au sommet du monument.

Les experts s’accordent à dire que ces variations ne présentent aucun risque et ne devraient pas perturber les fondations de l’édifice.