Sciences au féminin : trente jeunes filles en immersion à l’École des Mines de Sophia Antipolis

Sciences au féminin : trente jeunes filles en immersion à l’École des Mines de Sophia Antipolis

Elles sont trente, âgées de 14 à 17 ans, sélectionnées sur dossier scolaire, parmi près de 300 candidatures venues de France et d’ailleurs. Pendant dix jours, à l’École des Mines de Sophia Antipolis, elles ont découvert les sciences autrement : en pratiquant.

Encadrées par des doctorantes, postdoctorantes et ingénieures, elles ont rencontré des entreprises du territoire et travaillé depuis les salles et ateliers du campus des Mines, sur trois projets très concrets. Le premier groupe s’est retrouvé en mode « survie », avec la fabrication d’un four solaire et d’une machine à désaliniser l’eau. Objectif : comprendre comment la science peut répondre à des besoins essentiels.

Le deuxième a imaginé un projet d’ingénierie de A à Z, de la conception au dimensionnement et au financement, autour notamment d’un projet de mise en place de panneaux solaires destinés à l’école.

Le troisième s’est plongé dans la recherche médicale avec la fabrication d’un hydrogel destiné à accompagner la mise en place de prothèses.

Accueilli par le président de la CASA, Jean Leonetti, le directeur général de l’école Mines Paris-PSL est venu en personne présenter la transformation d’ampleur qui attend le campus d’ici 2029.
Ici, le four solaire créé dans le cadre de l’atelier «  survie ». (Photo Justine Meddah)
Ici, le four solaire créé dans le cadre de l’atelier «  survie ». (Photo Justine Meddah)
Justine Meddah / Nice-matin

24 % de femmes dans les équipes scientifiques

En les rencontrant, on se rend vite compte qu’au-delà des expériences et des prototypes, le véritable enjeu était, sans doute, de leur montrer que les sciences peuvent aussi être leur monde. Pendant dix jours, ces jeunes filles ont expérimenté, cherché, échoué parfois, recommencé souvent. Et surtout, elles ont rencontré des femmes scientifiques qui leur ressemblent et qui leur montrent qu’une carrière dans l’ingénierie ou la recherche est possible. « Aujourd’hui, on ne compte que 24 % de femmes dans les équipes scientifiques. Ce genre de camp a pour objectif de faire comprendre aux jeunes filles qu’elles sont tout à fait capables » explique Annette Massias, déléguée du campus des Mines.

Au cours des trois ateliers proposés au summer camp de l'école des Mines, une machine de désalinisation a été créée. (Photo Justine Meddah)
Au cours des trois ateliers proposés au summer camp de l'école des Mines, une machine de désalinisation a été créée. (Photo Justine Meddah)
Justine Meddah / Nice-matin

« C’est une vraie chance et une opportunité de pouvoir travailler entre femmes, quand on évolue surtout avec des hommes » a commenté Candice, doctorante, enthousiaste.

« Ici, j’ai trouvé des filles comme moi »

Anastasia s’est découvert un intérêt pour les énergies renouvelables (Photo Justine Meddah)
Anastasia s’est découvert un intérêt pour les énergies renouvelables (Photo Justine Meddah)
Justine Meddah / Nice-matin

À côté d’elle, Anastasia l’est tout autant. La jeune fille en première au centre international de Valbonne est ravie de ce qu’elle vient de vivre. « Je suis en section chinois au CIV et j’ai beaucoup d’options scientifiques. C’est mon professeur de sciences qui m’a parlé de ce camp. Je me suis dit : tiens, je vais essayer et, contre toute attente, j’ai été prise ! J’ai adoré cette expérience. Je n’ai pas envie qu’elle s’arrête ! »

Lorsqu’on lui demande ce qu’elle en retient, elle évoque la joie de trouver des applications directes de principes scientifiques pour débloquer une situation de la vie quotidienne. Et un tout nouvel intérêt pour les énergies renouvelables.

« Mais s’il y avait une chose à retenir de cette expérience, je dirais qu’elle n’a rien à voir avec les sciences. En fait, je suis quelqu’un de très introvertie, j’ai beaucoup de mal à aller vers les autres. Ici, j’ai trouvé des filles comme moi, avec qui j’ai pu échanger et tisser des liens. Et ça, c’est très important… »

Comme quoi, à cet âge, il ne s’agit pas encore de savoir ce que l’on fera demain. Mais de découvrir à quel point toutes les portes sont ouvertes