Selon l'Allemagne, la Russie est «responsable» de l'attaque au drone explosif à l'aéroport de Leipzig

Selon l'Allemagne, la Russie est «responsable» de l'attaque au drone explosif à l'aéroport de Leipzig

L'Allemagne rend la Russie « responsable » de « l'attaque hybride » menée avec un drone chargé d'explosifs début août à l'aéroport de Leipzig, une plateforme clé pour l'armée allemande, l'Otan et le soutien logistique à l'Ukraine, a affirmé mardi 1er septembre le ministre allemand de l'Intérieur.

Publié le : 01/09/2026 - 18:33Modifié le : 01/09/2026 - 23:36

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Près d'un mois après les faits, Berlin pointe Moscou. « Dans l'ensemble, les enquêtes policières, les modes opératoires et les informations des services de renseignement démontrent une responsabilité russe dans la tentative d'attentat à l'aéroport de Leipzig », a déclaré le ministre de l'Intérieur d'Allemagne, Alexander Dobrindt, lors d'une courte déclaration. Le chancelier, Friedrich Merz, avait promis une réponse ferme ; elle est arrivée, explique notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut.

Dans la nuit du 4 au 5 août, un drone chargé d'explosifs avait été découvert dans la zone sécurisée des opérations de fret de l'aéroport, à proximité de plusieurs avions-cargos ukrainiens, et un deuxième engin aurait heurté un avion-cargo de DHL quelques minutes plus tard. D'après les médias, qui s'appuient sur des sources proches des autorités, un troisième drone a été retrouvé dix jours plus tard à l'ouest de l'aéroport. Une substance pouvant correspondre à environ 50 grammes d'hexogène, un explosif militaire très puissant, a été retrouvée sur place.

Un « bien connu des opérations hybrides russes en Europe »

Le ministre a étayé son accusation par le fait que les « moyens d'action observés s'inscrivent dans le schéma bien connu des opérations hybrides russes en Europe ». « La configuration des drones » et l'utilisation de « divers composants, des explosifs et des dispositifs de mise à feu » renvoient à « d'autres opérations hybrides menées par la Russie et de sa guerre contre l'Ukraine », a-t-il précisé.

La technologie utilisée et « l'interaction des différents éléments doivent être qualifiées de professionnelles et révèlent un haut niveau d'expertise technique ainsi qu'un effort organisationnel considérable », a poursuivi Alexander Dobrindt. Si l'exécution finale de la « tentative d'attentat » relève d'agents dits « jetables », ces derniers ont agi « sur ordre d'autorités étatiques russes », a encore accusé le ministre conservateur.

Berlin, qui souligne sa concertation avec ses partenaires au sein de l'Union européenne et de l'Otan, ne veut plus se contenter de l'expulsion de diplomates russes comme dans le passé. Le ministre des Affaires étrangères, Johannes Wadephul, a annoncé la fermeture à la mi-septembre du consulat russe de Bonn et celle de la maison de la culture de ce pays à Berlin, accusée d’espionnage. Des sanctions individuelles seront aussi prises contre des Russes. L'Allemagne veut accentuer sa pression contre la flotte fantôme russe qui permet à Moscou de contourner les sanctions contre les exportations de pétrole.

Moscou dénonce une «escalade sans précédent» de Berlin

La Russie a vivement réagi aux mesures annoncées par l’Allemagne. L’ambassadeur russe en Allemagne, Sergueï Netchaïev, a qualifié les « accusations » de « non fondées, absurdes et contraires au bon sens ». Selon lui, les sanctions constituent « une escalade sans précédent des relations russo-allemandes » et « ne seront pas sans conséquences ». Vladimir Poutine a, lui, dénoncé « une nouvelle erreur grossière », estimant que la décision allemande allait « clairement à l’encontre des intérêts du peuple allemand ». Le président russe a également lié la réaction de Berlin aux « campagnes électorales à venir ».

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