Tour de France 2026 : dix choses que vous ne saviez peut-être pas sur les célèbres 21 virages de l'Alpe d'Huez - ICI
Les 24 et 25 juillet 2026, le Tour de France bouclera deux étapes consécutives à l'Alpe d'Huez. Retour sur l'histoire et les petites légendes de cette montée mythique, entre 720 et 1860 mètres d'altitude.
Deux jours, deux ascensions, un seul mythe : en juillet 2026, l'Alpe d'Huez vit une première historique sur le Tour de France. Entre légende des chasse-neige, record de Pantani jamais battu et disette française qui perdure, voici dix clés pour comprendre pourquoi ces 21 virages fascinent toujours autant.
1. La plus ancienne arrivée en altitude du Tour
C'est en 1952 que le Tour de France grimpe pour la première fois l'Alpe d'Huez. Au terme d'une étape longue de 266 km que l'Italien Fausto Coppi remporte, le 10 juillet 1952, la première ascension de la montée de l'Alpe dans la Grande Boucle. Véritable star de l'histoire du cyclisme, il remportera cette même année son deuxième Tour de France. La station sera ensuite boudée pendant 25 ans et il faudra attendre 1976 pour voir de nouveau le Tour à l'Alpe d'Huez.
Depuis, les 21 lacets menant à la station de ski écrivent régulièrement Tour de France. Celui qui remportera cette arrivée en montagne s'assurera une place dans l'Olympe du cyclisme.
Fausto Coppi
2. À chaque virage, un nom de champion... ou de championne !
C'est LE privilège lorsqu'on franchit la ligne d'arrivée à l'Alpe d'Huez. Au-delà du souvenir mémorable, le coureur qui gagne l'étape voit son nom gravé et associé à l'un des 21 lacets de la mythique montée. Ces fameux 21 virages portent donc tous le nom d'au moins un coureur chacun : un champion ou une championne qui a gagné à l'Alpe d'Huez.
Car depuis le retour en grâce du Tour de France femme, en 2022, les virages portent aussi des noms de femmes explique Christian Prudhomme, le directeur du Tour : "Il y a le nom de Demi Vollering puisque l'arrivée finale du Tour de France femme 2025 a eu lieu là-bas avec un final à couper le souffle avec trois championnes en moins de 10 secondes au classement général" s'enthousiasme-t-il. "Le 11, c'est le virage de Bernard Hinault par exemple" poursuit-il et celui du dernier vainqueur en date, le Français Thibaut Pinot en 2015, a vu son nom inscrit sur le 14e panneau à 1.055 mètres, aux côtés du nom du Suisse, Beat Breu.
3. La légende des repères pour les chasse-neige
Selon la légende, les virages de l'Alpe d'Huez étaient numérotés pour servir de repère aux chasse-neige et leur permettre de savoir où ils se situaient dans la montée vers la station. Ce sont deux "locaux", un artiste et un hôtelier de l'Alpe, qui ont convaincu, en 1952, les organisateurs de passer par la station des Alpes du Nord. On dit aussi que ces virages ont été installés pour indiquer aux touristes l'approche de la station.
4. Le virage numéro 7, dit "le virage des Hollandais"
Dans les années 1970, l'Alpe d'Huez est au retour du programme de la Grande Boucle. Les victoires hollandaises se multiplient (Zoetemelk, Kuiper, Winnen, Rooks, Theunisse) et la ferveur du public hollandais avec. Depuis Joop Zoetemelk en 1976, ce sont même les Pays-Bas qui totalisent le plus grand nombre de victoires à l’Alpe d’Huez ! De quoi justifier la prise d'assaut des 21 virages par les caravanes et les fans de vélo venus du Plat Pays. Particulièrement dans un virage : LE virage où il faut être si l'on veut faire la fête, le numéro 7, celui dit "des Hollandais". Là, avec parfois plusieurs semaines à l'avance, ils se réunissent, les camping-cars perchés entre la route et le vide, avec un seul but : faire la fête.
Qui n'a pas passé une soirée dans le virage n°7 une veille du passage du Tour de France n'a pas vraiment fait la fête dans sa vie. Déjantées, joyeuses, (très) bruyantes, les soirées dans le virage des Hollandais sont devenues presque aussi mythiques que la montée des virages de l'Alpe. Et si, depuis 1988, aucune nouvelle victoire n'a couronné un cycliste hollandais, la ferveur des supporters, elle, demeure.
5. Un stade de vélo à ciel ouvert
L'Alpe ne fait pas que le bonheur des supporters hollandais. Pendant le passage du Tour, la montée se transforme en véritable stade du vélo à ciel ouvert. C'est toujours un moment très fort pour le public.. et les coureurs. Thibaut Pinot, le dernier vainqueur en 2015, le dit lui-même : "ça a été un des moments les plus forts de ma carrière".
"C'est le mythe de l'Alpe d'Huez", se souvient-il aujourd'hui. "En tant que grimpeur, gagner ça, c'est quelque chose d'unique. Et pour un coureur français, c'est la victoire que tous les Français veulent. [...] C'est quelque chose d'incroyable à vivre. C'est impressionnant. L'ambiance est digne d'un stade, c'est même mieux qu'un stade" conclut le Français, onze ans après.
6. Où trouver la meilleure vue ?
Vous l'aurez compris, pour faire la fête, c'est au numéro 7, mais pour profiter de la vue, c'est autre chose. Cette étape permet aux spectateurs de s'installer confortablement dans les pentes de la montée pour voir les coureurs dans leur dernier effort avant l'arrivée à la station. On vous conseille les numéros 3 et 4, c'est là que vous trouverez la vue la plus dégagée. Mais attention, l'Alpe d'Huez ça se mérite : il faut arriver très très en avance pour avoir une petite chance d'être bien placé.
7. L'Alpe d'Huez, jamais la même montée
L'Alpe d'Huez ne se monte pas qu'une fois, de bas en haut. À chaque passage, il faut innover, pour ne pas lasser le public. Cette année, après quatre ans sans l'Alpe, les 21 virages et L'Oisans reviennent en force avec quatre jours d'étape en Isère, dont deux arrivées à l'Alpe d'Huez. De quoi combler un peu le manque des fans de cyclisme. Pour varier les plaisirs, en 2013, les organisateurs avaient choisi de faire grimper deux fois les 21 virages aux coureurs. Tandis qu'en 1979, le Tour comportait aussi deux arrivées à l'Alpe d'Huez, ou encore en 2004, quand un contre-la-montre avait été organisé au départ du Bourg-d'Oisans, dans la vallée.
8. Un record inégalé, celui de Pantani
Trois décennies après, personne n'a réussi à faire tomber le chrono de Marco Pantani, monté en 36'40'' en 1995. En 2022, le duel Pogačar-Vingegaard, pourtant très disputé, s'est joué à un rythme largement inférieur à celui de l'Italien, confirmant que ce record reste, à ce jour, hors de portée des coureurs modernes. Lors de cette 12e étape entre Briançon et l'Alpe d'Huez, c'est finalement Tom Pidcock qui l'avait emporté. Ce jour-là, es trois premiers du classement général, Jonas Vingegaard, Tadej Pogacar et Geraint Thomas avaient gravi les 21 virages en 39' 08''.
Pantani, lui, a remporté le Tour en 1998, mais sa carrière s'est achevée sur fond de dopage et il est décédé six ans plus tard, en 2004, d'une overdose de cocaïne.
9. Des images fortes... et quelques dérapages
L'Alpe d'Huez, ce sont aussi des scènes devenues iconiques, de l'arrivée main dans la main de Bernard Hinault et Greg LeMond en 1986 au scandale Pollentier en 1978 : il avait décroché le maillot jaune à l'Alpe d'Huez mais avait ensuite été sanctionné pour avoir tenté de truquer un contrôle anti-dopage. Mais la montée a aussi son revers : en 2018, Christopher Froome avait été bousculé par un spectateur, tandis que Vincenzo Nibali avait chuté lourdement à quatre kilomètres de l'arrivée après avoir heurté une moto de la police, un épisode qui l'avait contraint à l'abandon avant l'étape suivante.
Tour de France 1986 : Hinault et LeMond à l'Alpe d'Huez
10. Une étape souvent décisive
Ce n'est pas la montée la plus dure du Tour - pente moyenne de 8 % sur presque 14 km -, mais elle est souvent décisive. On dit que celui qui passe l'Alpe d'Huez en jaune garde son maillot de leader jusqu'aux Champs-Élysées. Sur les 31 arrivées, il n'y a que sept contre-exemples..
En savoir plus
- Le profil de la 19e étape de Gap à l'Alpe d'Huez
- Le profil de la 20e et avant-dernière étape entre Le Bourg-d'Oisans à l'Alpe d'Huez