TÉMOIGNAGE. "J'ai cru qu'il allait me tuer" : Marie-Ange raconte comment un homme inconnu a pénétré nu sur sa propriété en pleine nuit
l'essentiel Marie-Ange, une habitante du village de Verlhac-Tescou, en Tarn-et-Garonne, a surpris un homme entièrement nu tenter d'entrer dans son logement dans la nuit du 5 septembre 2026. Visiblement désorienté, le mis en cause aurait passé plusieurs heures à tenter d'entrer en contact physique avec la plaignante. "J'ai cru qu'il allait me violer et me tuer", témoigne la jeune femme auprès de La Dépêche, à la veille du procès en comparution immédiate du visiteur indésirable.
La scène, en pleine nuit, est glaçante. Un homme nu, à la maigreur extrême et dont les côtes saillent sous la peau qui les recouvre, se tient contre la porte-fenêtre d'une habitation qui n'est pas la sienne. Son visage est collé à la vitre, éclairé seulement par la lueur d'une lampe extérieure.
Il gémit à plusieurs reprises avant qu'un bruit sourd ne se fasse entendre. Le visiteur indésirable vient de briser, à mains nues, le verre qui séparait le logement de l'extérieur. Immédiatement, le suspect se met à saigner. Les faits sont capturés par l'oncle de la propriétaire du logement.
"J'ai cru que j'allais mourir"
Cette dernière, Marie-Ange, s'est recluse dans son domicile de Verlhac-Tescou, en Tarn-et-Garonne, après avoir aperçu la silhouette cadavérique, presque christique, de son hôte aux paroles incohérentes. "Il était 3 h 54 exactement, vendredi 5 septembre 2026", pointe l'agricultrice.
"J'ai cru qu'il allait me violer puis me tuer", débute celle qui a accepté de témoigner auprès de La Dépêche. "C'est quelqu'un d'une dangerosité extrême. Il m'a traumatisée. J'ai vraiment cru que j'allais mourir", déclare, en état de choc, la jeune femme.
"Je ne le connais absolument pas"
Marie-Ange a tenté de comprendre pourquoi il s'est introduit chez elle cette nuit-là. "Il aurait fait une fixette sur moi à des cours de philosophie il y a environ trois ans, explique la jeune agricultrice. Moi, je ne le connais absolument pas. J'étais endormie dans mon lit tranquillement quand j'ai entendu quelqu'un hurler et taper contre la vitre. Je me suis dit que c'était un vol au départ."
Quand elle distingue le mis en cause dans le plus simple appareil, la jeune femme craint pour sa vie. "J'ai appelé mon oncle et les gendarmes et je me suis réfugiée dans les combles de mon studio alors qu'il était sur ma terrasse. Je l'entendais dire : Il faut aller jusqu'au bout. Il riait aussi."
Hospitalisé d'office dans un premier temps
Sur les films capturés par les caméras disposées autour du domicile, Marie-Ange affirme que le suspect a passé plusieurs dizaines de minutes sur la propriété, passant de longues minutes à se masturber sur un canapé. "C'est là même où mon père est décédé il y a 22 ans. Vous comprenez le symbole...", déplore l'habitante de Verlhac-Tescou.
L'arrivée des gendarmes ne calme pas l'intrus. Celui-ci poursuit ses divagations incompréhensibles et ses gémissements presque bestiaux. Finalement, l'individu interpellé est hospitalisé d'office pendant une semaine, selon les informations de La Dépêche confirmées par la procureure de la République de Montauban, Karline Bouisset.
Libéré sous contrôle judiciaire
"À sa sortie de l'hôpital lundi 14 septembre, le prévenu, dont les antécédents judiciaires sont nuls, est immédiatement arrêté par les gendarmes et placé en garde à vue", poursuit la magistrate. Durant sa garde à vue, une expertise psychiatrique est réalisée. "Elle conclut à une altération du discernement mais dit que le prévenu est accessible à la sanction pénale", note Mme Bouisset.
Après 24 heures en cellule, il est présenté devant le magistrat de permanence du parquet de Montauban. Celui-ci l'informe de son renvoi dans le cadre d'une comparution immédiate devant le tribunal judiciaire de Montauban vendredi 18 septembre. Le placer en détention provisoire est requis. Un avis que ne suit pas le juge des libertés et de la détention (JLD), qui décide d'un placement sous contrôle judiciaire.
"Je ne peux plus rentrer chez moi"
L'annonce a fait l'effet d'une bombe pour la plaignante, dix jours après les faits dénoncés. "Je ne peux plus rentrer chez moi, dénonce Marie-Ange. Sur la vidéo, on voit qu'il connaît les lieux, ce n'est pas la première fois qu'il entre chez moi. Je ne suis plus en sécurité. Et cela remet aussi en cause mon activité professionnelle d'agricultrice puisque je travaille là où je vis", exprime-t-elle.
"Le mis en cause doit respecter une obligation de pointer tous les jours à la gendarmerie, de mettre en place des soins psychologiques et psychiatriques, a interdiction d'entrer en contact avec la victime et de se rendre sur la commune de commission des faits présumés", tempère Karline Bouisset.
Le prévenu est poursuivi pour violation de domicile, violences [psychologiques, N.D.L.R.] avec une ITT de 3 jours et dégradations d'un bien appartenant à autrui. L'audience est programmée vendredi 18 septembre à 14 heures au tribunal judiciaire de Montauban.