Test de Maestro : le jeu qui transforme vos Joy-Con en baguette de chef d’orchestre sur Switch 2

Test de Maestro : le jeu qui transforme vos Joy-Con en baguette de chef d’orchestre sur Switch 2

La promesse de Maestro est de transformer vos Joy-Con en baguettes de chef d’orchestre afin de prendre les commandes de grands classiques de la musique, de Tchaïkovski à John Williams. Une idée aussi simple qu’amusante, et qui chauffe rapidement les bras…

Les jeux de rythme ont toujours occupé une petite place à part dans l’histoire de Nintendo. La firme japonaise n’a jamais hésité à transformer ses consoles en véritables instruments de musique, parfois avec des idées franchement improbables. On pense notamment aux fameux bongos de Donkey Konga sur GameCube, au tambour de Taiko no Tatsujin ou, tout simplement, à Wii Music sur Wii.

Récemment, la série Rhythm Paradise est revenue sur Switch 2 avec tout un tas de jeux de rythme endiablés et franchement marrants, rappelant au passage à quel point la formule pouvait encore fonctionner avec des mécaniques extrêmement simples.

Maestro s’inscrit dans cette tradition, mais avec une idée particulièrement amusante : plutôt que de taper sur des boutons au rythme de la musique, on devient littéralement le chef d’orchestre. Déjà sorti en réalité virtuelle en 2024, le jeu transpose ici ses gestes sur les Joy-Con de la Switch 2. Un mouvement pour battre la mesure, un autre pour gérer les nuances… et vous voilà parti pour une petite séance de sport gratuite pour les bras. Mais derrière cette idée aussi simple qu’amusante, Maestro parvient-il à tenir la sur la durée ? C’est ce que nous allons voir dans ce test.

Maestro // Source : Double Jack

7/10

Points forts

  • Une idée aussi originale qu’amusante
  • Une prise en main accessible, avec toutefois un vrai défi corsé
  • Des morceaux connus et efficaces

Points faibles

  • Une réalisation graphique minimale
  • Quelques soucis de synchronisation
  • On perd forcément l’immersion de la VR

Je prendrai une baguette s’il vous plaît

L’introduction de Maestro met tout de suite dans le bain, puisque vous voilà, baguette en main, à apprendre les bases de la direction d’orchestre. Les deux Joy-Con deviennent ainsi vos instruments de travail : l’un permet de donner le tempo en reproduisant les mouvements d’un chef d’orchestre et en suivant les flèches à l’écran, tandis que l’autre sert à intervenir sur les différents groupes de musiciens et à jouer sur les variations de la musique. Il va donc falloir écouter attentivement les mélodies, garder un œil sur les indications à droite comme à gauche de l’écran, et surtout… bouger les bras.

La plupart des gestes à effectuer sont simples : balayer la main qui tient la baguette, à droite ou à gauche selon que vous êtes droitier ou gaucher, pointer un pupitre avec l’autre Joy-Con ou encore accentuer le tempo. Sur le papier, rien de bien compliqué. Pourtant, Maestro demande immédiatement une petite gymnastique de l’esprit pour coordonner tout ce petit monde sans finir par s’emmêler les pinceaux.

Vous pouvez gagner de nouvelles baguettes au fur et à mesure des concerts // Source : Capture Switch 2
Vous pouvez gagner de nouvelles baguettes au fur et à mesure des concerts. // Source : Capture Switch 2

Autant le mode facile est vraiment facile et permet surtout de donner l’impression que vous maîtrisez votre art de chef d’orchestre à la perfection, autant les niveaux de difficulté supérieurs transforment rapidement l’expérience en véritable enfer sur Terre. Et je pèse mes mots.

Lorsque les indications deviennent plus nombreuses, les gestes s’enchaînent, le timing se resserre et il faut être beaucoup, beaucoup plus précis. Le niveau de difficulté maximal ressemble alors à une sorte de bullet hell, où les flèches et les indications remplissent l’écran, tandis que la musique devient progressivement une forme de torture à part entière. En difficulté maximale, Carmina Burana, les fesses bien calées dans son canapé, ressemble davantage au voyage astral de 2001, l’Odyssée de l’espace qu’à une paisible partie de Mario.

Car lorsque tout s’enchaîne correctement, on peut enfin se prendre pour un véritable chef d’orchestre, les bras déchaînés, une mèche de cheveux venant barrer le front, les yeux exorbités de plaisir, tel un Mozart possédé dans Amadeus de Milos Forman

Certaines séquences deviennent franchement complexes, voire donnent l’impression d’être quasiment impossibles à reproduire correctement sans une excellente maîtrise du jeu. Mais c’est aussi ce qui fait son charme, me direz-vous. Car lorsque tout s’enchaîne correctement, on peut enfin se prendre pour un véritable chef d’orchestre, les bras déchaînés, une mèche de cheveux venant barrer le front, les yeux exorbités de plaisir, tel un Mozart possédé dans Amadeus de Milos Forman.

Difficile de se rendre cdompte de la difficulté sur une image, mais je vous assure, c'est l'enfer. // Source : Capture Switch 2
Difficile de se rendre compte de la difficulté sur une image, mais je vous assure, c’est l’enfer. // Source : Capture Switch 2

Maestro possède donc une vraie marge de progression. Mais passé un certain palier, il ne s’agit plus simplement de suivre la musique : il faut parvenir à dompter le morceau, mémoriser les enchaînements et surtout réussir à coordonner ses deux mains en essayant de ne penser à rien d’autre qu’à la musique.

Un joli répertoire et un peu d’humour

Le jeu ne croule pas sous les centaines de musiques, et vous serez amené à refaire plusieurs fois les mêmes morceaux. Heureusement, côté titres sélectionnés, on retrouve de grands classiques de la musique classique, du jazz, mais aussi plusieurs thèmes extrêmement connus issus du cinéma, comme Star Wars, Game of Thrones, Harry Potter ou encore L’Attaque des Titans. Au total, le jeu propose 38 morceaux emblématiques.

L’avantage de cette playlist est que la plupart des morceaux sont connus de toutes et de tous, ce qui facilite grandement le jeu. Reconnaître immédiatement une mélodie permet de mieux anticiper les changements de rythme et de se concentrer sur sa gymnastique des bras. Anticiper pour mieux bouger.

Les bras travaillent. // Source : Capture Switch 2
Les bras travaillent. // Source : Capture Switch 2

Les morceaux dits classiques sont amusants à jouer, mais les plus funs sont sûrement les morceaux de pop culture, comme le fameux Duel of the Fates de John Williams, qui provoque quelques frissons, surtout quand le public est content de notre prestation.

À l’issue de chaque morceau, d’ailleurs, vous aurez droit aux applaudissements du public, de timides à franchement enthousiastes selon votre prestation, ainsi qu’à des petits mots gentils de vos fans et une collation. Ces petites pauses entre chaque représentation sont autant de moments d’humour que le jeu offre, comme une pause bienvenue.

Vous pourrez manger des macarons — ou les écraser entre vos gros doigts patauds — ou vous servir un bon verre d’on ne sait trop quelle boisson, puis éclater la bouteille par terre en rotant. Bon, ce n’est pas franchement subtil, certes, mais après avoir conduit un orchestre sur la Cinquième symphonie de Beethoven, un bon petit rot rééquilibre le curseur de l’élégance.

Essayer de ne pas en mettre partout est un challenge en soi. // Source : Capture Switch 2
Essayer de ne pas en mettre partout est un challenge en soi. // Source : Capture Switch 2

Votre mentor et ami, qui s’exprime avec un accent français à couper au couteau et un style résolument daté, réserve également quelques répliques franchement drôles, qui viennent agréablement ponctuer les concerts. Et ne parlons pas des membres de l’orchestre qui se plantent quand vous vous trompez dans le rythme, et lâchent un « POUET » absurde avec leur trompette pour vous faire comprendre que vous avez fait n’importe quoi.

Beau comme un concert de Taylor Swift

Bon, je n’ai rien contre Taylor Swift, mais il faut avouer que ses compositions n’ont pas de quoi faire sortir les plus mélomanes de chez eux pour aller s’entasser au Groupama Stadium de Lyon. Pour les mêmes raisons, il ne faut pas acheter Maestro pour tester les limites graphiques de la Switch 2.

Visuellement, le jeu fait globalement le minimum nécessaire. Les environnements, les personnages et les éléments qui composent les différents concerts ne sont clairement pas ce qui se fait de plus impressionnant sur la console. Certains éléments paraissent même franchement datés.

On est pas sur du Unreal Engine 5 on est bien d'accord. // Source : Capture Switch 2
On est pas sur du Unreal Engine 5 on est bien d’accord. // Source : Capture Switch 2

Vos yeux seront cependant surtout occupés à surveiller les indications, plutôt qu’à regarder la tête des pauvres PNJ membres de l’orchestre, qui n’ont certes pas l’air très frais, mais qui tentent de suivre vos mouvements erratiques. Sa véritable démonstration technique se trouve dans la manière dont les Joy-Con retranscrivent nos mouvements et dans la sensation de diriger réellement la musique. À ce propos, la calibration pourra parfois être un peu aux fraises, surtout lorsqu’il faut tenir ou couper les notes. Pas de quoi anéantir votre performance, mais ça peut faire rager par moments, surtout si ça enclenche un « POUET ».

Vous l’aurez compris, Maestro est le genre de jeu dont le concept tient en une phrase et dont on comprend immédiatement l’intérêt dès les premières minutes. Le jeu n’est pas irréprochable, mais ces défauts sont compensés par une idée de gameplay originale et des morceaux entraînants. Vous n’y retournerez pas tous les soirs, et la plupart des joueuses et des joueurs ne s’infligeront pas le niveau de difficulté maximal, mais Maestro est une belle petite surprise pour les amateurs de jeux de rythme.

Le verdict

Maestro // Source : Double Jack

7/10

On a aimé

  • Une idée aussi originale qu’amusante
  • Une prise en main accessible, avec toutefois un vrai défi corsé
  • Des morceaux connus et efficaces

On a moins aimé

  • Une réalisation graphique minimale
  • Quelques soucis de synchronisation
  • On perd forcément l’immersion de la VR

Maestro est un bon petit jeu qui se donne à fond dans ce qu’il entreprend. On pourrait lui reprocher un habillage graphique basique, mais logique sur ce genre de titre, un catalogue qui aurait gagné à être plus conséquent et quelques problèmes de synchronisation qui peuvent parfois perturber une partie, mais dans l’absolu, le jeu remplit parfaitement son contrat. D’autant plus que la proposition est originale et audacieuse. Nous mettre dans la peau d’un chef d’orchestre n’est pas aisé, et Maestro s’en tire haut la baguette. Le genre de jeu que l’on ressort de temps à autre pour se vider l’esprit et vibrer au rythme d’airs cultes.

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Maestro // Source : Jason McDonald/Netflix