Séquestration et violences à Braine-le-Comte : La peine réduite de six ans à trente mois par la cour d'appel
Condamné en première instance à six ans de prison pour avoir séquestré et violemment maltraité un homme à Braine-le-Comte, Gérard voit finalement sa peine ramenée à trente mois par la cour d'appel de Mons. Une décision qui tient notamment compte d'une précédente condamnation pour des faits similaires.
La cour d'appel de Mons a revu à la baisse la lourde peine infligée en première instance à Gérard, poursuivi pour des faits particulièrement graves de violences, menaces, traitements inhumains et séquestration. Condamné à six ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Mons, il écope finalement de trente mois de prison. Une peine qui s'ajoute toutefois à celle déjà prononcée dans un autre dossier par le tribunal du Brabant wallon.
Souffre-douleur
Les faits remontent au 29 mai 2025. Ce jour-là, les policiers interviennent dans un immeuble à appartements de la rue Édouard Étienne, à Braine-le-Comte. Sur place, ils découvrent un homme qui affirme vivre un véritable calvaire.
La victime explique être régulièrement frappée par plusieurs individus qui occupent son appartement. Elle raconte également avoir été humiliée, jusqu'à avoir la tête rasée. L'enquête permet rapidement d'identifier plusieurs suspects. Deux hommes majeurs sont privés de liberté et renvoyés devant le tribunal correctionnel.
Au cours de ses auditions, la victime désigne Gérard comme le plus violent de la bande. Le jeune homme lui reprochait notamment de l'avoir envoyé en prison.
À l'audience, l'avocat général avait décrit une situation particulièrement inquiétante. La victime serait devenue "le souffre-douleur de sa bande", avant de devenir la nouvelle proie de Gérard. Le parquet rappelait également que le prévenu avait déjà été impliqué dans des faits similaires à l'encontre d'un couple du côté de Tubize.
Naufragés de la vie
Le rapport psychiatrique versé au dossier n'est guère plus rassurant. Les experts décrivent un homme présentant de fortes capacités de transgression, impulsif, irritable et agressif, qui supporte difficilement l'autorité et la frustration.
Dans son réquisitoire, l'avocat général avait qualifié la victime de "naufragé de la vie". Une expression que Me Deutsch, qui assure la défense de Gérard, reprend à son compte pour décrire également son client.
Condamné par défaut à un an de prison pour des vols à La Louvière, il conteste et accuse deux autres hommesL'avocat revient sur une enfance particulièrement chaotique. Gérard ne connaît pas son père, qui aurait quitté sa mère alors qu'elle était enceinte et âgée de seulement 16 ans. Sa mère ne se serait ensuite jamais véritablement occupée de lui. Durant son enfance, le jeune homme aurait été transféré d'un centre à l'autre.
La défense ne cherche pas à minimiser la gravité des faits. Me Deutsch reconnaît lui-même que son client a eu un comportement "dégueulasse" à l'égard de la victime. Mais il estime que la peine de six ans prononcée en première instance ne pouvait légalement être maintenue.
Déjà condamné à Nivelles
L'avocat invoque en effet l'article 65 du Code pénal, relatif à l'absorption des peines. Gérard avait déjà été condamné en 2022 par le tribunal du Brabant wallon à 30 mois de prison, avec un sursis partiel, pour des faits similaires.
Selon la défense, cette condamnation devait être prise en compte dans la fixation de la nouvelle peine. La peine prononcée dans le dossier de Braine-le-Comte ne pouvait dès lors, selon elle, dépasser deux ans et demi.
La cour d'appel a suivi ce raisonnement. La condamnation de six ans a donc été ramenée à 30 mois de prison, qui s'ajoutent à la peine prononcée précédemment à Nivelles.