Se coucher après minuit est associé à un risque cardiovasculaire accru de 25 %, selon une étude
Et si l’heure affichée sur le réveil au moment de s’endormir comptait presque autant que la durée de la nuit ? Une vaste étude britannique suggère qu’après minuit, le risque cardiovasculaire grimpe sensiblement. Mais derrière ce chiffre spectaculaire se cache une histoire plus subtile.

Entre 22 h et 23 h, une étonnante « zone calme » apparaît dans les données
Publiée dans la revue scientifique European Heart Journal – Digital Health, l’étude a suivi plus de 88 000 adultes britanniques pendant une semaine. Tous portaient un accéléromètre au poignet. Les chercheurs ont ainsi mesuré précisément leur heure d’endormissement. Ils ont ensuite observé leur santé cardiovasculaire durant près de six ans.
Lire aussi Des lunules rouges sur plusieurs ongles peuvent révéler un problème de santé sous-jacent sérieuxUn résultat ressort nettement. Les personnes s’endormant entre 22 h et 22 h 59 présentaient la plus faible incidence de maladies cardiovasculaires. Après minuit, le risque observé était supérieur de 25 % par rapport à ce groupe. Avant 22 h, la hausse atteignait 24 %.
Ce chiffre de 25 % impressionne, mais il ne signifie pas exactement ce que l’on croit
Attention au raccourci : l’étude ne conclut pas que se coucher après minuit augmente de 25 % le seul risque d’AVC. Le critère étudié regroupait plusieurs maladies cardiovasculaires. Il incluait notamment l’infarctus, l’insuffisance cardiaque, la maladie ischémique, l’AVC et l’accident ischémique transitoire. Le chiffre doit donc être interprété avec précision.
Autre nuance essentielle : il s’agit d’une étude observationnelle. Les scientifiques constatent une association. Ils ne démontrent pas que l’heure tardive provoque directement les maladies. D’autres habitudes ou problèmes de santé peuvent intervenir. Les chercheurs ont pourtant ajusté leurs calculs selon l’âge, le tabagisme, la tension, le cholestérol et la durée du sommeil.
Lire aussi Un record : un rein de porc permet à un homme d’éviter la dialyse pendant 9 moisEnfin, les participants avaient en moyenne un peu plus de 61 ans. Leurs horaires n’ont été mesurés que durant sept jours. La population étudiée était également majoritairement blanche et britannique. Ces limites appellent donc à la prudence. Impossible de transformer 22 h 30 en ordonnance universelle valable pour toute la population.
Derrière l’heure du coucher se cache surtout notre vieille horloge biologique
Pourquoi minuit ferait-il une différence ? Les chercheurs soupçonnent le rythme circadien, notre horloge interne réglée sur environ vingt-quatre heures. Elle orchestre le sommeil, les hormones et la température corporelle. Elle influence aussi la pression artérielle. Des horaires très décalés pourraient donc perturber cette mécanique et affecter le système cardiovasculaire.
Un détail est particulièrement fascinant. Se coucher très tard peut réduire l’exposition à la lumière du matin. Or, cette lumière fournit à l’organisme un signal essentiel pour recaler son horloge interne. Les auteurs avancent cette piste pour expliquer une partie de l’association observée. Le mécanisme précis reste toutefois à établir.
Lire aussi Virginia Apgar, cette médecin de génie sans qui vous ne seriez peut-être pas là aujourd’huiFaut-il vraiment avancer son coucher pour protéger son cœur au fil des années ?
Pas nécessairement. Les spécialistes insistent plutôt sur plusieurs habitudes complémentaires. Il faut dormir suffisamment et conserver des horaires relativement réguliers. Mieux vaut aussi éviter de bouleverser constamment son rythme veille-sommeil. Pour la plupart des adultes, sept à neuf heures de sommeil restent une référence importante.
Le sommeil n’efface évidemment pas les autres facteurs de risque. Tension artérielle, activité physique, alimentation, tabac, poids ou cholestérol gardent un rôle majeur. Une heure de coucher parfaitement réglée ne compense donc pas une mauvaise hygiène de vie. À l’inverse, une soirée terminée à minuit ne constitue pas à elle seule une catastrophe médicale.
Reste que cette étude ouvre une piste séduisante. La santé dépend peut-être de combien nous dormons, mais aussi du moment où ce sommeil commence. Nos soirées modernes repoussent pourtant volontiers l’heure du coucher, entre écrans, travail et séries. Regarder l’heure avant de lancer « juste un dernier épisode » pourrait alors prendre un sens inattendu.
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