Tesla FSD en France : le gouvernement dit non... pour le moment
Publié le 23 juillet 2026 à 12:50 par Sirius
Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a officiellement refusé l'homologation du FSD (« Full Self-Driving ») de Tesla en France. Les raisons invoquées sont des risques jugés trop importants liés aux excès de vitesse et un manque de surveillance de l'attention du conducteur. Cette décision contraste avec l'approbation du système dans plusieurs pays européens comme la Belgique ou les Pays-Bas.
C'est une douche froide pour les nombreux propriétaires de véhicules Tesla qui attendaient avec impatience l'activation de cette option, parfois payée 7 500 €. Dans une déclaration vidéo diffusée sur la plateforme Agora, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a confirmé que la France n'autoriserait pas, pour le moment, ce système avancé. Cette décision, motivée par des impératifs de sécurité routière, place l'Hexagone en décalage avec plusieurs de ses voisins qui ont déjà donné leur feu vert.
Quels sont les principaux reproches faits au système de Tesla ?
Le gouvernement français pointe principalement deux problèmes majeurs qui compromettent la sécurité des usagers. Le premier, et le plus alarmant, concerne le non-respect des limitations de vitesse. Selon le ministre, le système FSD est capable de s'adapter au flux de la circulation, même si celui-ci est en infraction. Concrètement, une voiture pourrait rouler à 70 km/h dans une zone limitée à 50 km/h simplement pour suivre le rythme des autres véhicules.
FSD Supervised can handle Arc de Triomphe no problem
If there is a bigger roundabout in France, please let us know in the comments ?
Pending regulatory approval pic.twitter.com/IPR0jLiOW7
— Tesla Europe, Middle East & Africa (@teslaeurope) May 16, 2025
Cette fonctionnalité, nommée « vitesse maximale contextuelle », est jugée inacceptable par les autorités. Philippe Tabarot a même souligné que dans certains scénarios, un véhicule en mode FSD pourrait aller « jusqu’à 50 % au-dessus de la limite de vitesse autorisée », et ce, sans demande explicite du conducteur. Ces possibles excès de vitesse, rapportés également par des utilisateurs américains, constituent un frein majeur à l'homologation du système.
La surveillance du conducteur est-elle jugée suffisante ?
Le second point de friction soulevé par le ministère concerne la surveillance du conducteur. Les autorités estiment que le système de Tesla ne permet pas de « garantir un niveau d’attention optimal du conducteur en ville et pendant les manœuvres les plus complexes ». Les changements de voie, les passages d’intersection ou encore l'approche des ronds-points sont cités comme des situations critiques où la vigilance humaine est primordiale.
Ce manque de contrôle est d'autant plus problématique que, comme le rappelle le ministre, le conducteur reste pénalement responsable en cas d'accident, même lorsque l'aide à la conduite est activée. Le paradoxe est donc entier : la technologie de conduite autonome est conçue pour assister, mais elle exige une attention constante que le système lui-même ne semble pas capable de vérifier efficacement selon les données gouvernementales.
Quel avenir pour les véhicules autonomes en France ?
Malgré ce refus, la porte n'est pas totalement fermée. Philippe Tabarot a assuré que les « échanges techniques avec les Pays-Bas et les autres États européens et Tesla » se poursuivaient afin d'affiner l'analyse française. Le gouvernement ne s'oppose pas à la technologie en elle-même mais souhaite que son déploiement se fasse dans un « cadre de confiance » garantissant un haut niveau de sécurité.
Pour aller plus loin, un grand sommet sera organisé à l'automne pour réunir l'écosystème français du véhicule autonome. L'objectif est clair : « présenter les leviers qui permettront d’accélérer le déploiement de cette technologie » et définir une stratégie nationale. La France ambitionne de permettre l'arrivée de véhicules véritablement autonomes et homologués sur ses routes dès 2027, en privilégiant une approche harmonisée au niveau européen plutôt que des autorisations au cas par cas.
Journaliste GNT en direct d'Alpha Canis Majoris
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