Presley Gerber : derrière la famille parfaite de Cindy Crawford, la tragédie d'un fils prisonnier des addictions

Presley Gerber : derrière la famille parfaite de Cindy Crawford, la tragédie d'un fils prisonnier des addictions
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Cindy Crawford, Rande Gerber et leur fils Presley Gerber, en 2017. Il avait 18 ans.

© Farrell/BFA/Shutterstoc/SIPA

Il avait tout reçu en héritage : beauté, fortune, un nom célèbre. Mais Presley Gerber luttait depuis dix ans contre ses addictions. Le fils de Cindy Crawford et Rande Gerber est mort à 27 ans, le 20 septembre, dans un centre de Santa Monica.

Il veut s'en sortir. Vraiment. Après des années de lutte contre ses addictions à la drogue, à l'alcool et aux médicaments, Presley Gerber, le fils de Cindy Crawford et Rande Gerber, entre le samedi 19 septembre à la Resolutions Living, une maison de sobriété située à Santa Monica. Un centre privé de luxe avec vue sur l'océan Pacifique qui, à défaut de compétences médicales, applique des règles d'abstinence toxicologique strictes avec mise à disposition d'un personnel vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Presley partage, avec plusieurs personnes, une maison individuelle sur ce domaine ensoleillé. Il a derrière lui dix ans de dépendance. Ce matin-là, il l'assure à ses proches : tout va s'arranger, il a cessé de boire et changé d'entourage. Un jour s'est à peine écoulé pourtant lorsque, le dimanche 20 septembre, à 9 h 35, les secours sont appelés. Arrêt cardiaque, suspicion d'overdose. Quand les policiers arrivent, Presley est inconscient. Ils tentent, en vain, de le ranimer. À 9 h 45, il est déclaré mort.

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Presley Gerber avait 27 ans. Il était beau, riche, avait des parents et une sœur aimants, attentifs et célèbres. Mariés depuis vingt-huit ans, Cindy Crawford et Rande Gerber incarnent le conte de fées hollywoodien. Elle reste l'un des visages les plus sexys des top models des années 1980-1990. Lui est un homme d'affaires avisé, qui a fait fortune dans la restauration et le monde de la nuit avant de cofonder, avec son grand ami George Clooney, la tequila Casamigos. Une famille parfaite, du moins en apparence. Car, derrière le vernis de cette success-story à l'américaine, la tragédie couvait depuis longtemps. Ce dimanche 20 septembre, le Santa Monica Police Department ouvre une enquête sur une overdose présumée et précise qu'aucun élément ne laisse, à ce stade, soupçonner l'intervention d'un tiers. Mais il reste à déterminer si cette intoxication fatale ne masque pas un suicide. Les examens toxicologiques pourraient prendre plusieurs mois. Selon ses proches, Presley traversait une profonde dépression.

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En janvier 2026.

© Image Press Agency/Sipa USA/SIPA

À quelques kilomètres de là, à Malibu, la famille Gerber est sous le choc. C'est dans ce décor de carte postale, entre les collines verdoyantes et les flots du Pacifique, que Cindy et Rande avaient choisi d'élever leurs deux enfants. L'aîné, Presley, naît le 2 juillet 1999 ; sa petite sœur Kaia, deux ans plus tard, le 3 septembre 2001. En 2006, lorsqu'ils ont 6 et 4 ans, Cindy Crawford confie au magazine américain « Elle Decor » leur quotidien harmonieux : « Nos enfants sont dans la piscine cinq fois par semaine. Nous vivons autant dehors que dedans, et c'est toujours très décontracté. » La maison surplombe l'océan et descend jusqu'à sa plage privée. « Quand on vit dans ce cadre, on en profite », résume-t-elle. Presley et Kaia fréquentent la Malibu High School, école publique locale, à quelques minutes de la Zuma Beach. Le jeune garçon y rencontre notamment Justin, un fils de pêcheur, qui deviendra l'un de ses compagnons de surf. « J'ai souvent surfé avec Presley, nous raconte-t-il aujourd'hui. C'était un gars adorable, pas star pour deux sous. Quand je l'ai connu, je ne savais même pas que ses parents étaient célèbres. »

Il devient modèle

Pourtant, à 15 ans, Presley sort de l'anonymat en signant avec l'agence IMG Models. L'année suivante, cheveux blonds et grain de beauté sur la joue, hérité de sa mère, il fait ses premiers pas sur un podium pour Moschino à Los Angeles. En 2018, le clin d'œil familial est parfait quand il apparaît aux côtés de Cindy dans la campagne Pepsi pour le Super Bowl. À l'époque, Cindy et Rande s'estiment chanceux d'avoir échappé aux turbulences de l'adolescence. Cindy le concède dans « Vogue » en 2021 : « Beaucoup de parents traversent des années difficiles avec leurs enfants ados, et nous pensions avoir franchi cette période sans encombre. Mais un peu plus tard, les difficultés nous ont rattrapés d'une manière à laquelle nous ne nous attendions pas forcément. »

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Presley Gerberà New York le 3 juin 2019.

© Evan Agostini/AP/SIPA

Le premier dérapage survient en décembre 2018. Presley, 19 ans, est arrêté à Beverly Hills pour conduite sous substance. Le début d'une descente aux enfers pour le clan, comme Kaia le racontera des années plus tard, révélant que son frère lutte contre l'addiction depuis longtemps. « Quand une telle épreuve frappe une famille, explique-t-elle, personne n'en sort indemne. » Kaia s'efforce alors de prendre le moins de place possible. Elle devient « the easy one », l'enfant facile. Elle se souvient avoir pensé que deux enfants en difficulté auraient été « too much » pour ses parents. Alors elle tait ses propres angoisses et ses troubles alimentaires.

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En février 2020, la souffrance de Presley s'affiche désormais sur son visage. Il a 20 ans lorsqu'il se fait tatouer sur la joue droite un mot qui ressemble à un manifeste, ou un appel à l'aide : MISUNDERSTOOD (« incompris »). L'inscription fait le tour des réseaux sociaux. On la commente, on s'en moque, on cherche à comprendre ce que le fils de Cindy Crawford a voulu dire. Presley l'effacera quelques années plus tard, à coups de séances de laser. Justin, son copain surfeur, nous raconte avoir alors demandé à son ami d'enfance pourquoi il avait entrepris de l'effacer : « Il m'a dit : “Ce n'est plus vrai que je suis incompris”, se souvient-il. Le vrai problème, c'est moi, pas mon entourage. C'est en moi que je dois trouver les ressources pour m'en sortir. » Son salut, veut-il croire, passe par la parole. En février 2023, il se raconte au micro du podcast « Studio 22 ». Il a désormais 23 ans, parle sans détour de dépression, de santé mentale et revient sur ses erreurs : « Si je parviens à aider ne serait-ce qu'une personne à quitter ces endroits sombres dans lesquels elle plonge, cela me suffira. » Sur les réseaux sociaux, il a instauré ses « Mental Health Mondays », des rendez-vous hebdomadaires dans lesquels il aborde ouvertement ce que la famille Gerber a longtemps préservé du regard extérieur.

Rattrapé par ses démon

Cela suffit-il ? Pas vraiment. Fin 2025, Presley semble à nouveau rattrapé par ses démons. Dans une vidéo, qu'il supprimera finalement, le jeune homme liste tout ce qu'il a essayé pour s'en sortir. Les psychiatres d'abord : une quinzaine, affirme-t-il. Puis les médicaments. Buprénorphine, Xanax, Valium… Presley égrène les noms des traitements prescrits au fil des années, certains, raconte-t-il, pour calmer ses crises de panique. Les médecins multiplient les avis. Une cacophonie qui finit par l'effrayer. Le 26 mars 2026, direction Cancun, au Mexique. Sa quête le conduit vers l'ibogaïne, une substance psychoactive issue de l'iboga, une plante d'Afrique centrale censée pouvoir traiter certaines dépendances. Interdite aux États-Unis, elle peut provoquer de graves complications, notamment cardiaques. Presley documente l'expérience, se filme : « Moment de calme avant que tout change », commente-t-il. Il vit alors une expérience psychédélique qui le terrifie. « J'ai fait face à ce que je tentais de fuir. » Cette fois, Presley veut croire à un début de renaissance. À Malibu, sa famille s'accroche elle aussi à cet espoir. « Tu es un guerrier ! » lui écrit Cindy dans les commentaires de sa publication. Rande salue son courage. Presley répond à son père : « Merci papa, je l'ai appris de toi. »

Sa dernière apparition publique, le 11 juin, se fera à l'occasion d'un événement consacré à la santé mentale. Cindy et Rande sont là, parmi le public, à écouter leur fils revenir sur le chemin parcouru, la pression de devoir grandir sous le regard des autres, et cette nécessité qu'il ressent désormais de ne plus dissimuler ses failles. Lorsque trois semaines plus tard, le 2 juillet, Presley fête ses 27 ans, Cindy publie plusieurs photos de lui enfant et ce texte bouleversant : « Je suis fière de l'homme que tu es devenu, mais je te verrai toujours comme mon petit garçon. » Un petit garçon dévoré par un mal que ni l'amour, ni l'argent, ni la célébrité ne pouvaient tenir à distance. « Presley tu étais le plus gentil », a commenté Brooklyn Beckham. Le plus fragile aussi.

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