Santé. Épidémie d'Ebola en RDC : une septième province du pays touchée par le virus

Santé. Épidémie d'Ebola en RDC : une septième province du pays touchée par le virus

L'épidémie d'Ebola la plus meurtrière de l'histoire de la République démocratique du Congo (RDC) s'est étendue à une septième province du pays, frontalière de la Centrafrique et du Congo-Brazzaville, et où les autorités disent craindre une propagation plus large.

La RDC a déclaré mi-mai, avec plusieurs semaines de retard, sa 17ème épidémie d'Ebola, une maladie extrêmement meurtrière qui a déjà tué plus de 15.000 personnes en Afrique au cours des 50 dernières années. La flambée actuelle en RDC, vaste pays d'Afrique centrale de plus de 100 millions d'habitants et l'un des plus pauvres au monde, a déjà fait 3.310 décès sur 6.843 cas confirmés depuis le début de l'épidémie, selon le dernier bilan publié par les autorités congolaises.

Partie de la province de l'Ituri (nord-est), elle s'est étendue dans des régions de l'est et du nord de la RDC, reculées et troublées, où la riposte sanitaire est dépassée par l'explosion des cas. Le gouvernorat de la province du Sud-Ubangui a officiellement déclaré l'épidémie dans cette province, à la suite d’analyses menées sur un cas suspect, dans un communiqué transmis à l'AFP vendredi.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a estimé mardi que 5.000 personnels de santé supplémentaires étaient nécessaires pour faire face à l'épidémie. Photo Sipa/AP/Dieudonne Dirole

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a estimé mardi que 5.000 personnels de santé supplémentaires étaient nécessaires pour faire face à l'épidémie. Photo Sipa/AP/Dieudonne Dirole

Un périple à travers le pays

Un patient atteint d'Ebola est décédé dans le Sud-Ubangui après avoir effectué un long périple à travers plusieurs provinces du pays dont certaines épargnées jusqu'à présent par l'épidémie, a détaillé jeudi face à la presse le gouverneur en exercice de la province du Sud-Ubangui, Jean-René Galekwa. Le patient décédé a commencé à développer des symptômes à Kisangani, capitale de la province de la Tshopo (nord-est) où des cas d'Ebola ont été signalés, après avoir voyagé au Rwanda, puis en Ouganda, puis dans la province de l'Ituri (nord-est), selon M. Galekwa.

Il a ensuite descendu le fleuve Congo en bateau jusqu'à Lisala, localité fluviale située dans la province de la Mongala (nord-ouest). A Lisala, « il a fait deux jours dans un centre de santé », avant d'être transféré dans un autre hôpital à Gwaka, localité située dans la province du Sud-Ubangui, a-t-il ajouté.

Craintes de propagation

« L'itinéraire emprunté à la fois par le patient, mais également par le bateau, expose la population » des provinces du Nord-Ubangui (nord-ouest), de la Tshopo et de la Mongala à une propagation du virus, a alerté M. Galekwa. A ce jour, « 38 personnes sont identifiées comme ayant été en contact avec le patient et sont mises en quarantaine », a-t-il assuré.

Les organisations chargées de la riposte estiment les financements largement insuffisants pour assurer le suivi et l'isolement des malades en RDC. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a estimé mardi que 5.000 personnels de santé supplémentaires étaient nécessaires pour faire face à l'épidémie. Quelque 1.400 lits sont actuellement disponibles dans les 59 centres de traitement existants. L'OMS prévoit qu'il en faut 1.600 supplémentaires. Le chef de l'OMS a également indiqué mercredi espérer que des essais cliniques de vaccins contre Ebola pourront débuter en RDC dès octobre ou novembre. Plusieurs traitements et vaccins sont à l'essai contre le virus Bundibugyo, à l'origine de la flambée actuelle, contre lequel il n'existe aucun vaccin ni traitement homologués à ce jour. Les vaccins homologués ne sont efficaces que contre le virus Zaïre, responsable des plus grandes épidémies d'Ebola connues jusqu'ici.

En attendant la mise au point d'un vaccin spécifique contre Bundibugyo, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a recommandé la mise en œuvre d'un essai clinique de phase 3 avec le vaccin Ervebo, utilisé contre le virus Zaïre. Un lot de 16.250 doses du vaccin Ervebo, destinées en priorité aux soignants et aux personnels en première ligne, est arrivé fin août en RDC et la vaccination a débuté dans la foulée à Kisangani. Dans ses recommandations publiées mardi soir, l'OMS préconise pour l'heure de n'utiliser l'Ervebo contre la souche Bundibugyo que dans le cadre d'essais cliniques visant à en évaluer l'efficacité