25 000 véhicules sans conducteur : l’énorme offensive lancée en Europe
On a longtemps regardé les rues américaines et chinoises comme les laboratoires exclusifs du futur automobile. Pendant que San-Fransisco ou Wuhan déployaient des flottes de robotaxis autonomes, l’Europe observait, engoncée dans ses complexités réglementaires et ses exigences sécuritaires drastiques.
L’accord signé hier entre Lucid et Bolt, marque un nouveau tourant. En unissant le savoir-faire technologique du constructeur américain et la maîtrise logistique du géant estonien de la mobilité, l’Europe organise sa propre riposte sur le terrain de la mobilité sans chauffeur.
Des voitures sur mesure pour l’Europe
Le piège classique des transferts technologiques transatlantiques consiste à vouloir plaquer sur le pavé parisien où les ruelles romaines des solutions initialement conçues pour le Nevada ou la Californie.
« En Europe la conduite autonome exige que les données, les logiciels, les véhicules et les opérations fonctionnent comme un seul et même système conçu pour les routes et la réglementation européenne », explique Markus Villig, patron de Bolt.
Les 25 000 véhicules issus de la future plateforme « Midsize » de Lucid ne seront pas de simples berlines américanisées bardées de capteur montés en postproduction. Ces modèles seront imaginés et co-conçus, pour intégrer nativement l’architecture NVIDIA Hyperion (système de conduite autonome) et répondre au niveau 4 d’autonomie, mais sous la supervision des données accumulées par Bolt dans plus de 850 villes afin de l’adapter aux pièges des routes européennes.
La mutation de la plateforme de VTC
Au-delà des 25 000 à la route initialement, dont Bolt n’a dévoilé ni la date, ni les villes concernées, la plateforme de mobilité souhaite développer 100 000 véhicules autonomes d’ici à 2035.
Bolt bascule ainsi d’un rôle d’intermédiaire à un modèle d’infrastructure, étant propriétaire et exploitant de sa flotte de robotaxis.
De son côté Lucid, trouve ici un relais de croissance. En diversifiant ses débouchés, après des accords avec Uber aux États-Unis, le fabricant de véhicules électrique de luxe s’assure des volumes au-delà des particuliers.
L’Europe future championne de la mobilité autonome ?
Le développement de cette nouvelle flotte dépurvue de conducteur, sera semé d’embûches. Aucune ville n’a encore officiellement ouvert ses portes à cette flotte. Encore frileuses, les autorités préfèrent attendre les résultats des tests effectués à Londres, Munich, Madrid ou Zurich.
Pourtant la bataille du robotaxis semble bel et bien lancée sur le Vieux Continent. En obligeant les acteurs technologiques à se conformer à ses exigences normatives, l’Europe est en train de forger le terrain d’essai le plus exigeant, et potentiellement le plus mature, de la planète.