Un ado sur cinq victime d’abus sexuels en ligne : ce rapport choc de l’Unicef alerte sur l’usage d’internet par les plus jeunes
Environ 20 millions d’enfants ont subi des abus sexuels en ligne dans 21 pays au cours des 12 derniers mois, selon un rapport publié le jeudi 3 septembre par l’Unicef. L’étude révèle que près de 60 % de ces violences surviennent sur les réseaux sociaux, avec moins de 1 % de signalements aux autorités.
Ce qu’il faut retenir :
- Selon un rapport de l’Unicef publié ce 3 septembre, environ 20 millions d’enfants de 12 à 17 ans dans 21 pays (dont le Kenya, le Brésil et la Serbie) ont été victimes d’exploitation ou d’abus sexuels en ligne en un an.
- Près de 60 % de ces abus surviennent sur les réseaux sociaux (Facebook, WhatsApp, Instagram, Snapchat, TikTok). L’IA aggrave le phénomène : 1,1 million d’enfants dans neuf pays disent avoir été visés par des visuels à caractère sexuel.
- L’Unicef alerte sur une détresse mentale majeure, avec moins de 1 % des cas signalés aux autorités, et réclame un renforcement urgent des législations et de la sécurité des plateformes par les gouvernements et les géants du Web.
Environ vingt millions d’enfants utilisateurs d’internet dans 21 pays ont été victimes d’exploitation ou d’abus sexuels sur des plateformes numériques en un an, selon un rapport publié ce jeudi 3 septembre par l’Unicef.
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L’agence estime que plus d’un enfant sur cinq âgé de 12 à 17 ans en Afrique, en Asie, en Amérique latine et en Europe de l’Est a subi au moins une forme d’abus ou d’exploitation sexuelle en ligne au cours de l’année précédant l’enquête.
15 millions d’enfants exposés à des contenus sexuels non sollicités
Selon le rapport, environ 15 millions d’enfants ont été exposés à des contenus sexuels non sollicités, neuf millions ont subi des pressions pour participer à des conversations à caractère sexuel ou partager des images intimes, tandis que quatre millions ont vu de tels contenus diffusés sans leur consentement.
L’Unicef indique que le nombre d’enfants concernés dans le monde atteint probablement plusieurs dizaines de millions.
L’étude repose sur des sondages représentatifs réalisés entre 2020 et 2025 auprès d’environ 21 000 enfants utilisateurs d’Internet dans 21 pays, dont le Kenya, le Pakistan, le Brésil et la Serbie.
Plus de la moitié des abus via les réseaux sociaux
Près de 60 % des abus signalés ont eu lieu sur les réseaux sociaux, principalement Facebook, WhatsApp, Instagram, Snapchat et TikTok, selon le rapport. Quelque 14 % des cas se sont produits dans le cadre de jeux en ligne.
Un porte-parole de Meta (Facebook, WhatsApp et Instagram), a déclaré que certaines données remontaient à 2020, avant l’adoption de plusieurs mesures de protection recommandées par l’Unicef, notamment le paramétrage par défaut des comptes d’adolescents en mode privé.
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"Bien que le rapport ne fournisse aucune preuve spécifique d’abus, nous poursuivrons sans relâche nos efforts pour lutter contre l’exploitation des enfants sur nos applications et pour aider les autorités à poursuivre les auteurs de ces crimes", a déclaré le porte-parole.
Snapchat a indiqué lutter contre l’extorsion sexuelle en ligne au moyen d’outils de détection, de signalement des utilisateurs, de suppression de comptes et de dispositifs de sécurité, selon un billet de blog de sa responsable mondiale de la sécurité, Jacqueline Beauchere.
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TikTok a déclaré avoir renforcé la protection des enfants grâce à plusieurs mesures, dont la limitation de certaines fonctionnalités, la mise en mode privé par défaut des comptes des mineurs et des technologies de détection des comportements potentiellement prédateurs.
Selon l’Unicef, plus de la moitié des cas impliquaient une personne connue de l’enfant, y compris un ami, un membre de sa famille ou un partenaire, tandis que 38 % des victimes ont rencontré l’auteur des faits pour la première fois en ligne.
Moins de 1 % des cas ont été signalés à la police, à un travailleur social ou à une ligne d’assistance.
L’IA n’arrange pas les choses
Le rapport souligne les inquiétudes croissantes liées à l’intelligence artificielle (IA). Dans neuf pays couverts par l’étude, environ 1,1 million d’enfants ont déclaré avoir été représentés dans des images ou vidéos sexuelles générées par l’IA.
Les enfants victimes étaient près de quatre fois plus susceptibles de faire état de pensées suicidaires ou d’automutilation et présentaient des niveaux d’anxiété nettement plus élevés que leurs pairs, indiquent les auteurs de l’étude.
"Ces expériences provoquent une profonde détresse émotionnelle et mentale. Beaucoup d’enfants souffrent en silence, ne sachant pas vers qui se tourner pour obtenir de l’aide", a déclaré la directrice générale de l’Unicef, Catherine Russell.
L’Unicef appelle les gouvernements et les entreprises technologiques à renforcer la sécurité des plateformes numériques, à adapter les législations aux nouvelles formes d’abus, notamment celles liées à l’IA, et à améliorer les mécanismes de protection et de signalement.