« Une cité européenne si proche du Maroc » : quand Mohammed VI était doctorant à l'université de Nice

« Une cité européenne si proche du Maroc » : quand Mohammed VI était doctorant à l'université de Nice
Le futur Mohammed VI à Marrakesh, le 22 avril 1987.

Le futur Mohammed VI à Marrakesh, le 22 avril 1987.

© Photo par PHILIPPE BOUCHON / AFP

Héloïse Broseta 15/08/2026 à 07:48, Mis à jour le 15/08/2026 à 08:39

LES ROYAUX À L’ÉCOLE DE LA RÉPUBLIQUE (2/6) - Avant que Sofia d’Espagne ne vienne faire ses études à Paris, d’autres têtes couronnées ont choisi la France pour obtenir leur diplôme. Parmi elles, Mohammed VI, actuel roi du Maroc et titulaire d’un doctorat en droit, délivré par l’université de Nice.

Les rois ont beau ne pas aimer se voir vieillir, ils savent que leur succession est une affaire qui se prépare tôt. Lorsque son épouse donne naissance à un fils, le 21 août 1963, Hassan II estime que sa mission n’est pas tant d’élever un enfant que de former un futur roi. Sidi Mohammed fera ainsi toute sa scolarité au Collège Royal, école installée dans l’enceinte du palais royal et destinée à former les membres du clan alaouite.

C’est là-bas que le futur Mohammed VI obtiendra son bac en 1981, avant de partir sur les bancs de la faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de Rabat. Un établissement où il obtiendra une licence de droit en 1985, après avoir soutenu un mémoire portant sur « l’Union Arabo-Africaine et la stratégie du royaume du Maroc en matière de relations internationales ». Dans la foulée, il décrochera le premier certificat d’études supérieures en sciences politiques ainsi que le diplôme des études supérieures du doctorat en droit public.

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Pour préparer ce dernier diplôme, Hassan II poussera son fils hors des frontières du Maroc, faisant de lui un émissaire destiné à rapprocher le royaume de l’Europe. En 1988, le futur roi réalisera ainsi un stage de plusieurs mois au sein du cabinet de Jacques Delors, alors président de la Commission européenne. Le doctorat, quant à lui, sera soutenu au sein de l’université de Nice-Sophia-Antipolis, le 29 octobre 1993, et aura pour sujet « La coopération entre la Communauté économique européenne et l’Union du Maghreb arabe ».

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« Cette distinction nous touche et nous honore »

Pour évaluer son doctorat en droit, Sidi Mohammed fera appel à un jury composé du préfet des Alpes-Maritimes, du général-président du Togo, de plusieurs sommités intellectuelles françaises, ainsi que d’une vingtaine de professeurs marocains. Au cours de l’épreuve, Maurice Torelli, enseignant à l’université de Nice, remerciera le candidat d’avoir choisi l’université de la capitale azuréenne : « vous avez choisi Nice, cité méditerranéenne si proche du Maroc par ses rivages, ses paysages, son histoire, ses hommes, proche par le cœur et par l’esprit… Cette distinction nous touche et nous honore ».

Au terme de sa soutenance, le fils d’Hassan II obtiendra la mention « très honorable » ainsi que les félicitations du jury. Resté à Rabat, le souverain recevra quant à lui des félicitations d’un autre genre, transmises sous la forme d’une note personnelle. « Les membres du jury tiennent à vous exprimer leur reconnaissance pour avoir favorisé, une fois de plus, la rencontre des universités marocaine et française et permis que se conjuguent nos deux traditions juridiques arabo-musulmane et latine. Les membres du jury expriment à Votre Majesté leurs sentiments les plus déférents et l’assurent de leur entier dévouement ». À fils diplômé, père remercié.

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