Quelle histoire se cache derrière La Hasse de Neufchâteau?

Quelle histoire se cache derrière La Hasse de Neufchâteau?

À Offaing, il suffit de lever les yeux pour comprendre que la Hasse n'est pas une butte comme les autres. Culminant à 518 mètres, elle est le point le plus haut de l'ancienne commune de Hamipré, aujourd'hui rattachée à Neufchâteau. Sur quelques centaines de mètres autour du sommet, le relief plonge de 60 à 85 mètres vers les vallées. Une position dominante qui explique pourquoi, depuis des millénaires, les hommes ont eu de bonnes raisons de s'y installer ou de s'y retrouver.

Son nom raconte déjà une partie de son histoire. "Hasse" signifie "hêtre" en wallon. Le lieu a donc sans doute connu toute une plantation de hêtres. Bien avant les habitants actuels, la Hasse était déjà fréquentée. Une petite hache polie en silex, vieille d'au moins 4 000 ans, y a été découverte. Plus tard, les Celtes ont occupé les lieux. Dans les années 1970, des fouilles ont notamment mis au jour des tombelles et différents vestiges de cette époque. Une partie des objets retrouvés est aujourd'hui conservée au Musée des Celtes à Libramont. Le secteur fut également marqué par les pèlerinages autour de la fontaine Saint-Éloi.

Un petit air de Mont-Blanc

Et puis il y a les histoires plus récentes. En hiver, lorsque seule la partie supérieure de la butte est couverte de neige, certains lui trouvent des airs de petit Mont-Blanc. Au sommet s'est aussi dressé un grand calvaire de trois croix en chêne dont la dernière était encore debout en 1972.

Si la Hasse a attiré les hommes, c'est aussi parce qu'un point haut est précieux pour communiquer. Au XIXe siècle, l'armée belge installe un observatoire au sommet de la butte. La Hasse devient un repère géodésique et un maillon d'un système de communication à longue distance. Quelques décennies plus tôt, Claude Chappe avait imaginé son télégraphe optique: des bras articulés permettaient d'envoyer des messages de relais en relais. La butte de la Hasse fut donc utilisée pour envoyer des signaux lumineux.

Le site connaîtra ensuite une nouvelle vie militaire. Pendant la Première Guerre mondiale, l'armée allemande y installe une tour d'observation en bois et communique par signaux optiques. Devenue instable après la guerre, elle sera abattue. Un nouvel observatoire est reconstruit par l'armée belge et sera encore occupé en 1939, avant de disparaître en 1940.

Aujourd'hui, la Hasse continue finalement à jouer le même rôle. Depuis 1990, une antenne de télécommunication y a été installée et est toujours bien en place. Les technologies ont changé, pas la logique du lieu: il faut toujours prendre de la hauteur pour porter un signal le plus loin possible. Par temps clair, le regard depuis la butte porte jusqu'à Bertrix, Libramont, Neufchâteau, Fauvillers ou encore Arlon. Des tombelles celtiques aux télécommunications modernes, la Hasse n'a donc jamais cessé d'être un endroit stratégique important dans la région.

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