Pourquoi les salades françaises se font plus rares dans les supermarchés ? Les maraîchers pointent du doigt l'effet des canicules sur leurs cultures

Pourquoi les salades françaises se font plus rares dans les supermarchés ? Les maraîchers pointent du doigt l'effet des canicules sur leurs cultures

l'essentiel Après plusieurs épisodes de fortes chaleurs, les producteurs de salades alertent sur des pertes importantes dans leurs exploitations. Entre cultures brûlées, récoltes perturbées et tensions dans certains rayons de supermarchés, la filière maraîchère craint que les effets de la canicule se prolongent également au-delà de l'été.

Les salades françaises se font plus discrètes cet été dans nos rayons de supermarchés. Depuis plusieurs semaines, les maraîchers alertent sur les conséquences des fortes chaleurs qui ont frappé les cultures. La succession des épisodes caniculaires a perturbé les cycles de production, provoquant des pertes dans plusieurs exploitations et des tensions sur l'approvisionnement.

La salade est particulièrement sensible aux températures élevées. Lorsque le thermomètre dépasse durablement les 30 °C, les plants peuvent souffrir, pousser moins bien, monter plus rapidement en graines ou devenir difficiles à commercialiser en raison de leur apparence. "Les légumes-feuilles comme la salade sont des plantes relativement fragiles qui ne sont pas du tout faites pour résister à des températures comme on a eu", explique Cyril Pogu, coprésident de Légumes de France, sur RMC.

Dans les exploitations touchées, le problème ne concerne pas seulement les salades prêtes à être récoltées, mais aussi les jeunes plants et les nouvelles plantations.

Des cultures détruites par la chaleur

Dans plusieurs bassins de production, les maraîchers constatent des dégâts inhabituels. Interrogés par TF1, certains producteurs expliquent que des salades sont devenues invendables à cause de la chaleur, avec des feuilles abîmées ou brûlées. Les exploitants doivent supporter les pertes sur les cultures existantes tout en préparant les prochaines récoltes dans un contexte de forte incertitude.

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La situation est particulièrement préoccupante car la chaleur agit sur toute la chaîne de production. Les semis peuvent être perturbés, les plants avoir plus de difficultés à reprendre et les récoltes suivantes être décalées. Par conséquent, même lorsque les températures redescendent, les effets de la canicule peuvent continuer à se faire sentir pendant plusieurs semaines.

Des tensions dans les rayons

Face à cette baisse de production, certains distributeurs constatent des tensions d'approvisionnement. Dans plusieurs enseignes, les consommateurs ont pu constater que les rayons étaient moins remplis, notamment pour certaines variétés de salades. Mais l'interprofession des fruits et légumes frais (Interfel) nuance le risque de pénurie généralisée. "Nos producteurs sont pleinement mobilisés face à cet épisode climatique exceptionnel. Grâce à leur savoir-faire et à l’engagement de toute la filière, l’approvisionnement des consommateurs est aujourd’hui assuré", assure son président Daniel Sauvaitre dans un communiqué.

Les conséquences pourraient cependant se prolonger au-delà de l'été. "La rentrée va être compliquée et les effets vont continuer tout le courant de l'hiver, on risque de connaître une situation qu'on n'a jamais connue. À titre personnel, je n'ai jamais vécu une situation comme celle-ci", alerte Jean-Claude Guehennec, maraîcher dans les Yvelines et vice-président de Légumes de France, interrogé par RMC.

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Pour les maraîchers, ces épisodes de chaleur posent une question de long terme. "Les accidents climatiques deviennent plus nombreux, plus forts. Ce sont des risques pour le producteur", souligne Loïc Letierce, président de l'association d'organisateurs de producteurs, au micro de TF1. Et de s'interroger désormais sur l'adaptation de leurs pratiques pour maintenir leurs cultures dans ce contexte climatique de plus en plus difficile.