« The Social Reckoning » : la critique d'un film anti-social qui ne perd pas son sang-froid
Jeremy Strong dans « The Social Reckoning » .
© Sony
Fabrice Leclerc 06/10/2026 à 22:49, Mis à jour le 06/10/2026 à 22:50
Cette fausse suite de « The social network » avec Mikey Madison s’inspire d’une enquête du Wall Street Journal pour illustrer l’influence de Facebook sur la radicalisation politique internationale. Sans surprise mais glaçant.
Le synopsis
Le film s'inspire de l'histoire vraie de Frances Haugen, une jeune ingénieure chez Facebook, qui sollicite l'aide de Jeff Horwitz, journaliste au Wall Street Journal. Ensemble, ils se lancent dans une enquête pleine de dangers qui les mènera à révéler au grand jour les secrets les mieux gardés du puissant réseau social.
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La critique de Paris Match (3/5)
On a beau ne pas vivre dans un monde de bisounours et ne se faire aucune illusion sur la mécanique de nivellement par le bas des réseaux sociaux, « The social reckoning » fait froid dans le dos. De tout temps féru de politique (de « Ennemi d’Etat » au « Président et Miss Wade » ou la série « A la Maison Blanche), le Aaron Sorkin scénariste persiste et signe en adaptant au cinéma les fameux Facebook Files, cette enquête incroyable menée par le journaliste Jeff Horwitz pour le compte du Wall Street Journal. S’il célèbre le travail d’investigation de la presse, le film est une sorte de fausse suite, d’antithèse à « The social network ». Le film le dit d’ailleurs de manière frontale dans son incarnation de Mark Zuckerberg, cette fois incarné par Jeremy Strong.
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Du nerd un peu rêveur et barré du premier film jusqu’au despote bipolaire et délirant d’aujourd’hui, Sorkin raconte la prise de pouvoir des réseaux sociaux sur le monde. Et plus particulièrement la politique puisque le cœur de l’enquête insiste sur le fait que Facebook ne modère plus ses contenus. Et qu’il les a même poussés via ses algorithmes pour favoriser les discours extrémistes et complotistes. Jusqu’à la prise du Capitole par les troupes de Donald Trump dans un déluge de violence. Sorkin livre un film enquête, une sorte de « Pentagon papers » des Facebook et autre X, faisant presque passer Elon Musk pour un premier communiant. Si Sorkin est un grand écrivain, son cinéma bien sage et posé peine parfois à faire oublier la maestria de David Fincher quand il s’empare du film enquête. Mais le propos vaut tous les travellings virtuoses. L’un des rares films de l’année où vous n’aurez aucune envie de rallumer votre téléphone en sortant de la salle…
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