Un échevinat de la canicule pourrait voir le jour à Écaussinnes : "On ne peut plus se croiser les bras en comptant les morts !"

Un échevinat de la canicule pourrait voir le jour à Écaussinnes : "On ne peut plus se croiser les bras en comptant les morts !"

Les épisodes de fortes chaleurs se multiplient et les communes cherchent à s'adapter. À Écaussinnes, une réflexion est actuellement menée autour de la création d'un échevinat… de la canicule. L'objectif ne serait pas de créer un nouveau poste, mais de confier à un échevin déjà en fonction une compétence spécifique afin de mieux anticiper et coordonner les mesures face aux vagues de chaleur. Il s'agirait d'une première en Belgique.

Si la Belgique est réputée pour son climat plutôt maussade et pluvieux, force est de constater que les étés sont de plus en plus chauds, voire caniculaires. Face à ces phénomènes météorologiques extrêmes, les communes cherchent à s'adapter. "Les températures grimpent, les citoyens subissent les chaleurs et, malheureusement, le nombre de décès augmente", souligne Sébastien Deschamps, bourgmestre d'Écaussinnes.

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À l'initiative d'Étienne Van Honacker, président du CPAS et médecin généraliste, une première réunion s'est donc tenue afin d'envisager la création d'une compétence scabinale dédiée. "Face à cette situation, qui était connue et prévisible, je suis un homme en colère", confie-t-il. "On savait que ces phénomènes allaient se produire, mais on n'a rien anticipé. Aujourd'hui, les mesures classiques ne suffisent plus. On ne peut plus se croiser les bras en comptant les morts."

Le président du CPAS insiste sur l'urgence d'agir. "La priorité des priorités, c'est le bâti. Nous avons demandé un relevé des températures dans les salles de classe de nos quelque 1 000 élèves. Il en ressort que certaines atteignent 35 à 40 degrés. Peut-on demander à des enfants ou à des adultes de travailler dans de telles conditions ?"

Pour lui, le problème dépasse largement les seules personnes âgées. "La surmortalité touche aussi des personnes de 35 à 45 ans ainsi que de jeunes enfants, touchés par une hyperthermie car ils évoluent dans des bâtiments surchauffés. Il faut tirer les leçons de ce que nous vivons. Plus personne ne peut dire "nous ne savions pas."

Une réflexion transversale

Autour de la table figuraient notamment le bourgmestre, le directeur général, les services Urbanisme et Environnement, le conseiller en prévention, les responsables des bâtiments. Parmi les premières pistes évoquées figure l'amélioration des bâtiments communaux afin de limiter leur surchauffe. "Nous avons toujours construit des bâtiments pour résister au froid. Désormais, il faut aussi les adapter à la chaleur", estime Étienne Van Honacker.

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"À chaque rénovation, il faudra penser à l'isolation des toitures, à la végétalisation, mais aussi à l'installation de volets. À la maison de repos, par exemple, nous réfléchissons à poser des volets afin de limiter le recours à la ventilation." Le président du CPAS précise toutefois que les moyens communaux ne suffiront pas. "Notre budget n'est pas extensible. Il faudra obtenir le soutien des autorités régionales et fédérales pour mettre en place ces adaptations."

À plus court terme, plusieurs mesures pourraient également voir le jour. "Il faut prévoir des tournées d'hydratation auprès des personnes isolées, mettre davantage de lieux frais à disposition de la population, rendre l'eau plus accessible dans les espaces publics ou encore encourager la consommation de fruits et légumes, adapter les horaires dans les écoles ou sur les lieux de travail." La commune envisage également de réaliser un fascicule reprenant les bonnes pratiques à adopter en période de canicule, ainsi que les comportements à éviter.

"Il faut refonder notre manière de penser ces épisodes de chaleur", conclut Étienne Van Honacker. "Le tout sans tomber dans le piège de la climatisation, qui est coûteuse et n'apporte pas toujours une réponse durable. Aujourd'hui, il faut surtout empêcher les bâtiments de surchauffer." Des mesures à court, à moyen et à long terme seront ainsi balisées, si cet échevinat voit le jour. "Il s'agissait d'une première réunion, nous ne souhaitons pas aller trop vite", insiste Sébastien Deschamps.

Une seconde réunion est d'ores et déjà planifiée. "Ensuite, nous verrons s'il est opportun d'ajouter officiellement cette compétence au portefeuille d'un échevin. Nous sommes encore au stade de la réflexion." Pour Étienne Van Honacker, pas question de rester les bras croisés. Agir maintenant n'est, à ses yeux, plus une option mais une nécessité absolue.

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