Projet d’investisseurs privés à la Fifa : l’Europe menace à « l’unanimité » de boycotter les prochaines Coupes du monde de foot

Projet d’investisseurs privés à la Fifa : l’Europe menace à « l’unanimité » de boycotter les prochaines Coupes du monde de foot

L’UEFA et ses 55 fédérations membres « rejettent unanimement et sans équivoque la proposition de la Fifa de transférer des parts de la propriété de la Coupe du monde et des autres compétitions de la Fifa à des investisseurs privés », détaille le texte.

« À la suite de la discussion d’aujourd’hui, aucune équipe nationale de l’UEFA ne participera à aucune compétition de la Fifa tant que ces propositions resteront d’actualité », a conclu l’instance européenne. La prochaine compétition majeure de la Fifa est le Mondial féminin, l’année prochaine au Brésil (24 juin-25 juillet).

« A partir du moment où des investisseurs externes acquièrent des participations dans les compétitions de la Fifa, le football change à jamais. Le rendement commercial devient une obligation permanente. Les attentes des investisseurs deviennent une pression quotidienne », estime la puissante confédération européenne.

Mardi, la Fifa a présenté à la surprise générale son plan de création d’une société dénommée Fifa Forward Enterprise (FFE) qui serait chargée de gérer ses activités commerciales (diffusion, sponsoring, billetterie, octroi de licences) et événementielles (Coupe du monde, Coupe du monde des clubs, etc.).

La FFE serait ouverte à des investisseurs privés - qui resteraient minoritaires selon la Fifa - afin d’augmenter les revenus du foot, une manne financière qui selon l’instance profitera aux fédérations afin de financer le développement du foot.

« C’est une opportunité, mais pas une obligation » qui s’inscrit « dans le cadre d’un processus démocratique », a déclaré mercredi le président de la Fifa Gianni Infantino, sous le feu des critiques venant en particulier de l’Europe, qui dénoncent une marchandisation du foot sur fond de soupçons de conflit d’intérêts.

« La gouvernance par la peur »

« Il est irresponsable et indéfendable qu’une proposition avec un tel impact sur le football ait été conçue en secret », répond l’UEFA jeudi.

« Ce n’est pas une + décision démocratique +, mais la gouvernance par la peur », tacle la puissante confédération européenne, visant la date limite du 19 septembre à laquelle les fédérations doivent se prononcer sur le projet, d’après une lettre du président de la Fifa aux 211 fédérations révélée par plusieurs médias.

Dans un message publié sur son compte X, le commissaire européen chargé notamment des Sports, Glenn Micallef, a salué et apporté son soutien « plein et entier » à la prise de position de l’UEFA.

Il se dit « fier de voir les fédérations de football européennes montrer la voie en matière de gouvernance, rester fermes sur leurs principes et défendre l’intégrité du jeu ».

Les confédérations nord-américaine (Concacaf) et asiatique (AFC) ont regretté de leur côté que ce projet ait été rendu public sans que leurs membres ne soient consultés auparavant, sans se prononcer sur le fond, tandis que la Confédération africaine de football s’est montré moins critique, appelant ses associations membres à « examiner » et à « évaluer » le projet.

La Fifa a déclaré que pour lancer ce projet, elle souhaite le soutien de la majorité de ses 211 fédérations membres, ainsi qu’une approbation par le Conseil de la Fifa, le principal organe décisionnel de l’instance.