REPORTAGE. Liquidation judiciaire de Fibre Excellence : "C'est une honte, on nous abandonne !"… colère et incertitude chez les salariés de Saint-Gaudens après la décision du tribunal de Toulouse
l'essentiel Lundi matin, à l'usine Fibre Excellence, la déception règne après la mise en liquidation judiciaire du site de Tarascon par le tribunal de commerce de Toulouse. Les employés de Saint-Gaudens, au sud de la Haute-Garonne, sont inquiets pour leur avenir. Ils espèrent un redémarrage rapide alors que l'usine est à l'arrêt depuis six mois. Aujourd'hui, certains salariés ne cachent pas leur désarroi face à la situation. Le délibéré de mercredi est attendu avec impatience.
"C'est une honte, on nous abandonne !" Ce lundi matin, à l'entrée de l'usine Fibre Excellence, la déception prédomine après l'annonce de la décision du tribunal de commerce de Toulouse. "On s'attendait à cette décision, mais l'entendre confirmer par nos collègues, c'est dur", confient Sylvain et Guillaume, employés du site.
Si seul le site de Tarascon est placé en liquidation judiciaire pour l'instant, les salariés saint-gaudinois gardent une pensée pour leurs collègues : "Cela pourrait être nous. On ne peut pas rester insensibles à leur sort, mais malheureusement, il faut aussi penser à notre avenir", poursuit Guillaume.Transformé en QG où les équipes se relaient jour et nuit, le site industriel s'organise. "En se mobilisant, on a appris à se connaître. C'est là notre force, nous sommes un groupe soudé", conclut Guillaume.
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Si la stupeur prédomine, la colère affleure. "Mon grand-père, mon père, mon fils et moi-même : nous avons tous travaillé ici ! C'est désespérant, on ne peut plus croire personne. Dès que le nom de Matthieu Pigasse a été évoqué comme repreneur, l'État nous est tombé dessus. Que dis-je à mon fils dont le contrat s'achève bientôt ?", assène Gilles.Au milieu des effectifs, d'anciens collègues sont venus prêter main-forte. Forts de leur expérience, ils ne s'attendaient pas à une telle tournure : "L'État est toujours venu nous aider par le passé, mais aujourd'hui, nous n'attendons plus rien de ce gouvernement." De leur côté, Sylvie et Pascale s'efforcent de maintenir le moral. Pour Pascale, les employés n'attendent qu'une chose : "Redémarrer. Il faut que ça reparte."
Préparer un nouveau projet
D'autant que si l'usine est à l'arrêt depuis six mois, le quotidien n'attend pas : "On a tous des traites à payer et des salaires amputés, il faut trouver une solution rapidement. Il y a des salariés derrière, des gens qui ont besoin de leur travail." Cette sensation d'être "au bord du gouffre" touche particulièrement des employés très spécialisés : « Si l'entreprise ne repart pas, je ne trouverai pas de poste équivalent dans le coin. J'espère ne pas avoir à déménager. »
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Tous attendent mercredi le délibéré du tribunal afin d'en savoir plus sur l'avenir de l'usine et le délai accordé pour de nouvelles négociations.