Ruisseaux à sec, nappes en baisse… Face à la sécheresse, les restrictions d’eau se multiplient
Des roches, des cailloux, quelques cadavres de poissons… Mais pas d’eau. Sur plusieurs kilomètres, à la frontière franco-suisse, la rivière Doubs ne s’écoule plus. Et ce n’est pas la seule. De l’Auzance (Vendée) à l’Argentalet (Côte-d’Or) en passant par le Moulin de Layat (Puy-de-Dôme), un quart des petits cours d’eau sont désormais à sec, une situation inédite depuis le début du suivi national en 2012, alerte le ministère de la transition écologique ce lundi 13 juillet.
Ces assecs ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Sous nos pieds, certaines nappes phréatiques se vident aussi à grande vitesse : le 1er juillet, la carte des nappes publiée par le Bureau de recherches géologiques et minières a viré à l’orange foncé dans le Grand Est et le centre de l’Hexagone, signe que les niveaux d’eaux sont « bas » après un mois de juin marqué par de faibles précipitations et deux semaines de canicule exceptionnelle.
Quatre niveaux d’alerte
Face à la gravité de la situation, 98 départements sont sous surveillance pour la sécheresse, un record depuis au moins 2013, a alerté le site gouvernemental VigiEau ce lundi. Dans le détail, quatre niveaux d’alerte existent et ne concernent pas forcément l’ensemble du département mis sous surveillance.
Le premier, la « vigilance », n’implique pas de restrictions dans l’usage de l’eau. Les autorités peuvent simplement inciter les usagers, ménages comme professionnels, à baisser leur consommation. Treize départements, situés principalement en Provence, en Picardie et en Normandie, étaient concernés dimanche.
Les trois niveaux d’alerte supérieurs impliquent des restrictions d’eau. Dans les 16 départements en « alerte » et les 27 en « alerte renforcée », les prélèvements agricoles sont réduits, tout comme la consommation des domaines jugés non essentiels, comme l’arrosage de jardins et golfs, le lavage des voitures, les activités nautiques… Une bonne partie de la Bretagne et de l’ancienne région Rhône-Alpes et la Lozère faisaient partie des territoires en « alerte » dimanche, tandis que le Jura, les Vosges, le Poitou et la Réunion, étaient en « alerte renforcée ».
Éviter la rupture d’approvisionnement en eau
Dans les départements où la ressource en eau se fait encore plus rare, les préfets peuvent décréter la « crise » sécheresse. Lorsque ce niveau d’alerte maximal est déclenché, l’usage d’eau potable est réservé à des domaines prioritaires comme la santé, la sécurité civile, l’eau à boire et la salubrité, et les agriculteurs ne peuvent plus irriguer leurs cultures. Au 13 juillet, la « crise » sécheresse concerne déjà 42 départements.
En prenant ces mesures drastiques dès maintenant, les préfets espèrent éviter le pire : la rupture d’approvisionnement. Une situation qui concerne déjà cinq villages du Doubs et deux des Côte-d’Or, obligés de se faire livrer de l’eau par camions-citernes.