Annonce à ses coéquipiers, histoire d'assurances... L'imbroglio autour de la retraite, ou non, de Macalou

Annonce à ses coéquipiers, histoire d'assurances... L'imbroglio autour de la retraite, ou non, de Macalou

Après avoir annoncé lundi à ses coéquipiers qu’il mettait un terme à sa carrière, Sekou Macalou (31 ans, 20 sélections) a depuis brouillé les pistes.

Tout avait commencé comme un lundi ordinaire. Dans la salle vidéo du Camp des Loges, à Saint-Germain-en-Laye, les soldats roses revenaient sur les grandes lignes de leur dernière victoire face à Lyon. On débriefait, on corrigeait, on préparait déjà la suite quand, soudain, des photos de Sekou Macalou, en fin de contrat à Paris, apparurent sur l’écran géant. Le troisième ligne se leva. Le géant d’1,95 m et 115 kg expliqua alors à ses partenaires qu’il avait décidé de stopper sa carrière mais qu’il les aimait et qu’il continuerait à les soutenir. Il leur promit aussi un grand repas, bientôt, avec tous les copains, histoire de sceller tout ça. Dans la pièce, le coup fut rude. Quelques secondes de silence, des regards qui se croisent, puis les joueurs vinrent l’étreindre. Alors, la vie du club reprit ses droits : séance mentale pour les avants, skills pour les trois-quarts. Depuis la reprise, le Tricolore, gêné par une blessure récalcitrante aux hanches, était de toute façon devenu une présence intermittente au Stade Français.

Un athlète hors norme

Puis vint le rétropédalage. Après la publication de l’information sur Rugbyrama, Macalou démentit sur Instagram avoir annoncé sa retraite, évoquant simplement une opération et un éloignement prolongé des terrains. Le reverra-t-on pourtant en action en Top 14 ? Rien n’est moins sûr. Son annonce de lundi dans l’intimité du vestiaire ne prêtait, selon plusieurs témoins (au moins six), à aucune ambiguïté. Le troisième ligne a-t-il été trop vite en besogne ? Sans doute. Des questions administratives et assurantielles restent à régler. Ici, l’enjeu est également économique. Macalou possède le plus gros contrat de l’effectif parisien mais, tant qu’il demeure en arrêt maladie, son absence ne libère pas mécaniquement de masse salariale. La question se posera surtout à partir de la saison prochaine.

Pour rappel, il avait d’ailleurs semé lui-même le doute un an plus tôt : "Le temps passe, les saisons défilent… Parfois une dernière, parfois une nouvelle. Celle-ci aura un goût unique !" Macalou disputa finalement 18 matchs lors de l’exercice 2025-2026, pour seulement huit titularisations. Trop peu pour un joueur de ce calibre. Car c’est peut-être là que cette histoire, si elle prenait fin de la sorte, devient vertigineuse. Quel athlète, Sekou. En vingt ans à fréquenter les terrains de rugby, on en a vu passer des phénomènes. Des comme lui ? Très rarement. Un de ses coéquipiers raconte : "Quand je suis arrivé au Stade Français, les prépas nous ont demandé de faire des tractions. Pour montrer que j’étais motivé, j’ai rajouté vingt kilos entre mes jambes. Puis Sékou est arrivé : il a pris cinquante kilos et a sorti douze tractions sans forcer. Avec son poids de corps, en plus… Ce mec est hors norme. Je n’ai jamais vu un athlète pareil dans ma carrière."

Laurent Labit, alors bras droit de Galthié chez les Bleus, disait en 2022 que "Macalou va plus vite que beaucoup d’ailiers du Top 14". Des pointes autour de 36 km/h. Imaginez 115 kg lancés à cette allure. Et si, par miracle, vous parveniez à le freiner, ses bras tentaculaires lui permettaient encore de faire vivre le ballon. Avec de telles qualités, Macalou semblait programmé pour quelques Brennus et quatre-vingts sélections. Il n’en compte que vingt, dont seulement quatre comme titulaire, et un seul trophée en club, le Challenge européen 2017. C’est donc toute l’énigme Macalou. Un joueur aux possibilités presque infinies dont le talent aura toujours débordé le palmarès. Une personnalité également difficile à saisir : peu d’interviews, encore moins de confidences, quelques fragments livrés sur les réseaux sociaux. Un gamin de Sarcelles devenu un colosse du rugby français avant de choisir, de vivre dans le plus grand des secrets… sauf sur les réseaux sociaux. Lundi, au Camp des Loges, ses partenaires ont donc cru comprendre que l’histoire était terminée. Mardi, Macalou leur a rappelé qu’avec lui, rien n’était jamais aussi simple.