Tour de France 2026 – "Remco est vraiment en pleine forme !": l'entraîneur d'Evenepoel confiant avant les deux étapes décisives de l'Alpe d'Huez
Acté début mai, le changement d'entraîneur de Remco Evenepoel a été beaucoup moins médiatisé que son passage, quelques mois plus tôt, sous le maillot de la formation Red Bull-BORA-hansgrohe. Ce pourrait pourtant bien être l'élément le plus éclairant du degré de compétitivité du Brabançon sur ce Tour de France.
Après quelques mois de collaboration avec le Luxembourgeois Dan Lorang, le coureur de Schepdael est désormais coaché par le Néerlandais Tim Heemskerk, l'ancien entraîneur d'un certain Jonas Vingegaard. Un technicien réputé pour son souci du détail que le double vainqueur du Tour avait autrefois présenté comme "à cheval sur chaque millimètre". D'une nature discrète, le Limbourgeois a accepté de se confier dans un grand entretien au média néerlandais Wielerflits. Extraits.
La prise de contact avec Evenepoel
"Mi-mai, j'ai rejoint Remco et l'équipe en Sierra Nevada afin que nous puissions apprendre à mieux nous connaître. Ce qui m'a très vite marqué lors de ce stage en altitude, c'est que Remco possède une personnalité très différente de celle de Jonas avec qui j'ai longtemps travaillé. Le Belge est le premier à faire une blague pour mettre de l'ambiance dans un groupe. Alors qu'avec le Danois, il fallait parfois scruter deux fois complètement la pièce afin de s'assurer qu'il était bien là…
guillementRemco est beaucoup plus direct que Vingegaard.
Remco est aussi beaucoup plus direct dans sa communication. À 26 ans, et avec le palmarès qui est le sien, il faut dire qu'il est à un stade bien plus avancé de sa carrière que Jonas lors du début de notre collaboration (NdlR : en 2019)."
"Les deux derniers coureurs qui ont battu Pogacar à la pédale sont belges !": Remco Evenepoel gonfle la confiance du sélectionneur pour le MondialLes clés de sa méthode
"En tant que coach, j'aime travailler à rebours. Je pars du moment auquel un coureur a réellement besoin d'être performant pour ensuite construire un rétroplanning. Pour Remco, sur ce Tour, il s'agissait de l'étape du Markstein (14e étape, samedi dernier). Construire et élaborer un programme à partir de là a été vraiment passionnant. Pour être efficace dans les données de ce plan de vol, j'ai aussi besoin d'analyser en profondeur l'athlète. J'essaie de me faire une image aussi précise que possible de ses capacités physiologiques. Lors des premières séances en Sierra Nevada, j'ai surtout pris soin d'observer Remco. Je voulais que la transition soit fluide entre ses habitudes à l'entraînement et les nouveaux stimuli que je voulais introduire afin de développer certaines qualités. Et le coureur m'a tout de suite suivi, il a montré une vraie ouverture à l'innovation. Je partais d'une forme d'a priori en me disant qu'un coureur aussi expérimenté risquait de s'accrocher à ses méthodes habituelles, mais Remco a tout de suite manifesté sa confiance afin d'ajuster ou d'ajouter certains éléments. Un bon entraîneur, à mes yeux, ce n'est pas un gars qui sert au coureur le programme qu'il a envie d'avoir. Mais tout doit reposer sur l'échange et notre interaction a tout de suite été très positive. Et je crois que ce qu'il montre jusqu'ici sur ce Tour va encore renforcer un peu plus notre relation."

Le choix des deux mois sans compétition
"Lors de mon expérience avec Jonas Vingegaard, j'avais constaté qu'une forme de fatigue nuisait à la qualité de son entraînement dans la foulée de ses participations à Liège-Bastogne-Liège (3 participations entre 2020 et 2022). Pour Jonas, il était facile de faire le choix d'une impasse sur la Doyenne mais pour Remco, c'était évidemment très différent. Après un printemps éprouvant, le Belge avait tout simplement besoin de repos avant de pouvoir travailler de manière optimale en stage en altitude.
guillementLes deux mois sans course ont permis de mieux travailler en stage.
Si nous avions choisi d'intégrer des courses dans l'agenda, le calendrier qui devait nous mener au Tour de France devenait alors trop serré. L'autre avantage de ce choix, comme je l'ai laissé comprendre en amont, c'est aussi que cette période nous a permis d'apprendre à bien travailler ensemble."
Solaison pour y tester ses limites
"Lors des premières semaines d'entraînement, j'ai surtout veillé à ralentir Remco. Il devait encore apprendre à gérer ses efforts. Ce n'est que pendant le mois qui a précédé le Tour que nous avons réellement lâché les chevaux. Nous avons alors ajouté de longs blocs d'entraînements avec des objectifs très précis. Lors du stage à Combloux, le plateau de Solaison est devenu le terrain de nombreux de nos exercices. On s'y est entraîné à gérer les moments où Remco accélère à une puissance extrêmement élevée. Le but était de tenter de mesurer certaines limites : combien de temps puis-je tenir ? Puis-je tenir à cette allure jusqu'au sommet ?
guillementRemco devait apprendre à gérer ses efforts.
Ce qui est formidable avec Remco, c'est qu'il est capable de faire un retour extrêmement précis sur ses sensations. Il n'est pas nécessaire de lui poser 1 000 questions. Depuis le début de ce Tour, Remco est vraiment en pleine forme, ces deux victoires d'étapes le prouvent. Au regard de cette condition et du boulot que nous avons réalisé en amont, nous pouvons être confiants pour la suite de ce Tour. Mais comme notre collaboration est encore assez fraîche, ce n'est qu'une fois à Paris que nous pourrons affirmer que tout s'est déroulé comme prévu. Ce qui est déjà certain, en revanche, c'est que les bases sont extrêmement solides…"
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