Présidentielle 2027. « L'homme a mûri » : François Hollande prépare sa candidature, lentement mais sûrement

Présidentielle 2027. « L'homme a mûri » : François Hollande prépare sa candidature, lentement mais sûrement

Petit à petit, François Hollande avance vers une possible candidature à la présidentielle de 2027. Il y pense tout bas depuis longtemps mais désormais le fait tout haut. Il a d’abord fait savoir qu’il se préparait. Puis il a fait un pas de plus en réunissant mercredi soir au Sénat environ 150 personnes. Des anciens collaborateurs, des proches, des élus, tous prêts à s’engager. Au cas où… « Il a fait un discours d’une grande solennité. Pas celui d’un candidat mais d’un ancien président », relate un présent. François Hollande a analysé les grands bouleversements en France et ailleurs, et évoqué les grands enjeux à venir, sociétaux, économiques, internationaux, etc. « Ce nouveau monde appelle une nouvelle gauche », a dit l’ancien président. « L’élection ne peut pas se préparer ni s’organiser comme nous le faisions », a-t-il rappelé.

« L’homme a mûri », confie un proche, qui concède que le raout du Sénat est « une accélération » qu’il convient de ne pas surinterpréter. « Il ne sera pas un recours. Ce n’est pas bien de l’être. » François Hollande préférerait être une évidence, mais on en est loin. L’ancien chef de l’État, qui après avoir connu des sommets d’impopularité regagne le cœur des Français (il est deuxième, derrière Michel-Édouard Leclerc, et devant Édouard Philippe qui se classe à la troisième place dans les personnalités les plus appréciées dans le baromètre Ifop-Fidicial pour Paris Match de juillet), ne confond pas popularité et intention de vote.

Un livre en septembre

« Il n’est toujours pas une évidence et il le sait. La porte vers une candidature est très étroite », analyse un élu socialiste. Très étroite mais pas fermée. Depuis des semaines, il a réussi à installer l’image d’un homme patient, possiblement rassembleur, riche de l’expérience d’un homme d’État.

La primaire du PS n’est pas pour lui. Il voit plus large que les partis, et veut s’adresser à un électorat dépolitisé en allant sur le fond. « Il pense que c’est le projet qui fait l’élection et pas l’incarnation. C’est nouveau », relaie un ancien député. Traduction : l’ancien chef de l’État, qui a l’ambition d’unir le pays, ne fera pas une candidature de témoignage. « Il n’y va pas pour être vu », souligne la même personne.

François Hollande sortira un livre en septembre. En octobre les socialistes désigneront un candidat. Si ce dernier s’impose dans l’opinion et parvient à incarner le vote utile à gauche devant Jean-Luc Mélenchon, François Hollande ne sortira pas (davantage) du bois. Sans effet « waouh » pour le gagnant de la primaire, il prendra ses responsabilités à la fin de l’année. Il considère qu’en janvier les Français, face aux désordres du monde, iront à l’essentiel et se poseront une seule question : qui peut gouverner la France ? Pour lui, la réponse est dans la question.