Une fusée de SpaceX s’est probablement écrasée sur la Lune

Une fusée de SpaceX s’est probablement écrasée sur la Lune

Publié5. août 2026, 13:17

EspaceUne fusée de SpaceX s’est probablement écrasée sur la Lune

Le propulseur de la fusée Falcon 9, qui avait décollé en janvier 2025, est revenu sur Terre, tandis que l’étage supérieur était resté dans l'espace.

Agence France-Presse

L’étage supérieur d’une fusée de SpaceX s’est probablement écrasé accidentellement sur la Lune, mercredi, une collision sans danger pour la Terre qui devrait toutefois créer un cratère à la surface lunaire.  Bien qu’il n’y ait pas encore eu de confirmation officielle indiquant que l’étage supérieur de la fusée Falcon 9 ait touché la surface de la Lune, l’impact devait avoir lieu vers 06H35 GMT, mercredi.

La NASA et sa sonde lunaire Lunar Reconnaissance Orbiter, ainsi que la sonde sud-coréenne Pathfinder Lunar Orbiter, prévoyaient de réaliser des clichés après l’impact. Mais il faudra plusieurs jours avant de les recevoir. Scientifiques et astronomes amateurs espéraient quant à eux pouvoir observer le panache de poussière, de roches et de débris éclairé par le Soleil, produit par la collision.

«On ne sait pas encore à quel point cela sera lumineux, c’est l’une des raisons pour lesquelles nous souhaitons étudier cet événement», a expliqué à l’AFP, avant l’impact, Benjamin Fernando, chercheur au Laboratoire national de Los Alamos, au Nouveau-Mexique (sud-ouest des États-Unis) et auteur principal d’une récente étude consacrée à cette collision attendue.

Décollage en janvier 2025

En supposant que tout le carburant a été consommé, les auteurs de l’étude estiment que l’engin pèse environ quatre tonnes et devrait, à une vitesse de 8 690 km/h, s’écraser près du cratère Einstein, dans l’hémisphère nord de la Lune. «Il n’y a aucun danger pour la Terre», a assuré le porte-parole de la NASA, Jimi Russell, dans un communiqué transmis à l’AFP. «La NASA continuera de suivre le propulseur à des fins d’entraînement et observera ensuite le site de l’impact à des fins scientifiques», a-t-il ajouté.

La fusée Falcon 9, réalisée par la société SpaceX d’Elon Musk, a décollé en janvier 2025, avec deux alunisseurs à son bord. Le propulseur est revenu sur Terre, tandis que l’étage supérieur, considéré depuis comme un débris spatial, est resté dans l’espace pour poursuivre l’acheminement des deux engins. «Un mélange d’activité solaire et de forces gravitationnelles l’a finalement placé sur une trajectoire en direction de la Lune», malgré les précautions prises par SpaceX, a affirmé Julianna Scheiman, une responsable de la société, lors d’une conférence de presse de la NASA, lundi.

«Syndrome de Kessler»

La collision devrait permettre d’étudier les panaches de poussière et de mieux évaluer les risques liés aux débris spatiaux artificiels, des enjeux d’autant plus importants que la NASA espère établir une présence humaine durable sur la Lune. La Lune est régulièrement frappée par des débris spatiaux, notamment des météoroïdes. Les collisions avec des objets artificiels sont en revanche beaucoup plus rares.

Dans les années 1970, la NASA avait volontairement provoqué des impacts durant son programme Apollo afin de recueillir des données sismiques. Selon l’Agence spatiale européenne, plus de 46 000 débris spatiaux, pesant au total 17 000 tonnes, se trouvent actuellement en orbite, a-t-elle indiqué fin juillet. Certains experts ont averti que l’accumulation excessive de débris spatiaux autour de la Terre pourrait entraîner une dangereuse réaction en chaîne de collisions, connue sous le nom de «syndrome de Kessler».

(les/yb)

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