Tour de France 2026 – Quatrième, Paul Seixas prend déjà rendez-vous : "J'ai constaté sur ce Tour que j'en étais capable"
La montagne a souvent le pouvoir de ramener chacun à sa vraie condition. Talent XXL déjà attendu par toute la France comme le successeur de Bernard Hinault, dernier vainqueur tricolore du Tour en 1985, Paul Seixas a vu sa carapace se fendre samedi au sommet de l'Alpe d'Huez. Habituellement tellement maître de ses émotions et d'un destin qu'il veut être le seul à piloter, le Lyonnais est redevenu le grand adolescent ou ce jeune adulte de 19 ans quand il expulsa un profond sanglot dans les bras de ses parents, juste derrière la ligne d'arrivée de la 20e étape. Le râle d'un moteur qui toussote quand le réservoir de carburant est vide.
Dixième samedi de l'étape la plus difficile de l'histoire du Tour avec ses 5 450 mètres de dénivelé répartis sur 170 kilomètres, le coureur de chez Decathlon CMA CGM a touché pour la première fois des limites qu'il repoussera un peu plus loin dans quelques mois, c'est certain. Aspiré par l'ambition inscrite dans l'ADN, le dernier vainqueur du Tour du Pays basque a voulu tout tenter pour marquer un peu plus l'histoire et déloger Isaac Del Toro de cette troisième place au général (et du maillot blanc qui allait avec) qu'il lorgnait. Dans le col de Sarenne, Paul Seixas a ainsi fait rouler ses équipiers pour tenter de décrocher le Mexicain.
"Je me sentais vraiment bien au départ et dans le Galibier. Et puis, à la fin, j'ai craqué. C'est comme ça, ça fait partie du vélo. Je suis forcément déçu de ne pas avoir pu me battre plus que ça pour le podium, soufflait-il. Mais il y a un moment où j'ai atteint mes limites, et j'ai craqué. J'ai essayé d'être plus fort que d'habitude et j'ai explosé."
guillementC'est un petit peu en deçà de mes ambitions.
Un surrégime bien légitime pour un coureur qui n'avait alors encore jamais disputé plus de huit jours de course consécutifs. Quatrième de son premier Tour de France à un peu plus de deux minutes de la troisième place du podium, celui que tout l'Hexagone a déjà rebaptisé Paulo relativisait quelques heures plus tard.
"Ce classement final est un petit peu en deçà de mes ambitions, mais c'est sûr que, dans quelques jours, quand je regarderai en arrière, ce sera forcément une fierté. J'ai beaucoup appris sur ces trois semaines comme le fait qu'un grand tour est une course différente d'une autre épreuve par étapes et que, sur le Tour, il y a plein d'autres choses à gérer que simplement pédaler. Mais physiquement et mentalement, j'ai aussi constaté que j'en étais capable. Cela va me donner de la caisse, de l'expérience et de la maturité pour la suite. Je crois que c'est assez normal d'avoir encore une marge de progression à mon âge. Je me suis laissé porter dans cette découverte. Ai-je pris rendez-vous pour les prochaines années ? C'est difficile à dire, je ne sais pas quelles seront mes ambitions à l'avenir, mais j'espère en tout cas être présent le plus tôt possible !"
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