Un ménage maralpin sur deux achète en Italie : comment la frontière s’installe dans les habitudes

Un ménage maralpin sur deux achète en Italie : comment la frontière s’installe dans les habitudes

En 2024, un ménage sur deux des Alpes-Maritimes a effectué au moins un achat physique en Italie. Une proportion très supérieure à celle observée dans l’ensemble de Provence-Alpes-Côte d’Azur, où elle atteint 27 %. La proximité de la frontière explique naturellement une part de cet écart. Mais l’étude de l’Insee met aussi en lumière une pratique de consommation désormais bien ancrée.

Les ménages maralpins concentrent à eux seuls 54 % des dépenses réalisées en Italie par les ménages de la région. Pour ceux qui ont franchi la frontière afin d’y consommer, la dépense moyenne atteint 960 euros sur l’année, pour 18 opérations. De quoi dépasser l’image de l’arrêt opportuniste à Vintimille : pour certains foyers, les achats transfrontaliers sont entrés dans l’organisation du quotidien.

Alimentation et tabac en première ligne

Les courses alimentaires pèsent lourd dans ce panier italien. Dans les Alpes-Maritimes, elles représentent 31 % des dépenses effectuées de l’autre côté de la frontière, supermarchés compris, une part supérieure à la moyenne régionale. L’Insee y voit le signe que certains ménages réalisent « une partie de leurs courses au-delà des frontières », à la recherche de tarifs plus avantageux, notamment sur l’alcool.

Le tabac constitue un autre moteur majeur. Les bureaux de tabac italiens absorbent 17 % des dépenses des ménages azuréens réalisées en Italie. Entre 2023 et 2024, les dépenses régionales dans ces commerces ont augmenté de plus de 35 %, dans un contexte de creusement des écarts de prix entre les deux pays.

La frontière devient une habitude

Le phénomène ne se limite pas aux passages occasionnels. Parmi les ménages des Alpes-Maritimes ayant acheté en Italie, 23 % le font régulièrement, au moins un mois sur deux. Et il dépasse les seules communes limitrophes. L’enquête de l’INSEE ne permet pas d’affirmer que chaque déplacement répond directement à la baisse du pouvoir d’achat. Elle confirme en revanche l’attractivité commerciale de l’Italie et l’installation progressive de la frontière dans les arbitrages de consommation des Azuréens.