Réforme des primes à la rénovation en Wallonie: ce qui change pour le financement de vos travaux
Le gouvernement wallon a approuvé en première lecture, jeudi, les modalités d’un nouveau régime de soutien à la rénovation énergétique qui doit entrer en vigueur le 1ᵉʳ octobre 2026 et ciblera les passoires énergétiques, a annoncé la ministre régionale de l’Énergie et du Logement, Cécile Neven.
T.D.
Source: Belga
16 juillet 2026, 20:47
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Ce nouveau dispositif de soutien, qui se veut “simple, lisible, efficient et financièrement soutenable”, doit tourner définitivement la page du régime temporaire, qui avait été mis en place en février 2025, en urgence, en réponse au dérapage budgétaire de l’ancien système de primes et prêts à la rénovation instauré par le précédent gouvernement.
Cet ancien système combinait plusieurs régimes, cumulait plus de 120 primes différentes, s’accompagnait de délais de traitement jusqu’à deux ans et menaçait d’un dérapage budgétaire d’un milliard d’euros, selon l’actuel gouvernement. “Un système pas tenable, pas durable pour personne”, résume Cécile Neven.
Dans les grandes lignes, le nouveau dispositif réservera le soutien régional aux logements les plus énergivores (PEB G, F ou E), avec une exigence de “saut de label”.
Concrètement, pour être éligibles à un soutien, les projets de travaux devront permettre aux logements disposant d’un PEB G ou F d’atteindre au minimum le label D et aux logements disposant d’un PEB E d’atteindre au minimum le label C.
Priorité sur les passoires énergétiques
“Avec ce nouveau régime, nous concentrerons désormais les moyens publics là où ils produisent le plus d’impact, c’est-à-dire en priorité sur les passoires énergétiques”, souligne Mme Neven.
Autre nouveauté: le montant pouvant être emprunté sera revu à la hausse et porté à 75.000 euros pour les maisons unifamiliales, contre 60.000 euros jusqu’ici.
Un seul outil, le prêt, structurera l’aide régionale en deux axes. Il s’agit d’une part du “Rénopack”, soit un prêt à taux zéro assorti d’une réduction du montant à rembourser assimilable à une subvention. Pour les catégories de revenus les plus faibles, c’est-à-dire C1, la réduction du montant à rembourser sera de 50%; elle sera de 40% pour la catégorie C2 et de 15% pour la catégorie C3.
L’autre axe est le “Rénoprêt”, c’est-à-dire un prêt à taux variable, en fonction de la catégorie de revenus du ménage demandeur. Ce prêt sera réservé aux personnes relevant de la catégorie la plus élevée de revenus (C4), aux propriétaires-bailleurs et aux associations de copropriétaires.
Dans un souci de simplicité et de cohérence, l’aide régionale sera à l’avenir calculée globalement sur l’ensemble des travaux éligibles du projet de rénovation, et non plus poste par poste.
En outre, pour accéder aux prêts, les ménages demandeurs devront impérativement réaliser un audit préalablement aux travaux. Contrairement à l’ancien régime d’aides, “il n’y aura pas de délai de traitement et personne ne devra avancer l’argent des travaux”, assure la ministre.
Créer un véritable “parcours du rénovateur”
Le gouvernement wallon entend aussi créer un véritable “parcours du rénovateur”, afin que les candidats-rénovateurs “ne soient plus laissés seuls” face à la complexité d’un projet de rénovation.
À terme, trois niveaux d’accompagnement seront proposés en fonction des besoins des ménages (un niveau 1 d’information et conseils, un niveau 2 d’accompagnement personnalisé et un niveau 3 de prise en charge quasi complète du projet, y compris le suivi des travaux).
Enfin, “afin de garantir la soutenabilité du système de soutien dans la durée, et d’éviter ainsi les dérives budgétaires passées”, la Wallonie fixera chaque année, dans le décret budgétaire, le montant de l’enveloppe qui sera consacrée l’année suivante au soutien à la rénovation énergétique.
“C’est un élément essentiel. Il faut mettre en place un système dont les bases sont saines. Chaque année, on fixera le budget disponible pour l’année suivante”, explique encore Cécile Neven.
Pour la ministre, cette approche évitera de se retrouver à nouveau dans une situation de dérapage, répond à la volonté de garantir un système “pérenne” et apportera de la prévisibilité pour les différents acteurs concernés.