Qualité de l'air en province de Namur : le manque de communication des gouvernements dénoncé
Une odeur âcre, un air parfois irrespirable, un épais voile gris : ce dimanche 16 aout, le Condroz-Famenne, y compris en province de Namur, a connu un épisode de smog rappelant davantage Londres qu'une journée d'été wallonne. L'incendie dans les Hautes-Fagnes est à l'origine de ce phénomène.
Ajoutons qu'un autre incendie, à Monthermé près de Givet en France, où près de 120 hectares ont brûlé, a lui aussi envoyé de la fumée en province de Namur, cette fois dans la direction sud-nord.
À la Tachenière (France), secteur escarpé et difficile d'accès, 132 pompiers ont été engagés. DASH, Canadair, hélicoptères avec Bambi Buckets, citernes alimentées dans la Meuse, agriculteurs et entrepreneurs locaux : la solidarité a joué à plein.
Feux sans frontières
À Monthermé, Bruno Damèche, premier adjoint au maire, espérait voir le feu fixé vers midi. À Thilay, le maire Jérémy Théault confirmait l'appui logistique apporté à ses voisins.
Côté belge, Magali Bihain, bourgmestre de Gedinne, et Arnaud Allard, bourgmestre de Vresse-sur-Semois, poussaient un ouf de soulagement. "C'est un avertissement sans frais. Les prochains épisodes pourraient être bien plus dangereux, estime Arnaud Allard. Si nous n'avions pas pris l'initiative de prévenir au niveau local, j'estime que rien ne se serait fait."
Qualité de l'air : le grand silence ?
Sur Internet, les premiers signalements concernant l'impact du phénomène sur la qualité de l'air circulaient dès 7 h. À 8 h 48, le porte-parole de la zone de secours Dinaphi, Patrice Liétart, demandait aux médias de relayer les consignes : ne pas appeler le 112 sans alerte réelle, fermer portes et fenêtres.
Le BE-Alert est arrivé à 10 h 37 demandant à la population de ne plus alerter le 112. Á 10 h, la station de Sinsin mesurait 253 µg/m³ de particules fines et l'indice de qualité de l'air atteignait localement son niveau maximal.
Vers 12h, le gouverneur de Namur Denis Mathen constatait que le 112 n'était heureusement plus saturé. Mais aucune alerte sanitaire claire des gouvernements régionaux ou du fédéral n'avait accompagné le pic.
Dans l'après-midi, le colonel Philippe de Wergifosse (Dinaphi) soulignait les progrès réalisés dans la réactivité : "Il y a deux ans, nous n'aurions pas été capables de travailler ainsi. Mais il faut sortir de l'improvisation."
Dimanche à 15h, les 35 entités de secours étaient enfin réunies dans l'urgence pour coordonner les renforts avec l'aval du ministre de l'Intérieur Bernard Quintin, soulignait-il.
"Une négligence grave et lourde"
Le moins que l'on puisse dire, c'est que le colonel Marc Gilbert (président de la fédération royale des corps de sapeurs-pompiers de Belgique) n'était pas tendre avec le politique. Il dénonçait une "négligence grave et lourde", le manque d'hommes, de matériel, de formation et d'équipements. "En matière de communication, je parle d'incompétence dans le chef des autorités fédérales".
"La réactivité du terrain peut être saluée, mais les leçons à tirer sont nombreuses", concluait-il.
Les prochains conseils de zone de secours promettent d'être animés.
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