Notre classement des meilleurs ouvreurs : Jalibert toujours plus haut, Ntamack en boulet de canon
La revue de l'élite 2026. Encore vainqueur de la Champions Cup avec l'UBB et surtout excellent avec les Bleus pendant le Tournoi des 6 Nations, Matthieu Jalibert a confirmé son nouveau statut. Il arrive en tête de notre classement des meilleurs ouvreurs de la saison.
1 - Matthieu Jalibert dans une nouvelle dimension
Il semble loin le temps où l’on voyait Matthieu Jalibert comme un soliste talentueux mais irrégulier, capable des plus grandes fulgurances mais aussi de sorties de route tout aussi détonantes.À 27 ans, le natif de Saint-Germain-en-Laye a ajouté de la constance à sa palette, ce qui l’a propulsé parmi les références mondiales du poste. Joueur le plus étoilé de l’Union Bordeaux-Bègles bien qu’il n’ait disputé que quinze rencontres de championnat et auteur d’une nouvelle campagne de Champions Cup de haut vol, Matthieu Jalibert a surtout passé un cap, cette saison, sur la scène internationale.
Après un exercice 2024-2025 frustrant sous le maillot tricolore (une entrée en jeu face au Japon, une titularisation conclue par une défaite à la sirène en Angleterre), le Girondin s’est retrouvé à mener les Bleus lors du dernier Tournoi.
Avec, dans la globalité, une franche réussite sur ses quatre titularisations : au-delà de ses deux essais face à l’Irlande et au pays de Galles, il a fait preuve de maturité et d’assurance dans sa conduite du jeu. Sa "masterclass" en Nouvelle-Zélande, pour l’ouverture du Rugby Championship, n’a fait que confirmer sa nouvelle dimension à l’échelle internationale.
Ses statistiques, sur les vingt-huit rencontres qu’il a jusqu’à présent disputées, sont édifiantes avec 0,5 essai et 0,7 passe "dite" décisive par match ainsi que 1,2 franchissement, 3,75 défenseurs battus et 130 mètres parcourus. Pour couronner le tout, son efficacité aux plaquages est en progression (79,8 %). Il n’y a bien que la réussite au pied qui lui fuit, quelque peu (73,1 %).Mais à la perfection, nul n’est tenu.
2 - Harry Plummer, la bonne pioche
Depuis le départ de Camille Lopez, Clermont était en quête d’un 10 de haut niveau. SiBenjaminUrdapilleta avait rendu de fiers services, l’ASM misait gros sur la venue de Harry Plummer, débarqué de Super Rugby avec une flatteuse réputation, bien que sa carrière internationale se soit arrêtée à une seule cape (4 minutes). Le moins que l’on puisse dire, c’est que les attentes des dirigeants et supporters auvergnats ont été comblés.Dès ses premiers matchs, l’ancien chef des orchestres Auckland Blues a posé son empreinte sur le jeu clermontois.Au-delà d’être un buteur de haut niveau, qui a fait de lui le meilleur réalisateur duTop 14, le Néo-Zélandais s’est affirmé comme un animateur inspiré et un attaquant capable d’effectuer de véritables différences balle en main. Au-delà de sa panoplie rugbystique, il est parvenu à tenir la cadence du marathon que représente le championnat français, ce qui n’est pas le moindre des exploits pour un transfuge du Super Rugby. Il aurait dû être le héros de la qualification clermontoise à Bordeaux.
3 - Romain Ntamack, le meilleur pour la fin
Romain Ntamack a connu plusieurs saisons en une.Il y a d’abord eu une première phase relativement anodine où il a semblé parfois sur la retenue.Il y a ensuite eu cette blessure, une de plus, qui l’a privé du Tournoi des 6 Nations.Enfin, il y a eu la montée en puissance, au printemps, avec une fin de phase régulière intéressante et des phases finales à la hauteur de son statut.À la baguette d’une équipe largement dominatrice, il a prouvé à Marseille qu’il restait un formidable faiseur de jeu, capable d’initiatives individuelles à tout moment.Plus sobre en finale, il a répondu présent sur les secteurs décisifs que sont la défense et les tirs au but.Avec un seul échec en quatorze tentatives sur les deux rencontres les plus importantes de la saison, le Toulousain aux six Brennus reste une formidable machine à performer quand vient le mois de juin.
Axel Despérès, Diego Jurd et Joseph Laharrague ont épaté
Le rugby français dispose d’un vivier des plus prometteurs à ce poste.S’il n’était pas l’espoir le plus attendu ou le plus coté, Axel Despérès (22 ans) a été une des meilleures surprises de la saison.Avec l’absence longue durée du double meilleur réalisateur en titre du championnat Joe Simmonds, le Béarnais a eu l’occasion de s’exprimer.Et s’il avait déjà fait étalage de ses qualités par intermittence, il a prouvé qu’il était capable de performer sur la durée.Tout ceci méritera évidemment confirmation.Le Rochelais Diego Jurd et le Bordelais Joseph Laharrague n’en sont pas encore à ce stade mais ils ont démontré qu’il faudrait compter avec eux à l’avenir.Le Maritime, 19 ans, est bien plus qu’un pied gauche redoutable de précision.Son culot et son allant offensif ont sauté aux yeux à chacune de ses sorties.Le constat est sensiblement le même pour Joseph Laharrague. Le Bordelais de 20 ans, qui a laissé entrevoir un potentiel offensif rare balle en main, a clairement appris de Matthieu Jalibert. Il poursuivra son éclosion enProD2, àBéziers, sous la forme d’un prêt, comme le Toulousain Valentin Delpy l’a brillamment fait avec Colomiers.
Plus âgé mais venu de loin, Ugo Seunes a été la révélation du début de saison.Recruté à Aurillac en dernière minute, le Racingman a épaté son monde par son aisance technique. Sur la deuxième partie de saison, il a été plus en retrait.La lassitude physique du Top 14 n’y est pas étrangère.Le retour de flamme d’Antoine Gibert non plus.L’enfant du Racing a rappelé à tous quel beau joueur il était depuis janvier, enchaînant les inspirations et les coups de pied réussis.
Les déceptions : Joris Segonds et Léo Berdeu en retrait
À l’image de leur équipe respective, Joris Segonds et LéoBerdeu ne garderont pas un souvenir impérissable de cet exercice 2025-2026.Le Bayonnais, roi des coups de pied de la dernière minute, a été moins décisif face aux perches et globalement moins inspiré dans son rugby.Le Lyonnais, lui, peine à retrouver un second souffle.Les blessures et une équipe en manque de constance n’ont pas aidé.Les vieilles gloires du circuit international n’ont pas non plus été à la fête : à de rares exceptions près, Joey Carbery (Bordeaux-Bègles) a été décevant sur la durée ; Paddy Jackson (Lyon) a joué les intermittents du spectacle sans convaincre ; Gareth Anscombe (Bayonne) a, lui, traversé le Top 14 comme un fantôme, cumulant 165 minutes de jeu sur dix mois.La saison a aussi été très particulière pour HugoReus.L’ancien international espoirs a porté les couleurs de trois clubs différents : le MHR, l’Usap et l’UBB.La main tendue par Laurent Marti lui donne l’opportunité de s’installer dans un environnement qu’il connaît.À 22 ans, il reste jeune mais le retour de la confiance n’en devient pas moins une nécessité.
Le chiffre : 7
Le mano a mano a duré jusqu’au bout.Et à l’arrivée, seulement sept points ont séparé HarryPlummer de Louis Carbonel au classement des meilleurs réalisateurs du Top14. Avec 19 points inscrits lors de la 26e journée, le Néo-Zélandais a finalement dépassé son alter ego parisien.
Le classement complet
1. Matthieu JALIBERT
Bordeaux-Bègles - Né le 06/11/1998 - 1,84 m; 86 kg.
Temps de jeu (en Top 14) : 1067 minutes - Points : 93 - Sélec. : 40 (France)
2. Harry PLUMMER
Clermont - Né le 19/06/1998 - 1,84 m; 99 kg.
Temps de jeu (en Top 14) : 1893 minutes - Points : 295 - Sélec. : 1 (Nouvelle-Zélande)
3. Romain NTAMACK
Toulouse - Né le 01/05/1999 - 1,86 m; 91 kg.
Temps de jeu (en Top 14) : 1264 minutes - Points : 117 - Sélec. : 44 (France)
4. Louis CARBONEL
Stade français - Né le 04/02/1999 - 1,80 m; 82 kg.
Temps de jeu (en Top 14) : 1859 minutes - Points : 288 - Sélec. : 6 (France)
5. Domingo MIOTTI
Montpellier - Né le 22/05/1996 - 1,88 m; 85 kg.
Temps de jeu (en Top 14) : 1472 minutes - Points : 265 - Sélec. : 10 (Argentine)
6. Antoine HASTOY
La Rochelle - Né le 04/06/1997 - 1,80 m; 86 kg.
Temps de jeu (en Top 14) : 1823 minutes - Points : 141 - Sélec. : 12 (France)
7. Antoine GIBERT
Racing 92 - Né le 31/12/1997 - 1,77 m; 76 kg.
Temps de jeu (en Top 14) : 1278 minutes - Points : 168
8. Axel DESPÉRÈS
Pau - Né le 16/01/2004 - 1,83 m; 81 kg.
Temps de jeu (en Top 14) : 1471 minutes - Points : 183
9. Tomas ALBORNOZ
Toulon - Né le 17/09/1997 - 1,77 m; 82 kg.
Temps de jeu (en Top 14) : 714 minutes - Points : 22 - Sélec. : 26 (Argentine)
10. UgoSEUNES
Racing 92 - Né le 15/11/2000 - 1,82 m; 80 kg
Temps de jeu (en Top 14) : 1243 minutes - Points : 164