Tour de France 2026 : Decathlon CMA CGM a-t-elle les épaules d’une grande équipe ? - RTBF Actus

Tour de France 2026 : Decathlon CMA CGM a-t-elle les épaules d’une grande équipe ? - RTBF Actus

Tout d’abord, rappel des faits, chaque jour, avant le départ réel, les coureurs roulent dix kilomètres à faible allure. Une sorte de défilé où il ne se passe, normalement, jamais rien de très intéressant. Sauf donc, lors de cette 18ème étape du Tour de France où l’on a vu Paul Seixas s’arrêter sur le bord de la route. En cause : un problème avec son capteur de puissance. Un événement qui a rendu le jeune coureur très nerveux, alors que le départ réel du peloton ne serait pas parti s’il avait eu un ennui mécanique.

Le premier point qui alimente le débat est évidemment le budget de la formation française qui se situe entre 40 et 50 millions d’euros. C’est à peu près la moitié des 80 millions de chez UAE Team Emirates. Un gouffre financier qui n’explique pas tout comme le rappelle notre journaliste, Samuël Grulois : "Il y a aussi toute cette expérience qu’il faut aller chercher. C’est vrai que dans la voiture de DS, on a Luke Rowe et Mark Renshaw, d’excellents rouleurs de classiques. Il y a aussi Julien Jurdie qui chapeaute tout ça, mais on n’a pas non plus dans la voiture une immense expérience de la lutte pour un podium sur un grand tour."

Un constat partagé par notre consultant Christophe Detilloux qui ne remet pas en cause la qualité des coureurs présents, mais plutôt les petits détails du quotidien qui, mis bout à bout, font la différence avec les plus grosses équipes : "Il faut vraiment être passionné par son métier. J’ai connu dans ma carrière des mécaniciens qui, après deux heures, fermaient le camion et tout allait bien. C’est vrai que souvent, tout allait bien. Mais il y a aussi d’autres mécanos, comme par exemple Bartolo Polizzotto, qui refermait son camion tous les jours à 23h parce qu’il voulait tout recontrôler. Il y a faire son métier, et faire son métier. Quand on fait partie d’une équipe comme ça, chargée d’encadrer des champions de ce niveau, il faut être vraiment passionné."

L’événement de ce matin combiné au souci survenu après le contre-la-montre individuel, où personne dans l’équipe n’a su donner à Seixas son écart avec Isaac Del Toro pourrait finir par avoir des répercussions comme l’explique notre journaliste : "On sent une nervosité, une gestion qui n’est peut-être pas optimale à trois jours de la fin du Tour. On a vraiment toute confiance dans le projet de l’équipe Decathlon CMA CGM, mais si Seixas veut encore progresser avec son équipe, il faut à tous les échelons être le plus méticuleux possible. Ils le sont sans doute, mais il faut encore l’être plus, au point d’en faire une obsession."

Samuël Grulois faisait d’ailleurs le parallèle avec l’armada d’employés présente au sein de l’équipe UAE Team Emirates, aperçue cette nuit en logeant dans le même hôtel qu’eux : "Il y avait un nombre de véhicules incroyables sur le parking de l’équipe UAE Team Emirates. Des gars avec des t-shirts UAE, il y en avait partout dans l’hôtel. Pour moi, c’est trop. Il faut sans doute mettre une limite. On a parfois l’impression chez UAE qu’il y a un mec responsable de la roue avant de Pogacar, un mec responsable de la roue arrière, un mec responsable de la selle, un mec responsable du côté droit du cintre et un autre du côté gauche. Je caricature à peine."

Ces deux événements nous prouvent en tout cas qu’au-delà de la course au podium menée par Paul Seixas, il y a aussi une course extra-sportive à mener par Decathlon CMA CGM pour parvenir à se professionnaliser encore un peu plus.