Société. Augmentations de salaires : +3% attendus en 2027 (mais pas pour tout le monde)

Société. Augmentations de salaires : +3% attendus en 2027 (mais pas pour tout le monde)

L'étude de la société de courtage en assurance WTW, intitulée Salary Budget Planning, est éloquente : les salaires vont bien augmenter en 2027... mais pas pour tout le monde, loin de là.

En moyenne, WTW envisage une hausse moyenne de 3%, notamment grâce au recul de l'inflation. « L’accalmie de l’inflation (attendue à 2,5 % en 2026 et 1,7 % en 2027 en France) permet aux directions des ressources humaines de retrouver de la visibilité », estime ainsi l'étude. Mais WTW rappelle toutefois que le contexte international incertain, marqué par les tensions géopolitiques et les variations des prix de l’énergie, pourrait mettre à mal cette tendance.

« Prudence budgétaire »

Et surtout, seules 17% des employeurs conservent « une logique explicite d’indexation des augmentations salariales sur l’inflation ». Le tout dans une logique de « prudence budgétaire », qui « se reflète dans les priorités des décideurs : la maîtrise des coûts est en effet citée comme le premier facteur d'évolution des budgets par 31 % des entreprises répondantes, devant les pressions inflationnistes (28 %) et l'anticipation de résultats financiers plus faibles (26 %).

Les mesures de revalorisation collective des salaires sont par ailleurs en chute libre : en 2026, elles n'ont été accordées que par 17% des entreprises, contre 61% un an plus tôt. En cause encore, le flou quant à l'avenir, qui a amené les employeurs à privilégier les augmentations individuelles, principalement fondées sur la performance de leurs salariés (97 %).

Les évolutions de carrière et les promotions sont également prises en compte par 59 % d’entre elles. Par ailleurs, 22 % des entreprises prévoient une enveloppe dédiée « pour récompenser de manière très marquée les contributions et performances exceptionnelles ».

Réduire les inégalités salariales

Afin de fidéliser leurs employés et attirer de nouveaux candidats, près de quatre entreprises sur dix (39 %) misent aussi sur l’amélioration de l’expérience des collaborateurs, tandis que 37 % renforcent la formation et le développement des compétences. Elles sont également un peu plus d’un tiers (35 %) à intensifier leurs actions en faveur de la diversité, de l’équité et de l’inclusion. Enfin, 28 % des employeurs revoient leurs dispositifs liés à l’attractivité, à la flexibilité et à l’aménagement du temps de travail.

Dernier point d'importance, la tendance à la réduction des inégalités salariales entre hommes et femmes : « Sous l'effet de la directive européenne sur la transparence des rémunérations, l'équité salariale devient également un enjeu budgétaire à part entière. Ainsi, 25 % des entreprises françaises prévoient des budgets spécifiques destinés à corriger certains écarts de rémunération non justifiés et à renforcer l'équité interne », indique WTW.

« Le véritable changement en 2026 n'est pas le niveau des budgets d'augmentation, mais la façon dont ils sont distribués. Les entreprises continuent d'investir dans la rémunération, mais elles ciblent davantage la performance, les compétences critiques, la compétitivité par rapport au marché, l'équité salariale et la rétention des talents clés. », analyse Khalil Ait Mouloud, directeur de l’activité enquêtes de rémunération chez WTW en France. « L'enjeu n'est plus de compenser l'inflation, mais d'utiliser les budgets de rémunération pour soutenir la transformation des entreprises, attirer les compétences stratégiques et renforcer l'équité salariale », conclut-il.