Rose Festival 2026 : le rappeur ElGrandeToto a enflammé la scène ce vendredi soir, "L'Afrique, c'est la base du hip-hop français"
l'essentiel Le rappeur marocain ElGrandeToto s'est produit sur la scène du Rose Festival ce vendredi 28 août. À la suite de son show, La Dépêche a pu le rencontrer. L'artiste s'est confié sur ses influences multiculturelles, sa vision d'un rap authentique et son parcours entre le Maroc et la France.
La Dépêche. Comment vous vous définissez en tant qu'artiste ?
ElGrandeToto. Je suis sincère et versatile. Je trouve que ce sont deux points très importants en ce qui concerne l'artiste complet. De mon expérience, les artistes faux ne me touchent pas. Je peux être dupé pendant une période, mais je vois le côté faux à un moment. Versatile, parce que je n'aime pas faire la même chose, je n'aime pas écouter la même chose. Je n'aime pas la répétition. Tout ce qui est routine, ce n'est pas mon délire.
Qu'est-ce que le Maroc vous a apporté dans votre parcours ?
Je dirais la dalle. La détermination surtout, et la patience. Parce qu'au final, je suis obligé de faire cinq fois plus de taf qu'un artiste français. Que ce soit au niveau de la langue, il y a une barrière. Au niveau du pays, du passeport, il y a une barrière. Il y a toujours beaucoup plus d'efforts à faire.
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Mais je dirais surtout la culture. J'ai baigné dans deux cultures : française avec ma mère qui a grandi à Grenoble, et marocaine avec mon père. Rester au Maroc et grandir avec de telles influences, ça a joué sur mon côté créatif.
Comment cette double culture s'exprime-t-elle dans votre écriture ?
Ça vient tout seul, comme dans mon titre "Fernandel". Je n'aurais jamais pu savoir qui était Fernandel si ma mère ne m'avait pas montré ses films. Des fois, ce sont juste des souvenirs qui me font écrire des trucs ou penser à des prods. Je suis quelqu'un de très nostalgique en plus, je pense beaucoup aux bons vieux moments. Et dans les bons vieux moments, il y a toujours un peu de ces deux cultures qui ont baigné mon enfance, mon adolescence et ma vie d'adulte aussi.
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De plus en plus d'artistes en France ajoutent des sonorités maghrébines dans leurs sons de rap. Quel regard portez-vous là-dessus ?
J'aime bien, tant que c'est fait avec sincérité. En ce qui concerne les artistes arabes, quand c'est un truc pour revenir aux sources et que ce n'est pas juste parce que ça marche, que les sonorités ramènent de l'argent, c'est cool. TIF ou Ino Casablanca font très bien leur taf par exemple. Tu vois que les mecs le font avec le cœur.
Est-ce que vous vous considérez comme un pont entre la culture du rap en France, et celle au Maroc ?
Définitivement. C'est un taf que je fais quand même depuis 2017. Le fait qu'on m'écoute ici, ce n'est pas venu du jour au lendemain. Il y a eu beaucoup de feats, de rencontres avec des producteurs, avec des labels, avec des gens de la presse, qui font que je suis un peu devenu la vitrine du rap marocain. Ça vient après un long taf, beaucoup de sacrifices et de temps passé ici.
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Le rap français serait-il le même sans les cultures maghrébines et africaines ?
Absolument pas. S'il n'y avait pas les Comoriens comme Rohff, ce ne serait pas pareil. S'il n'y avait pas des Marocains comme Seth Gueko ou Niro, ce ne serait pas pareil. L'Afrique, je trouve que c'est la base du hip-hop français de toute façon.