Politique. Budget 2027 : Sébastien Lecornu met en garde contre « le choix du désordre »
Sébastien Lecornu a mis en garde samedi les parlementaires contre la tentation d'attendre la présidentielle pour adopter un budget en 2027, ce qui serait « le choix du désordre », et a promis de prendre « le temps qu'il faut pour le compromis » quitte à prolonger les débats au début de l'année prochaine.
« Choisir d’attendre l’élection présidentielle pour adopter un budget pour 2027, c’est choisir le désordre. Car la dette, elle, n’attend pas », prévient le Premier ministre dans une lettre envoyée aux parlementaires et révélée initialement par Le Parisien. En cas d'absence de budget, « une hausse de nos taux d’intérêt pèserait durablement sur l’État, mais aussi sur notre économie, et donc sur les ménages », prévient-il.
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« Ce ne sera pas un budget de non-choix »
Faute de majorité à l'Assemblée, le gouvernement craint, en pleine campagne présidentielle, une coalition des oppositions gauche-RN qui ne permette pas l'adoption d'un budget. Dans ce cas, le gouvernement devrait faire voter, comme en 2025 et 2026, une loi spéciale qui permet de pallier l'absence de budget en reconduisant les recettes de l'année précédente et en engageant des dépenses nécessaires à la continuité de l'Etat. Mais là où cette loi n'avait été appliquée que quelques semaines, elle pourrait l'être jusqu'à l'automne 2027 du fait de la présidentielle et des probables législatives ensuite.
« Ce n'est pas une solution », insiste M. Lecornu en s'appuyant sur un rapport de l'Inspection générale des finances selon lequel cette application prolongée « exposerait le pays (...) à des risques majeurs » avec un coût estimé à minima à 0,5% du PIB. . Au contraire, un budget voté pourra être « corrigé, réorienté ou modifié rapidement par le prochain président, son gouvernement et le Parlement. Mais on ne peut pas modifier un budget qui n’a pas été adopté », plaide-t-il. Le Premier ministre refuse de rentrer dans les débats de méthode (recours au 49.3, aux ordonnances...) pour faire adopter le budget, renvoyant cela à l'issue des débats parlementaires cet hiver. « Nous prendrons le temps nécessaire au débat, à la confrontation des choix et à la recherche de compromis. Et si ce travail doit se prolonger au-delà des échéances que certains voudraient aujourd’hui nous imposer, il se prolongera », annonce-t-il, laissant entrevoir une prolongation début 2027 si nécessaire.
Sur le fond du budget, il ne livre pas de détails mais assure que « ce ne sera pas un budget de non-choix ». Le gouvernement proposera « de poursuivre le redressement de nos finances publiques » avec « des réformes structurelles » même « si certaines paraîtront modestes prises isolément ». Il promet de ne pas « sacrifier les investissements qui garantissent notre souveraineté: défense, sécurité, justice, énergie, industrie, recherche, adaptation au changement climatique ».