TÉMOIGNAGES. Pénurie de logements à Toulouse : professeur muté ou étudiants, ils affrontent l'enfer de la recherche d'appartement, "j’ai moins de difficultés à trouver en région parisienne"
l'essentiel La recherche de logements à Toulouse est devenue un véritable calvaire. Mi-août, au cœur de la Ville rose, alors que 11 000 nouveaux habitants débarquent chaque année, le volume d'annonces de location s'effondre brutalement. Dossiers rejetés, arnaques et concurrence féroce : étudiants et salariés font face à une crise totalement hors de contrôle. Mutation en poche, Bastien enchaîne par exemple les refus et parcourt deux heures de route depuis l'Aveyron pour tenter sa chance. En vain pour le moment. Une pénurie inédite asphyxie la capitale de l'Occitanie, poumon économique de la région. On vous explique.
Rechercher une location à Toulouse est devenu un véritable parcours du combattant. Selon les chiffres de l’Agence d’urbanisme de l’aire toulousaine (AUAT), la métropole toulousaine accueille chaque année environ 11 000 habitants supplémentaires.
Dans le même temps, l’offre de logements disponibles sur les plateformes d’annonces s’effondre. En juin dernier, sur Bien’ici, les locations ne représentaient plus qu’une annonce sur trois pour neuf demandes sur dix. Sur la plateforme, le volume de l’offre locative a ainsi été divisé par 2,5 en sept ans.
"J’ai eu beaucoup moins de difficultés à trouver en région parisienne"
Bastien* est professeur d’histoire-géographie dans un lycée. Après avoir vécu en région parisienne, il recherche désormais un logement à Toulouse pour la rentrée, à la suite de sa mutation. En trois semaines de recherches, il a rapidement pris conscience de la complexité de la tâche. "Je cherche sur toutes les applications possibles. Il y a tellement de demandes que les propriétaires ne prennent même pas la peine de répondre à tout le monde. Dix minutes après la publication d’une annonce, il peut déjà y avoir 30 personnes intéressées", témoigne-t-il, désabusé.
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"Tout le monde est sous l’eau en termes de demandes, c’est compliqué." En attendant de trouver un logement, Bastien réside chez sa mère, dans l’Aveyron, et doit parcourir près de deux heures de route pour se rendre à Toulouse et effectuer des visites. "J’ai eu beaucoup moins de difficultés à trouver à Saint-Denis, en région parisienne, qu’à Toulouse. Au bout d’un moment, on revoit ses critères et on fait des concessions. Il y a aussi une immense part de chance", affirme-t-il.
Les étudiants premières victimes de cette crise
À l’approche de chaque rentrée, les étudiants sont parmi les premiers touchés par la pénurie de logements. Sur les réseaux sociaux, les appels à l’aide se multiplient. "URGENT RECHERCHE APPART POUR LA RENTRÉE" : ce message est celui de Maë publié sur Facebook. Âgée de 23 ans, elle poursuit ses études en graphisme au lycée des Arènes, à Toulouse. Atteinte d’une maladie musculaire, Maë a des critères de recherche plus contraignants.
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Depuis deux mois, elle multiplie les démarches pour trouver un logement. "J’ai fait cinq visites et rien n’est concluant. Soit les prestations ne sont pas à la hauteur, soit mon dossier est refusé", témoigne la jeune femme. À ces difficultés s’ajoute celle d’obtenir des réponses de la part des propriétaires, sans compter les arnaques auxquelles elle est confrontée. Face à ces obstacles, Maë a finalement revu ses critères et élargi son budget ainsi que sa zone de recherche. Désormais, elle espère trouver un logement avant sa rentrée, prévue le 2 septembre prochain.
Ils sont 130 000 étudiants chaque année
Les agences immobilières témoignent également des difficultés rencontrées. Chez ADL Immobilier, à Toulouse, le constat est sans appel. L’agence dit "crouler sous les demandes pour très peu d’offres." À la mi-août, moins de dix annonces de location sont disponibles sur son site internet.
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Pour faire face à cette pénurie, des alternatives émergent. Le groupe UXCO propose notamment 420 lits répartis dans deux résidences étudiantes, à Marengo et Montaudran. Le groupe souligne que Toulouse regroupe près de 130 000 étudiants, dont plus de 15 000 étudiants internationaux chaque année. Il s'inscrit dans un enjeu de réponse.