Un professeur particulier jugé pour violences sexuelles sur ses élèves, dont plusieurs viols sur des fillettes, à l’Île Maurice
En 2021, une collégienne confiait à sa mère avoir été violée lorsqu’elle avait entre huit et dix ans. L’adolescente portait ensuite plainte, comme deux autres mineures.
A la police, la jeune fille a expliqué que le mis en cause lui avait montré à plusieurs reprises des vidéos pornographiques, puis imposé des « cours » pour apprendre à « faire des fellations » et une pénétration, d’après l’ordonnance de mise en accusation dont l’AFP a eu connaissance.
Un récit d’autant plus compliqué à formuler que ce professeur se montrait « doux », « patient » et la « félicitait » même, puis était devenu le compagnon de sa mère. Cette dernière l’a quitté après les accusations portées par sa fille.
A la police, la mère décrivait son ancien petit ami comme « très spirituel », « parlant beaucoup d’amour et de bonheur ». Un comportement qu’elle interprète aujourd’hui « comme celui d’un gourou », selon l’ordonnance.
Une information judiciaire était ouverte en décembre 2022 et l’homme était mis en examen. Sollicité par l’AFP, son avocat, Ouadie Elhamamouchi, n’a pas souhaité s’exprimer.
Devant la juge d’instruction, l’accusé s’est défendu de toute infraction, décrivant la collégienne comme « manipulée » par son père, supposément jaloux de sa relation avec sa mère. Mais cette hypothèse de la vengeance « n’a jamais été objectivée en procédure », a souligné la juge à l’issue des investigations.
L’information judiciaire a donné lieu à l’identification d’autres victimes, selon les enquêteurs. Le père de deux parties civiles a estimé que le professeur avait réussi à « s’immiscer » dans le quotidien de sa famille.
Au total, l’homme est renvoyé pour viols commis sur trois fillettes, entre 2012 et 2017. Il sera aussi jugé pour corruption de ces fillettes et de deux autres mineurs âgés de moins de quinze ans, entre 2013 et 2017 : il est soupçonné de leur avoir montré des vidéos pornographiques, prétextant les initier à la sexualité.
L’accusé devra également répondre de soupçons d’agressions sexuelles sur une mineure et de viol en janvier 2017 sur sa nièce.
Du côté des parties civiles, Mes Sébastien Schapira et Rachid Madid n’ont pas souhaité commenter.