Sheila, 83 ans, touche une pension de retraite de 1 072 euros par mois : «  Je ne peux pas allumer le chauffage en hiver, j’ai besoin de plus d’argent »

Sheila, 83 ans, touche une pension de retraite de 1 072 euros par mois : «  Je ne peux pas allumer le chauffage en hiver, j’ai besoin de plus d’argent »

Publié le 21/10/26 à 14:22Par Marie Hervichon

Entre le chauffage, l’alimentation et les factures, cette retraitée a de plus en plus de mal à joindre les deux bouts.

De l’autre côté de la Manche aussi, les retraités connaissent des fins de mois difficiles. Sheila Cornell, 83 ans, bénéficie pourtant d’un avantage certain par rapport à nombre d’entre eux. Elle est propriétaire de sa maison. Pour autant, elle ne s’estime pas privilégiée, bien au contraire.

L’octogénaire perçoit 230 livres par semaine (environ 268 euros), une somme qu’elle juge bien trop maigre pour vivre correctement. Interrogée par le média i Paper, elle assure que sa situation financière est « épouvantable ». « C’est terrible et ça empire chaque jour pour les retraités comme moi. L’argent qui sort dépasse toujours celui qui entre. Il est impossible de vivre avec la pension d’État. Il n’y a rien à attendre et je me contente de survivre d’une semaine à l’autre », déplore-t-elle.

Un quotidien de plus en plus difficile pour les retraités

Prise à la gorge financièrement, elle s’apprête à affronter un nouvel hiver sans allumer son chauffage central. « Je vais utiliser un petit chauffage électrique cet hiver et je n’allumerai pas du tout le chauffage central. Le chauffage central coûte tout simplement trop cher. Je vis au jour le jour et le coût pour chauffer une maison est devenu trop élevé », explique-t-elle.

Quant à sa facture d’eau mensuelle, elle est récemment passée de 5 livres (environ 6 euros) à 16 livres (environ 19 euros) suite de la suppression d’une réduction destinée aux retraités aux revenus modestes. « J’ai été horrifiée de voir que ma facture d’eau avait augmenté. Je ne l’ai découvert qu’en regardant mon relevé bancaire. Le coût de tout ne cesse d’augmenter et c’est devenu ingérable », s’indigne-t-elle.

© Shutterstock

Sans chauffage, le couple s'inquiète de voir l'hiver arriver.

« J’ai travaillé dur et payé mes impôts »

Sheila Cornell estime que se nourrir correctement est aussi devenu un véritable défi par les temps qui courent. Pour faire des économies, elle cuisine tout maison. « Je fais pousser mes propres légumes et je cuisine toujours moi-même pour économiser de l’argent. Je prépare les repas en grande quantité et je les congèle », explique-t-elle.

Pour cette senior qui a toujours été très coquette, prendre soin de son apparence est désormais passé au second plan. Elle n’achète plus ses vêtements que dans des boutiques de seconde main et n’est pas allée chez le coiffeur depuis huit mois, un sacrifice pour cette femme qui a travaillé toute sa vie. « J’ai travaillé dur et payé mes impôts, en pensant que j’aurais une pension suffisante à la fin. La réalité a été très différente », déplore-t-elle.

Raisin senior © shutterstock – Pour Sheila Cornell, bien manger est aussi devenu difficile. Pour économiser, elle cuisine tout elle-même.

Un retraité sur six vit sous le seil de pauvreté

Sheila Cornell n’est malheureusement pas la seule à devoir

se serrer la ceinture. « Un nombre important de retraités peinent à joindre les deux bouts et n’ont plus d’argent à la fin de la semaine« , souligne Caroline Abrahams, directrice d’Age UK, une association britannique qui défend les intérêts des personnes âgées.

La spécialiste alerte sur l’ampleur de cette dure réalité. « Une personne âgée sur huit vit uniquement de sa pension d’État et d’autres aides, tandis qu’un retraité sur six vit encore sous le seuil de pauvreté », précise-t-elle.

En bref

  • 🇬🇧 Sheila Cornell, 83 ans, retraitée britannique, propriétaire mais en difficulté financière, survit avec 230 livres par semaine.
  • 💡 Elle renonce au chauffage central coûteux et cuisine maison pour économiser, malgré une hausse des factures.
  • 📈 De nombreux retraités britanniques vivent sous le seuil de pauvreté, dépendant uniquement de la pension d'État.