Swiss IT Forum(s) 2026: entre accélération et maîtrise numérique

Swiss IT Forum(s) 2026: entre accélération et maîtrise numérique

Cybersécurité, intelligence artificielle, souveraineté numérique et gouvernance des données ont rythmé la 5ème édition des Swiss IT Forum(s), qui ont attiré 2’782 visiteurs à Palexpo. Les échanges ont surtout montré des organisations désormais engagées dans le passage à l’échelle de leurs projets, avec un même défi: accélérer sans perdre la maîtrise des technologies, des données et des dépendances.

Table ronde des Swiss IT Forum(s) au Palexpo à Genève, animée par Yannick Chavanne, responsable de la rédaction d'ICTjournal.

Table ronde des Swiss IT Forum(s) au Palexpo à Genève, animée par Yannick Chavanne, responsable de la rédaction d'ICTjournal.

Philippe Buthey (Groupe Mutuel), Martial Challandes (RTS) et Anne-Claire Pliska (HUG) lors de la table ronde consacrée aux priorités des responsables IT romands.

Philippe Buthey (Groupe Mutuel), Martial Challandes (RTS) et Anne-Claire Pliska (HUG) lors de la table ronde consacrée aux priorités des responsables IT romands.

Gerard Cuenca Ginesta, membre de l’équipe data de l’UEFA, lors de son intervention aux Swiss IT Forum(s) 2026.

Gerard Cuenca Ginesta, membre de l’équipe data de l’UEFA, lors de son intervention aux Swiss IT Forum(s) 2026.

Marc Besson, Directeur des Systèmes d’Information de l’IMAD, lors de son intervention aux Swiss IT Forum(s) 2026.

Marc Besson, Directeur des Systèmes d’Information de l’IMAD, lors de son intervention aux Swiss IT Forum(s) 2026.

Les 30 septembre et 1er octobre à Genève, les Swiss IT Forum(s) ont réuni 2’782 visiteurs, contre 2’652 en 2025. Le salon a également accueilli 156 exposants suisses et internationaux, un chiffre stable sur un an. Yannick Bazin, fondateur de l’événement, se dit «très satisfait et fier» de cette édition et souligne notamment une progression des visiteurs issus de grandes sociétés. Cybersécurité, intelligence artificielle, souveraineté numérique ou encore valorisation des données ont rythmé les conférences et retours d’expérience présentés à Palexpo.

Les CIO face au passage à l’échelle

La table ronde organisée par la rédaction et animée par Yannick Chavanne a réuni Anne-Claire Pliska, directrice de la transformation numérique et de l’intelligence augmentée des HUG, Martial Challandes, CIO de la RTS, et Philippe Buthey, directeur informatique du Groupe Mutuel. 

A la RTS, la traduction ou le doublage peuvent désormais être automatisés, alors que ces tâches nécessitaient jusque-là l’intervention d’un journaliste. Mais la possibilité technique ne suffit pas à justifier l’usage. «Ce qui est clé pour la SSR, c’est la question de la transparence», a rappelé Martial Challandes. Dans la santé, Anne-Claire Pliska a pointé un frein plus structurel: entre réglementation, gouvernance et intérêts divergents, la mise en commun des données et des connaissances médicales reste difficile, alors qu’elle pourrait ouvrir la voie à de nouveaux usages.

Cette montée en puissance de l’IA ne relègue pas pour autant la cybersécurité au second plan. Les transformations techniques font en parallèle évoluer les risques. À la RTS, le passage du broadcast vers l’IP connecte davantage d’équipements et élargit la surface d’exposition, remettant au premier plan des fondamentaux comme le patching, la gestion des accès ou la sensibilisation. Pour Philippe Buthey, cette vigilance doit accompagner l’innovation plutôt que la ralentir: «La cybersécurité, ça ne doit pas être un frein, ça doit être un prérequis.»

Cette volonté de garder la maîtrise s’étend aussi aux choix technologiques. Les arbitrages autour du cloud, des données et de la dépendance aux fournisseurs ont occupé une place importante dans les échanges. Philippe Buthey a résumé cette préoccupation par la nécessité de préserver une capacité de choix et de «toujours avoir plan B», afin de ne pas se retrouver captif d’un prestataire.

A l’UEFA, l’IA commence par les données

Cette question de maîtrise s’est prolongée sous un autre angle lors de la keynote de Gerard Cuenca Ginesta. Membre de l’équipe data de l’UEFA depuis sa création il y a cinq ans, il a prévenu d’emblée que son intervention ne porterait pas vraiment sur l’IA, mais sur les fondations nécessaires à son développement. La difficulté n’est plus tant de collecter davantage de données que de savoir où elles se trouvent, de pouvoir leur faire confiance et de les rendre exploitables. «L’objectif n’est pas de mieux gérer les données, mais de permettre de meilleures décisions à grande échelle», a-t-il résumé.

Pour y parvenir, l’UEFA s’appuie sur une équipe data centrale de cinq personnes et sur des spécialistes intégrés aux métiers. L’organisation a également centralisé son environnement de données pour éviter qu’elles ne soient confiées à un prestataire avant de revenir sous la forme d’un rapport statique. Données et propriété intellectuelle restent ainsi sous le contrôle de l’UEFA, tout en étant accessibles aux équipes et partenaires qui en ont besoin.

Cette approche alimente déjà plusieurs projets concrets. Des données géospatiales, des modèles de machine learning et de l’imagerie ont notamment servi à cartographier les terrains de football en Europe, puis à les croiser avec des données démographiques pour orienter les investissements. Un autre chantier vise à connecter directement les systèmes des 55 associations nationales afin de remplacer des collectes encore réalisées par questionnaires. Pour Gerard Cuenca Ginesta, «l’IA ne remplace pas ces fondations, elle s’appuie sur elles».

Comment l’IMAD a structuré sa transformation numérique

Au cours d’une conférence captivante, menée tambour battant, Marc Besson a retracé cinq années de transformation numérique à l’IMAD. Directeur des Systèmes d’Information de cette institution publique genevoise dédiée aux soins et à l’accompagnement à domicile, il a notamment expliqué comment son équipe avait repris la maîtrise du cloud, en établissant un cadre précis pour décider quelles données pouvaient y être hébergées, où elles devaient l’être et comment les récupérer en cas de changement de fournisseur. Le CIO est également revenu sur son vaste projet de migration vers Microsoft 365, accompagné d’un important effort de formation et de conduite du changement auprès des 3000 collaborateurs de l’institution.

Marc Besson a aussi présenté plusieurs initiatives autour de l’IA. Déjà en production, l’assistant Ariane permet aux soignants d’interroger les protocoles internes. D’autres expérimentations portent sur la traduction, la prédiction des chutes ou les appels automatisés lors des épisodes de canicule. Parmi les enseignements qu’il retient de ces cinq années, Marc Besson insiste sur l’importance de prendre le temps de poser un cadre solide avant d’accélérer, mais aussi sur le rôle décisif de l’accompagnement des collaborateurs et du management dans l’adoption des nouveaux outils.

La prochaine édition du Swiss IT Forum(s) est annoncée pour les 29 et 30 septembre 2027 à Palexpo Genève.

L’actualité IT en Suisse et à l’international, avec un focus sur la Suisse romande, directement dans votre boîte mail > Inscrivez-vous à la newsletter d’ICTjournal, envoyée du lundi au vendredi! 

Webcode

oNsrQFRG