"Un rite vénéneux" : Carla Bruni se confie sans tabou sur son addiction à l'alcool et son secret pour rester sobre

"Un rite vénéneux" : Carla Bruni se confie sans tabou sur son addiction à l'alcool et son secret pour rester sobre

Carla Bruni parle rarement aussi frontalement de ses addictions.

Dans Merci pour le non, le livre d’Élisa Tovati paru mercredi 21 octobre aux éditions du Rocher, la chanteuse revient sur les années où l’alcool et le tabac lui servaient de refuge. Quelques mois plus tôt, en juin, elle avait déjà expliqué s’être lancé un défi très personnel : ne plus boire. Derrière cette décision, il y a aussi Giulia, sa fille, qui lui avait demandé de tenter une année entière sans alcool.

Avec le recul, Carla Bruni décrit ce que ces habitudes représentaient vraiment pour elle. "Pendant longtemps, mes addictions au tabac et à l’alcool ont été pour moi un véritable soutien. Elles me permettaient d’anesthésier certaines émotions, certaines douleurs, et de tenir debout. Même si on peut la déguiser en plaisir, l’addiction a quelque chose de morbide que l’on ne peut pas ignorer..." Aujourd’hui, elle ne parle plus de simple consommation, mais d’un combat qui demande une attention permanente.

La méthode qu'a emprunté Carla Bruni aux Alcooliques anonymes

Pour rester sobre, Carla Bruni s’appuie notamment sur les principes des Alcooliques anonymes, même si elle précise ne jamais avoir suivi directement leur programme. "Le seul vrai traitement contre les addictions, c’est l’abstinence et la sobriété. Pour l’alcool, la thérapie des 12 étapes proposée par les Alcooliques anonymes a déjà sauvé des milliers de vies. Je ne l’ai jamais pratiquée directement, mais j’utilise leur technique et leur enseignement pour rester sobre, et je ressens un grand plaisir à la sobriété. Car l’addiction est une maladie mentale qui a les allures d’une sorte de rite, sacré et vénéneux."

Une autre promesse compte dans son quotidien. Dans le podcast Sens et confidences de Judith Beller, Carla Bruni avait raconté une conversation très simple avec Giulia : "J’ai fait une promesse à ma fille qui m’a dit 'Tiens, ne bois pas d’alcool pendant un an.' J’ai dit 'D’accord'." Ce défi familial s’est donc ajouté à une démarche plus ancienne, avec une règle claire : ne pas chercher à négocier avec l’alcool, mais rester dans la sobriété.

Nicolas Sarkozy, Giulia et la peur de transmettre son addiction

Carla Bruni a aussi connu des périodes où la pression s’est faite moins forte. Elle cite notamment ses années à l’Élysée aux côtés de Nicolas Sarkozy. "Quand j’étais à l’Élysée, ça n’a pas augmenté. Au contraire, ça a un peu diminué, parce que mon mari a été une source de protection énorme pour moi et cela a apaisé une angoisse ancienne. Mon mari est très protecteur avec sa famille et, bien que l’Élysée ne soit pas un lieu anodin et propice à la sérénité, je me suis sentie en sécurité."

Mais elle refuse de considérer le problème comme définitivement derrière elle. "Je n’ai pas quitté totalement mes addictions, car cette maladie n’est pas une affaire de situation extérieure, mais au contraire de situation intérieure. C’est une affaire de soi à soi..." Sa vigilance tient aussi à ses enfants. "Je demeure alertée et active contre l’addiction, car je ne veux pas transmettre cette maladie à mes enfants... Mon fils me semble épargné, ce qui me réjouit beaucoup et je tiens à ne pas la transmettre à ma fille qui est encore petite." Pour Carla Bruni, rester sobre ne se résume donc pas à compter les mois sans boire : c’est devenu une discipline qu’elle entend garder au quotidien.

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