Tarn. Affaire Jubillar : les ossements découverts en cours d'analyse, la science parlera-t-elle ?
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Affaire Jubillar : les ossements découverts en cours d’analyse, la science …
Les fouilles menées par les gendarmes dans un champ depuis jeudi matin, sur les indications de Cédric Jubillar, se sont achevées ce vendredi après-midi. Place maintenant au travail des experts de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale.
Aurélien Poivret -
Aujourd’hui à 20:01
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Il y a quelques jours encore, on aurait pu penser qu’après quatre semaines de procès devant les assises du Tarn qui avaient concassé Cédric Jubillar, condamné à 30 ans de réclusion criminelle, l’affaire du meurtre et de la disparition de Delphine Aussaguel allait ressembler à un sinistre surplace. L’audience en appel à venir - dont l’ouverture est de moins en moins envisageable le 21 septembre prochain à Toulouse (Haute-Garonne) - semblait destinée à reproduire les débats d’Albi et son torrent d’éléments à charge contre l’accusé, armé de ses explications creuses et de ses dénégations vaines qui l’ont mené dans une impasse.
C’était peut-être mal connaître Cédric Jubillar, et sa volonté de maîtriser le récit des événements de la tragique nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines. Sa spectaculaire volte-face de ces derniers jours, qui l’ont vu reconnaître sa « responsabilité » dans la mort de Delphine puis indiquer l’endroit où il avait caché son corps, redonne un réel espoir de s’approcher de la vérité des faits, en même temps qu’elle prolonge le calvaire de la famille de l’infirmière, et notamment de ses deux enfants.
Des zones d’ombre persistantes
Ce vendredi, les fouilles menées dans le champ de Mailhoc où le peintre-plaquiste de 38 ans avait mené les gendarmes la veille se sont achevées. Les ossements du bas du corps découverts sur place ont été transportés par hélicoptère à l’Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale (IRCGN), situé à Pontoise, en région parisienne. Leur analyse pourrait durer encore plusieurs jours, et il est pour l’heure impossible de dire ce qui pourra en être conclu sur le plan criminel, et sur la possibilité pour les experts de l’IRCGN d’y relever des indices permettant de faire émerger la vérité sur les circonstances de la mort, à l’âge de 33 ans, de Delphine Aussaguel. Le temps et l’œuvre d’animaux ont pu détériorer irrémédiablement les restes de la victime, dont une partie a pu se retrouver dispersée dans plusieurs champs, lors de travaux d’épandage.
Les ossements découverts ont été transportés par hélicoptère à l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale, en région parisienne. Photo AFP/Matthieu Rondel
« On va devoir se contenter de la parole de Jubillar qui va nous expliquer qu’il n’a pas fait exprès », s’inquiète depuis jeudi Me Philippe Pressecq, l’avocat d’une cousine de Delphine Aussaguel. De fait, l’état de dégradation avancé des ossements découverts, qui ne semblent pour l’heure pas complets, pourrait laisser suffisamment de zones d’ombre pour que la nouvelle version des faits que Cédric Jubillar soit impossible à vérifier par les analyses médico-légales, dans ce dossier rendu déjà complexe par l’absence de scène de crime et d’arme.
« Un cas de figure pas simple »
« On travaille sur ce qu’on appelle des os anciens. Donc l’ADN n’est pas forcément conservé d’une bonne manière », a confirmé à l’AFP le général Stéphane Calderara, directeur de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale. Le militaire prévient : « On est vraiment sur un cas de figure pas simple », et les analyses permettant d’éclairer les enquêteurs, puis la cour d’assises de la Haute-Garonne chargée de juger en appel Cédric Jubillar, vont « prendre du temps ». Quand toutes les conclusions scientifiques seront connues, un nouvel interrogatoire de l’accusé sera ensuite nécessaire pour éclaircir la façon dont est morte Delphine. Ou encore pour savoir pourquoi et comment son mari a choisi cet endroit pour dissimuler le corps, et s’il avait repéré les lieux, voire préparés.
Dans un entretien accordé jeudi soir à BFMTV, Me Pierre Debuisson a assuré que Cédric Jubillar avait « exprimé des regrets très profonds », reconnaissant avoir « commis un acte abominable ». Le pénaliste toulousain, qui a repris avec son père la défense de l’accusé, a mis en cause les enquêteurs de l’époque qui sont selon lui « passés à côté de choses assez énormes dans les 48 heures qui ont suivi la disparition » de la jeune femme, en promettant des révélations lors du procès en appel. Des déclarations qui confirment la volonté d’atténuer au maximum l’implication du peintre-plaquiste à la fois dans la mort de Delphine Aussaguel - en remettant en cause l’intention de tuer au profit de simples coups mortels - mais aussi dans les cinq ans et demi de recherches vaines du corps de la victime.
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