Québec renvoie la balle à Santé Québec quant au transfert au privé…

Québec renvoie la balle à Santé Québec quant au transfert au privé…

Le gouvernement du Québec estime avoir fait le nécessaire pour réaliser sa promesse de transférer au privé les patients en attente d’une chirurgie depuis plus d’un an et demande des comptes à Santé Québec.

Le Devoir révélait vendredi qu’aucun patient en longue attente de chirurgie n’a été référé au privé cette année bien que l’ancien gouvernement Legault l’avait promis.

Invité à commenter, le cabinet de la ministre de la Santé Sonia Bélanger a répondu qu’il avait « livré le règlement nécessaire » pour que ce soit possible et « qu’il revient maintenant à Santé Québec d’en assurer le déploiement ». Le cabinet de la ministre ajoute avoir « d’ailleurs demandé un état de la situation » du dossier à la société d’État.

Le gouvernement de la Coalition avenir Québec s’était engagé à ce que ce service soit offert à compter du printemps dernier.

Questionné par Le Devoir sur l’absence de transferts de patients, Santé Québec n’a pas fourni d’explications claires. L’agence a d’abord répondu que l’appel d’offres pour sélectionner les cliniques privées capables d’offrir le service n’avait pas « été concluant ». La société d’État s’est ensuite ravisée et a indiqué que les propositions qu’elle avait reçues étaient actuellement en analyse.

« Injustifiable », disent les oppositions

Qualifiant cet échec d’« injustifiable » dans une vidéo sur la plateforme X, le député libéral André Fortin a soutenu que la CAQ s’était engagée bien avant 2025 à mettre en place cette mesure.

Cela remonte à l’époque de l’adoption du projet de loi 15 de Christian Dubé en 2023, a-t-il souligné. « Le gouvernement avait indiqué qu’il y avait une garantie de service quand il y avait des délais injustifiables. C’est-à-dire que le gouvernement devait acheminer vers le privé, vers d’autres régions, vers d’autres solutions les patients qui attendaient depuis trop longtemps »

De son côté, le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, a vu dans la nouvelle la preuve que son parti était le seul à vraiment s’intéresser à une ouverture au privé en santé. « La CAQ (Équipe Fréchette) nous a toujours menti en matière de privé en santé. À la dernière élection, les caquistes promettaient même deux hôpitaux privés. Cherchez-les pas. C’était juste une autre promesse en l’air pour aller chercher quelques votes à droite. »

Québec solidaire y voit « un autre cafouillage signé la CAQ en santé ». Mais contrairement aux conservateurs, les solidaires jugent qu’il ne s’agit pas d’une bonne solution à la base. Il faut plutôt « donner au réseau public le personnel et les moyens nécessaires pour soigner le monde », a fait valoir le député Guillaume Cliche-Rivard.

Enfin, le Parti québécois a noté qu’en créant Santé Québec, le gouvernement a mis sur pied « une autre superstructure bureaucratique centralisée, opaque et qui ne livre pas la marchandise ». « Pire encore », a souligné le député Joël Arseneau sur X, « personne n’est imputable de ce qu’une décision gouvernementale soit écartée au moment de la mettre en œuvre, sans explication crédible, claire et assumée ».