"S'il y a une possibilité, il faut tenter de la saisir" : Poitrenaud a apprécié l'esprit d'initiative de Toulouse face au MHR
Après avoir souligné la qualité défensive de son équipe durant la première demi-heure, l'entraîneur toulousain Clément Poitrenaud s'est félicité des mouvements d'envergure qui ont permis aux Toulousains de s'offrir un succès bonifié contre Montpellier. Notamment celui exceptionnel qui a mené à l'essai de Romain Ntamack avant la mi-temps.
Avez-vous eu le sentiment d'avoir fait le dos rond pendant trente minutes avant de mettre la main sur le ballon ?
Oui, on prend surtout deux cartons jaunes. Quand tu passes 20 minutes sur 25 à 14, c'est un peu délicat. Il faut féliciter la qualité de notre défense, la solidarité du groupe mais aussi une forme d'intelligence. Franchement, on a réussi à faire le dos rond avant de pouvoir remettre la main sur le ballon. Et, sur notre première incursion, on marque alors qu'on avait subi jusque-là.
En quoi cela a-t-il été déterminant ?
Je pense que, mentalement, ça nous fait passer du bon côté. Après, on a pu mettre notre jeu en place. C'est hyper positif et on a fait preuve d'un bel esprit. On y a mis du combat, parce qu'on sait que c'est une équipe dense. Il faut se mettre dans les roues, sinon tu peux subir et ça devient compliqué.
Il y a aussi cet essai de 80 mètres, au bout d'une magnifique séquence, dans les arrêts de jeu de la première mi-temps alors que vous auriez pu dégager en touche. Est-ce aussi un tournant ?
Encore une fois, les joueurs ont pris leurs responsabilités. Je pense qu'il y avait une forme de frustration sur le début du match, de ne pas pouvoir mettre notre jeu en place et porter le ballon. Ils ont eu une opportunité et on essaie de les entraîner à ça, de leur mettre en tête que, s'il y a une possibilité quel que soit l'endroit du terrain, il faut tenter de la saisir. C'est vrai que c'est un mouvement d'envergure. Beaucoup de joueurs touchent le ballon avec des décisions qui sont prises au bon moment, au bon endroit du terrain. C'est hyper intéressant. À ce moment-là du match, nous sommes dans de bonnes conditions pour attaquer la seconde période. Et, potentiellement, ça frustre un peu plus nos adversaires.
Mais à quel point cela fait-il mal aux adversaires ?
Je ne suis pas à la place des Montpelliérains. Mais, quand tu es plutôt dominant, qu'une équipe prend deux cartons jaunes et que tu ne marques que trois points... Il y a une équipe qui s'est accrochée, qui a trouvé les ressources pour ne pas en encaisser. Ensuite, elle a trouvé, stratégiquement et tactiquement, la possibilité de marquer, même en infériorité numérique. Collectivement, c'est hyper intéressant. Puis, il y a aussi l'historique de la finale de championnat, où on a peu de munitions mais on les met au fond. Ça s'est réédité sur cette première période. C'est très positif.
Pouvez-vous évoquer votre adaptation et votre coaching en deuxième mi-temps, avec Merkler qui entre en première ligne puis passe en deuxième ligne, Kouassi qui a fait sa première apparition ou Rapetti sa deuxième ? Y a-t-il des enseignements à tirer pour les semaines, mois, voire années à venir ?
On a vingt-deux blessés actuellement. On est un peu à flux tendu à quasiment tous les postes. On est obligé, encore une fois, de s'adapter, de faire appel à notre centre de formation, à nos jeunes joueurs qui travaillent avec nous depuis longtemps pour certains. Ils ont répondu présents. Je vois qu'il y a pas mal d'équipes qui veulent des joueurs polymorphes et hybrides. Ça fait un petit moment qu'on fait ça. Les joueurs ne sont pas surpris de pouvoir jouer à plusieurs postes à différents moments du match. C'est quelque chose qu'on cultive et qu'on porte depuis longtemps. Même si ça a été plus dur sur la seconde période, notamment sur les vingt dernières minutes où on sentait un peu de flottement, même quand on avait le ballon. Défensivement aussi, avec quelques positionnements qui n'étaient pas forcément judicieux. Mais, en termes d'investissement, on peut dire que les gamins ont rempli le contrat. C'est évidemment important pour l'avenir, même l'avenir proche, puisqu'on va perdre quinze ou vingt joueurs sur la période de doublons. Ce sont eux qui devront faire le job. On essaie de les préparer à tout ça pour un court, moyen et long terme.
Vous avez quinze points et êtes leaders après quatre journées. Quel regard portez-vous sur ce début de saison ?
Il y a la défaite sur la première journée dans un match qui, sincèrement et en étant plutôt objectif, nous tendait les bras à La Rochelle. On l'a perdu un peu tout seul, même si les Rochelais ont fait une superbe deuxième mi-temps. On avait le match en mains à la pause, donc il y a quelques regrets sur cette rencontre. Après, c'est plutôt cohérent. Ce (dimanche) soir, je pense que c'est le match le plus sérieux qu'on ait fait sur 80 minutes depuis le début. Ce qui paraît assez logique avec trois semaines de préparation. Mais le fait d'être premier aujourd'hui, cela ne veut rien dire.