Sans électricité ni panneau solaire : le MIT produit de l’eau potable dans la Vallée de la Mort
L’été 2026 vient de nous le prouver : la disponibilité de l’eau s’annonce comme un défi majeur des prochaines décennies. Tous les procédés actuels permettant d’obtenir de l’eau potable à partir de l’air ou de l’eau salée sont très énergivores, et donc critiqués d’un point de vue environnemental. Cela pourrait changer grâce à une technologie mise au point par des chercheurs du MIT.

L’insécurité hydrique touche déjà 2,2 milliards de personnes sur Terre, et ce chiffre risque d’augmenter dans les années à venir. D’ailleurs, les sécheresses sont un sujet de plus en plus récurrent, même dans nos régions tempérées.
Dans ce contexte, chaque nouvelle solution pour produire de l’eau à partir de l’air suscite de l’espoir. C’est le cas d’une des récentes inventions mises au point par des chercheurs du MIT. Ces derniers ont fabriqué un système autonome, capable de produire de l’eau potable sans aucune source d’alimentation.
Ces travaux ont été publiés en juin 2025 dans la revue Nature Water. Le dispositif, lui, avait déjà été éprouvé sur le terrain : c’est en novembre 2023 que l’équipe l’a installé dans la Vallée de la Mort pour ses relevés.
Une protection complète de votre vie numérique.
Protégez votre vie numérique et vos appareils contre les virus, arnaques, ransomwares et menaces en ligne avec Bitdefender, primé pour sa protection et compatible avec Windows, Mac, Android et iOS.
L’hydrogel, un matériau aux propriétés inhabituelles
Au cœur de ce dispositif, on retrouve une plaque d’hydrogel, un matériau aux caractéristiques uniques, capable de retenir la vapeur d’eau. L’hydrogel est un type de matériau mou et poreux, constitué d’un réseau microscopique de fibres polymères interconnectées. Dans certains concepts, cette matrice est dopée au sel, ou plus précisément au chlorure de lithium. Dans ces cas, l’eau récoltée est salée et nécessite un traitement supplémentaire.
Ici, c’est différent, les équipes du MIT ont ajouté du glycérol dans les composants de l’hydrogel, ce qui a pour effet de stabiliser le sel et donc de produire de l’eau directement potable.

Un test grandeur nature dans la Vallée de la Mort
Quoi de mieux, pour tester un système capable de produire de l’eau à partir d’air, que la Vallée de la Mort ? Située dans le désert des Mojaves, c’est ici qu’on a relevé la température la plus élevée de l’Histoire, avec 56,7 °C en 1913.
Pendant 7 jours, l’équipe de recherche a pris des mesures sur le fonctionnement du dispositif. Pendant la nuit, l’hydrogel absorbait la vapeur d’eau. Durant la journée, le soleil réchauffait le dispositif encapsulé dans une protection en verre, ce qui avait pour effet d’évaporer l’eau, puis de la faire condenser sur les parois en verre.

Chaque jour, le dispositif a produit entre 57 et 161,5 millilitres pour une surface d’un demi-mètre carré. Pour l’instant, les résultats sont modestes puisqu’on parle de moins d’un verre récolté par jour. Mais ces premières découvertes laissent envisager la possibilité de récolter de l’eau à plus grande échelle, sans consommation d’énergie trop élevée.
Les chercheurs estiment qu’un petit réseau de panneaux verticaux pourrait suffire à alimenter un foyer en eau potable, y compris en plein désert – et davantage encore sous des climats tempérés ou tropicaux, où l’air est plus humide. L’objectif affiché : un déploiement dans des régions isolées, là où même un panneau solaire reste difficile d’accès.