"Somnifères associés à l'alcool": un Allemand de 68 ans accusé de 22 viols, filmés et par soumission chimique

L'entrée du bureau du procureur de Berlin, le 19 mars 2026 - Photo par JENS KALAENE / DPA / DPA PICTURE-ALLIANCE VIA AFP
Un homme de 68 ans est accusé par le parquet de Berlin d'avoir drogué, violé et filmé de nombreuses femmes rencontrées sur des plateformes en ligne.
La justice allemande a annoncé mardi 14 juillet la mise en accusation d'un homme de 68 ans soupçonné d'avoir drogué, violé et filmé de nombreuses femmes rencontrées sur internet.
L'homme est "accusé de 22 viols" auxquels s'ajoutent des "lésions corporelles graves", a déclaré le parquet de Berlin dans un communiqué.
"L'accusé est soupçonné d'avoir endormi les femmes à l'aide de divers somnifères associés à de l'alcool, puis de les avoir violées. Il aurait fait la connaissance de ces femmes au préalable sur des sites de rencontres en ligne", détaille le parquet.
"Les femmes qui ont déjà été entendues ne se souvenaient pas des faits présumés et n'en ont pris connaissance que dans le cadre de l'enquête, après avoir visionné les vidéos des faits", est-il précisé.
58 victimes présumées
Les investigations ont débuté après un signalement de la police de Verden an der Aller, une ville de 30.000 habitants située dans le nord du pays, qui enquêtait depuis début 2025 sur un homme soupçonné de faits similaires et depuis décédé.
En analysant ses échanges en ligne, les enquêteurs ont découvert des conversations avec le sexagénaire berlinois, contre lequel une procédure a été ouverte début mars 2025.
Son domicile avait alors été perquisitionné une première fois, la police saisissant du matériel informatique. En février 2026, soit un an plus tard, la police y a découvert de nombreuses vidéos montrant des agressions sexuelles "vraisemblablement" commises par le suspect, qui a finalement été arrêté en mars après une deuxième perquisition.
Le parquet a recensé un total de 58 victimes présumées. Mais l'acte d'accusation porte dans un premier temps sur 22 faits concernant 14 femmes.
Affaire classée pour 36 soupçons de viol sur une autre femme
Dix autres victimes présumées n'ont pas encore pu être identifiées. L'enquête est encore en cours pour trente autres femmes. Dans le cas de trois autres, les éléments sont insuffisants à ce stade, selon le parquet.
Le parquet a, enfin, classé 36 autres soupçons de viol remontant à la période 2010-2014 concernant une autre femme, ces faits étant prescrits dans la juridiction allemande actuelle.
Pour cette seule victime présumée, les enquêteurs n'ont pas pu établir avec suffisamment de certitude que l'administration d'une substance constituait une violence au sens juridique permettant d'appliquer le délai de prescription de 20 ans correspondant aux viols avec violence.
Ces faits sont donc aujourd'hui soumis au délai de prescription de cinq ans.
La question de la prescription des violences sexuelles commises sur des victimes inconscientes avait déjà suscité un débat en Allemagne avec l'affaire Claudia Wuttke, après le classement en novembre 2025 de plusieurs faits présumés en raison des délais de prescription applicables.
La justice a annoncé en mai avoir rouvert l'enquête concernant cette Hambourgeoise de 59 ans.
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Cette nouvelle affaire rappelle l'affaire Dominique Pelicot en France. Son ex-femme Gisèle Pelicot est devenue une figure mondiale de la lutte contre les violences sexuelles pour avoir publiquement témoigné des viols commis par des dizaines d'hommes recrutés par son ex-mari.