Présidentielle 2027 : salaires, prix des carburants, mobilisations... Le pouvoir d’achat s’impose dans la campagne
Des thématiques évoquées par les Français depuis plusieurs années... Face à la hausse des prix, notamment de l’énergie, et aux appels à la mobilisation contre la vie chère, le pouvoir d’achat s’impose comme une priorité pour les candidats à l’élection présidentielle, ce qui met encore davantage la pression sur le gouvernement.
Dernier en date, Bruno Retailleau dévoilera ses propositions sur le pouvoir d’achat mardi après-midi lors d’une conférence de presse.
Sur les salaires, le candidat Les Républicains (LR) devrait réitérer sa principale proposition qui s’inspire du leitmotiv de la droite depuis Nicolas Sarkozy « travailler plus pour gagner plus ».
Bruno Retailleau assure qu’en travaillant « 30 minutes de plus chaque jour », un salarié pourrait gagner « quasiment deux mois de plus » via une exonération des cotisations salariales et patronales : à partir de la 36e heure travaillée, le brut serait égal au net.
Ce rapprochement entre brut et net (le net est aujourd’hui inférieur d’un peu plus de 20% pour un salaire de 2.700 euros brut) est une revendication à droite et au centre. « Droit au brut », martèle Gabriel Attal (Renaissance) qui promet une augmentation de 250 euros pour un salarié qui gagne 2.200 euros net via une baisse des cotisations financée « par des économies sur la sphère sociale ».
Cette baisse de cotisations, ou de la Cotisation sociale généralisée (CSG) est aussi soutenue par certains candidats à gauche comme Raphaël Glucksmann (Place publique), mais lui la financera par une taxation accrue des « méga-héritages ».
La baisse des cotisations sociales est rejetée à gauche
En revanche, la baisse des cotisations sociales est rejetée à gauche par Olivier Faure (PS), Marine Tondelier (Ecologistes), Fabien Roussel (PCF) ou Jean-Luc Mélenchon (LFI) qui rappellent que les cotisations, « c’est du salaire différé » pour la maladie ou la retraite.
Eux défendent une hausse des salaires via des conférences salariales ou une hausse du Smic. Jean-Luc Mélenchon veut ainsi porter le Smic à 1.700 euros - ce sera une proposition de la niche parlementaire LFI fin octobre - et a proposé de « rétablir l’échelle mobile des salaires » pour suivre la hausse des prix.
Marine Le Pen veut de son côté inciter les entreprises à augmenter les salaires de 10% en exonérant cette hausse de cotisations patronales.
« Il faut agir vite »
Mais dans l’immédiat, avant les salaires, c’est surtout la hausse des prix, et notamment celle des carburants, qui cristallise les débats.
Alors qu’un dépôt pétrolier a été brièvement bloqué par les pêcheurs à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) mardi matin, certains candidats ne veulent pas apparaître en retard sur les appels aux mobilisations, celle prévue par les syndicats le 29 septembre ou celle circulant sur les réseaux sociaux pour le 17 octobre, anniversaire du lancement du mouvement des Gilets jaunes en 2018.
Si les Français « se soulèvent », Olivier Faure sera « à leurs côtés ». « La mobilisation du 17 octobre, si elle se confirme, évidemment on la soutiendra », a assuré Manuel Bompard (LFI).
Fabien Roussel a lui appelé les Français à « se mobiliser sur les ronds-points » si le gouvernement n’agit pas « dans les jours qui viennent » sur les prix de l’énergie.
Alors que LFI demande un blocage des prix à 1,70 euros le litre, Marine Le Pen a réitéré mardi sa demande d’une baisse de la TVA sur l’énergie de 20 à 5,5%, au coeur de son programme.
« La politique du chèque a prouvé son inefficacité alors que la baisse des taxes (...) permet une baisse immédiate des prix à la pompe », a-t-elle répété sur X.
Un budget à boucler avec 30 milliards d’économie
Bruno Retailleau et David Lisnard (Nouvelle énergie) réclament « une suspension des certificats d’économie d’énergie », qui permettraient selon eux une baisse de 15 à 20 centimes sans devoir négocier avec l’UE comme pour la TVA.
Le gouvernement - qui cherche à faire dans son budget 30 milliards euros d’économies dont 6 milliards sur les retraites - se retrouve d’autant plus sous pression.
« Si on veut éviter les blocages, il faut que le gouvernement aille très vite », a plaidé mardi François Hollande sur RTL en appelant des mesures « au bénéfice d’abord des professionnels » mais aussi à un « chèque » pour les particuliers.
Jusqu’à présent, le gouvernement a exclu une généralisation des aides même si la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon « ne ferme aucune porte » concernant une prolongation de l’aide de 100 euros pour les « grands rouleurs ».