"Patience": pourquoi Dominique de Villepin attend toujours avant d’entrer officiellement en campagne?

"Patience": pourquoi Dominique de Villepin attend toujours avant d’entrer officiellement en campagne?

De retour au premier plan depuis les attaques du Hamas en Israël, l'ancien Premier ministre et ministre des Affaires étrangères est en campagne, mais pas encore candidat à la présidentielle. Rien ne sert de se déclarer si tôt, considère-t-on autour de lui. Reste que les obstacles sont nombreux sur sa route à l'heure actuelle.

Guerre au Proche-Orient, tensions entre la France et l'Algérie, deuxième élection de Donald Trump aux États-Unis... Voilà des mois que Dominique de Villepin écume les plateaux télé, livrant ses analyses sur l'actualité internationale avec son verbe tranché.

En marge des attaques du Hamas en Israël le 7 octobre 2023, l'ancien ministre des Affaires étrangères, aujourd'hui âgé de 72 ans, a effectué un spectaculaire retour au premier plan, se présentant comme le garant d'une ligne d'équilibre, héritière de celle de Charles de Gaulle. Son come-back est accompagné d'une question. Sera-t-il candidat pour l'élection présidentielle?

Dominique de Villepin a publié un essai, lancé son mouvement, effectué différents déplacements à travers l'Hexagone et mis en avant plusieurs propositions. Pour autant, celui qui avait marqué les esprits lors de son discours en 2003 à l'ONU contre la guerre en Irak n'est toujours pas officiellement dans la course.

"Je veux être candidat à l'élection présidentielle", s'est contenté d'affirmer l'ex-Premier ministre de Jacques Chirac depuis le plateau de BFMTV ce dimanche 30 août, précisant: "je le confirmerai quand la campagne électorale aura commencé au-delà des jeux d'estrade."

"Rassemblement"

"Patience", martèle-t-on dans son entourage, contacté par BFM, faisant remarquer que l'échéance élyséenne intervient dans "huit mois". Une éternité à l'échelle de la vie politique.

Dominique de Villepin attend les bonnes circonstances, joue la stratégie du recours, à la manière d'un François Hollande à gauche, s'efforçant de déconstruire les rapports de force actuels, avant de se lancer officiellement, probablement pendant cet automne.

Sur BFMTV, il a présenté un "système politique qui fait faillite", incarné notamment par le macronisme. Et de tancer ses représentants dans la bataille pour l'Élysée, qu'il s'agisse de Gabriel Attal ou d'Édouard Philippe: "ils peuvent toujours plaider la rupture (...) Quand je les écoute, c'est la même politique."

Pour le reste, "DDV" donne un point à La France insoumise et au Rassemblement national: "eux "proposent autre chose", ont "le mérite d'exister politiquement". Mais à ses yeux, ces alternatives restent "hors sol", "pas applicables".

Alors, qui pour sortir le pays de l'ornière? Forcément, l'ex-chef du gouvernement se garde d'avancer son nom, mais enfin il dessine les contours d'un "rassemblement des Français".

Son équipe le voit comme capable de naviguer dans un espace politique large allant "de la droite sociale à la gauche écologiste". Après tout, n'est-il pas tout autant un chiraquien qu'un homme salué par La France insoumise ou le Parti socialiste pour ses propos sur la guerre au Proche-Orient?

"Incapacité à passer à l'acte"

Peut-être, mais ce positionnement ne lui permet pas, à l'heure actuelle, d'enclencher la moindre dynamique. Ses scores dans les sondages, lorsqu'il est testé, sont très faibles. Dans l'étude produite par Elabe pour BFMTV et la Tribune Dimanche samedi 29 août, il émerge à peine à 2 ou 2,5%, selon les configurations.

Et si l'histoire terminait comme en 2012? Dominique de Villepin n'avait finalement pas réussi à se présenter à l'élection présidentielle, faute de réunir les 500 parrainages d'élus nécessaires. Pour l'instant, le quasi-candidat aurait aux "alentours de 220 à 250" promesses, d'après son entourage.

"Je veux être candidat, je me bats pour être candidat, mais on ne fait rien tout seul", a-t-il reconnu dimanche.

Les interrogations autour de lui renvoient également à sa personnalité. Souvent décrit comme brillant, mais aussi solitaire, à l'opposé des apparatchiks, Dominique de Villepin peut-il vraiment rassembler?

Plusieurs personnalités politiques qui l'ont côtoyé de près en doutent fortement. "Je pense qu’il aura beaucoup de difficultés à avoir autour de lui, comme le font l’essentiel des candidats, un socle solide d’élus à tous les niveaux", dit un ancien de ses ministres, décrivant des "relations distantes, voire tendus" ou "méprisantes" avec ses collaborateurs et les responsables politiques.

Tous les soirs dans Le Titre à la Une, découvrez ce qui se cache derrière les gros titres. Zacharie Legros vous raconte une histoire, un récit de vie, avec aussi le témoignage intime de celles et ceux qui font l'actualité.

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17:53

Une ancienne proche parle quant à elle d'un "profil très particulier". Elle présente le diplomate comme "le meilleur d’entre nous sans aucun doute sur le plan intellectuel et sur le plan de la capacité de propulsion". Tout en jugeant que celui-ci est dans "une incapacité de passer à l'acte", notamment du point de vue de l'organisation d'une campagne.

"Détermination"

L'entourage de Dominique de Villepin, lui, met en avant "une forme de professionnalisation un peu plus accrue" autour du septuagénaire par rapport à 2012, détaillant: "nous avons un QG, des équipes extrêmement structurées qui sont dans la quête de parrainages, d’autres équipes qui sont sur les finances et un pôle techno d’environ 80 hauts fonctionnaires et intellectuels."

Aussi pour démontrer le "sérieux et la détermination" de "DDV", son équipe rappelle la présence de celui-ci prochainement à l'émission "Objectif 2027" de LCI le 17 septembre prochain à laquelle seuls Marine Le Pen et Édouard Philippe ont participé jusqu'ici. Il a également débattu face à un autre candidat iconoclaste, François Ruffin, lors d'un événement organisé par Libération, en partenariat avec BFM.

Alors, ira ou ira pas? Dans tous les cas, Dominique de Villepin devra composer avec un dernier élément: les affaires. Au-delà de ses activités lucratives à l'étranger, notamment en Chine, l'ex-patron du Quai d'Orsay fait l'objet d'une enquête du parquet financier sur des statuettes reçues lorsqu'il était ministre, entre 2022 et 2004.

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