Un opioïde plus puissant que le fentanyl a fait huit morts à…
La santé publique de Montréal sonne l’alarme : huit personnes sont mortes depuis avril après avoir consommé du carfentanil, un opioïde 100 fois plus puissant que le fentanyl.
Cette substance circule dans la métropole depuis « un bon bout de temps », a indiqué le Dr David Kaiser, directeur médical adjoint de la Direction régionale de santé publique de Montréal. Le nombre de surdoses récentes qui y sont liées pousse toutefois les autorités sanitaires à appeler les consommateurs à redoubler de prudence.
Plus largement, 22 personnes sont mortes d’une surdose à Montréal en juin, toutes substances confondues, a précisé le Dr Kaiser. « On avait plutôt une moyenne d’environ 16 par mois pour les mois précédents. Si la tendance se maintient en juillet et ressemble à juin, on va avoir une augmentation de 40 % par rapport aux derniers mois. »
Jusqu’à présent, 11 Québécois ont péri en raison d’une intoxication en juillet.
Outre la présence du carfentanil, le médecin estime que les épisodes de chaleur pourraient aussi avoir contribué à cette hausse. « Ça vient jouer un rôle dans le stress que ça met sur le corps. »
Interventions et crise du logement
La santé publique de Montréal observe également une hausse marquée des surdoses non mortelles ayant nécessité l’administration de naloxone pour renverser les effets des opioïdes.
De telles interventions ont été réalisées à 925 reprises depuis le début de 2026, comparativement à 900 pour l’ensemble de 2025. « On a atteint les mêmes chiffres à mi-chemin de l’année que ceux atteints à la fin de l’année 2025. Et ça continue. C’est préoccupant », a affirmé le Dr Kaiser.
Pour le directeur médical adjoint à la santé publique montréalaise, cette hausse des surdoses ne peut être dissociée de la crise du logement et de l’itinérance. Les personnes qui ont un toit sont davantage en mesure de contrôler ou réduire leur consommation, a-t-il expliqué.
Il faut donc « améliorer l’accès au logement social et communautaire et éviter les pertes de logement et les évictions », a-t-il ajouté.
Dans l’espace public
Les décès des derniers mois sont par ailleurs survenus principalement dans des lieux publics, a souligné le Dr David Kaiser.
« Ce sont des gens qui ont peut-être été vus par des passants […] et il y avait une possibilité d’intervention. Malgré ça, on constate leur décès. »
Le médecin rappelle à la population l’importance d’intervenir dans ces cas. « Si quelqu’un semble être en situation de surdose […] et qu’on a de la naloxone, on la donne. » À défaut d’en avoir à portée de main, il faut composer le 911 sans délai.