The End of Oak Street : sa fin vient d’une théorie bien réelle
Pop Culture
Le film de David Robert Mitchell fait revenir des dinosaures via des trous de ver. Une idée simple, crédible, et une fin qui boucle vraiment l’histoire.
En bref
- Des trous de ver expliquent les dinosaures
- La fin sauve Greg grâce au temps
- Aucune scène post-générique après le film
On pouvait attendre une explication tarabiscotée. The End of Oak Street fait l’inverse.
Le troisième long métrage de David Robert Mitchell repose sur une idée presque désarmante de simplicité : les étranges sphères lumineuses qui apparaissent dans le quartier sont des trous de ver. Pas des monstres, pas une expérience militaire, pas un gadget pseudo-scientifique empilé sur dix couches de dialogue. Juste des passages entre deux points de l’espace, mais aussi du temps. Et ça suffit à faire tenir tout le film.
Le film ne dit pas tout, et c’est son meilleur choix
Ces boules lumineuses commencent par ramener dans le présent des plantes, puis des amas de déjections, venus de millions d’années plus tôt. Ensuite, l’une d’elles avale environ deux miles de la ville et propulse toute une zone vers l’ère préhistorique. Le mécanisme est donc clair : quelque chose relie le présent au passé.
Mais le scénario refuse une chose, expliquer pourquoi ces ouvertures apparaissent ou comment elles se forment. Résultat ? Une logique de film qui tient, sans se perdre dans le bavardage. Quand même appréciable, surtout sur un sujet pareil.
Audrey comprend avant les autres
Très tôt, Audrey Platt, jouée par Maisy Stella, explique qu’elle veut aller à Cornell après le lycée pour étudier les sciences auprès de Carl Sagan. Ce n’est pas un détail décoratif. Toute sa trajectoire sert à préparer l’idée qu’elle sera la première à formuler une hypothèse cohérente.
Quand le quartier bascule dans l’absurde, elle rapproche ces phénomènes d’un concept popularisé à l’époque du film, située en 1982. Elle compare les trous de ver à un passage dans une pomme, avec une entrée et une sortie. En gros, le film donne au spectateur juste assez pour suivre, jamais plus.
La mort de Greg n’est pas la fin
Le vrai enjeu de cette théorie n’est pas seulement visuel. Il est narratif. Et même émotionnel.
Après avoir été mordu à la jambe par un Allosaurus, Greg Platt, incarné par Ewan McGregor, meurt dans ce qui ressemble d’abord à un point de non-retour. Puis les survivants de la famille Platt trouvent un autre passage, sautent dedans, et reviennent dans le présent quelques minutes avant l’ouverture initiale. De quoi empêcher cette mort. Pas mal vu, parce que le voyage temporel sert à la fois d’échappatoire et de réparation.
Deux ans plus tard, le film ferme la parenthèse
L’ellipse finale avance de deux ans. On apprend que le gouvernement a capturé ou tué les dinosaures arrivés au présent, et que les Platt ont réussi à sauver plusieurs voisins qui risquaient de rester coincés dans le passé.
Et le film boucle aussi ses personnages. Denise Platt, jouée par Anne Hathaway, a écrit un livre sur l’événement, intitulé The End of Oak Street. Audrey Platt, elle, a bien rejoint Cornell pour étudier avec Carl Sagan.
Si vous restez jusqu’au bout du générique, inutile d’attendre un dernier clin d’œil façon franchise. Aucune scène post-générique. Juste une dédicace au père de David Robert Mitchell, Robert Allen Mitchell, mort en 2024. Et quelque part, c’est cohérent : le film préfère refermer sa faille plutôt que promettre déjà la suivante.
Morgan Fromentin
Spécialiste Pop Culture
Depuis 2018, je décrypte l'actualité technologique ainsi que les dernières nouveautés cinéma et séries sur Begeek.fr.
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