"Une perte de confiance totale" : des parents inquiets après la fermeture de plusieurs crèches Callihop en Isère - ICI
Clémence Cavalleri
Publié le lundi 3 août 2026 à 19h09 Mis à jour le mardi 4 août 2026 à 12h48
Après la fermeture provisoire en urgence de plusieurs micro-crèches du réseau Callihop, décidée mi-juillet par le département de l'Isère, les parents des enfants gardés dans ces structures sont encore sous le choc. La PMI, protection maternelle et infantile, dénonce de "graves manquements".
Il y a deux ans et demi, lorsque David emménage à Saint-Chef (Isère) avec sa femme, ils cherchent un endroit où faire garder leur bébé de quatre mois et tombent sur une des antennes du réseau Callihop. Au départ, tout se passe bien, mais au bout de quelques mois, un premier incident survient."Nous, ça a commencé par une morsure à la joue. Pendant une semaine, l'équipe nous a soutenu que ce n'était qu'une griffure qu'elle s'était faite pendant la nuit, jusqu'à finalement avouer que c'était bien une morsure faite par un autre enfant à cause d'un manque de surveillance. La perte de confiance était totale."
"Une usine à argent"
Le papa décide alors de saisir la PMI, la Protection maternelle et infantile de l'Isère, puis de désinscrire sa fille de l'établissement. Deux ans après, David espérait que la situation s'était améliorée, même si sa fille a quitté la crèche. "En fait, ça nous rend dingues. On donne 1200 euros par mois à une structure pour que son enfant soit bien, et finalement c'est du bullshit. C'est juste une usine où l'intérêt est de gagner de l'argent, peu importe la façon de faire", s'agace-t-il.
"Un vrai sentiment de trahison"
Une autre maman est encore sous le choc de la fermeture des établissements. Depuis plusieurs années, elle confie sa fille à une des micro-crèches du réseau basée à Bourgoin-Jallieu. "Cet arrêté a quand même été très surprenant et inquiétant. Il y a un vrai sentiment de trahison", confie la maman. Ces dernières semaines, elle a aussi été témoin de la fatigue du personnel, notamment à cause des canicules. "Les fortes chaleurs et le turn-over très important de cette année nous ont fait nous poser beaucoup de questions. En discutant entre parents, on a commencé à réaliser qu'il y avait plein de problèmes un peu partout", se désole-t-elle.
Ce qui l'inquiète le plus, c'est le délai entre la date de l'arrêté, pris à Bourgoin Jallieu le 9 juillet dernier, et le moment où les parents ont été informés de la situation le lundi 27 juillet. Durant ce laps de temps, les structures concernées par cette fermeture provisoire en urgence ont continué à accueillir les enfants.
"Je pleurais tous les jours"
Certaines salariées ont claqué la porte de différentes antennes de la structure ces derniers mois. "Je pleurais tous les jours", confie une d'entre elles, qui a préféré témoigner anonymement. Elle raconte le "manque de moyens pour acheter des jouets ou des couches" et parle d'une "direction méprisante envers ses employés". Un collectif de professionnels s'est d'ailleurs formé et lance un appel à témoignages destiné aux anciens et actuels salariés des micro-crèches concernées pour regrouper leurs récits concernant des pratiques problématiques.
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