« Une récompense » pour le Kremlin ? Donald Trump offre un nouveau cadeau à Vladimir Poutine en exemptant la Russie de sanctions
Donald Trump a décidé de revenir sur le Graham Act, dispensant de fait la Russie de nouvelles sanctions majeures prévues dans cette loi.
© Kevin Lamarque
AFP, Chloé Semat 17/10/2026 à 13:44, Mis à jour le 17/10/2026 à 13:45
Après avoir conclu un accord avec Vladimir Poutine, consistant à lever des sanctions pour permettre aux États-Unis d’importer de grandes quantités de diesel russe, Donald Trump a offert un nouveau cadeau au Kremlin en l'exemptant de droits de douanes et de nouvelles restrictions.
Les États-Unis de Donald Trump seraient-ils bel et bien en train de lâcher l’Ukraine, plus de quatre ans après l’invasion russe ? C’est en tout cas ce que semble montrer le nouveau cadeau offert par le président américain à son homologue russe, Vladimir Poutine. Par décret, le Républicain a décidé de revenir sur le Graham Act, dispensant de fait la Russie de nouvelles sanctions majeures prévues dans cette loi récemment adoptée par le Congrès. « J’exempte l’application de telles sanctions, restrictions et droits de douane prévus dans le Graham Act », peut-on ainsi lire dans un décret publié par la Maison Blanche ce vendredi 16 octobre.
Invoquant « l’intérêt national des États-Unis », le document précise que la suspension restera en vigueur jusqu’à ce que le président ou de hauts responsables de son administration estiment qu’une « action supplémentaire est appropriée ». Cette décision constitue un moment « important et véritablement historique », s’est félicité dans la foulée Kirill Dmitriev, le principal négociateur économique de Vladimir Poutine. Peu après, Volodymyr Zelensky a dénoncé le geste de Washington, qui « récompense » et « encourage » le chef du Kremlin.
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Un texte qui visait le secteur de l’énergie russe
D’autant qu’il intervient dans un contexte de tensions entre les présidents américain et ukrainien, alimentées par l’accord conclu avec Vladimir Poutine début octobre, consistant à lever des sanctions pour permettre aux États-Unis d’importer de grandes quantités de diesel russe. Cette fois-ci, Donald Trump a choisi de vider de sa substance un arsenal législatif qu’il avait pourtant promulgué le mois dernier. Il visait en particulier le secteur de l’énergie russe, en ciblant en théorie pour la première fois la flotte fantôme russe, mais également le chef du Kremlin ainsi que d’autres hauts responsables russes.
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Le Graham Act donnait en particulier à Donald Trump le pouvoir d’imposer des droits de douane pouvant atteindre jusqu’à 100 % sur les cinq principaux pays importateurs de gaz et de pétrole russes, parmi lesquels la Chine et l’Inde. La loi portait le nom de son principal promoteur, le sénateur républicain Lindsey Graham, mort en juillet, farouche défenseur de l’Ukraine et pourfendeur de la Russie et de l’Iran. Elle était soutenue avec force par Volodymyr Zelensky, qui avait salué lors de sa promulgation « un outil extrêmement puissant capable de mettre un terme à cette guerre terroriste et de pousser la Russie à faire la paix ».
La cote de popularité de Trump en berne
Problème : selon plusieurs analystes, l’entrée en vigueur de ces sanctions aurait pu entraîner une nouvelle hausse des prix du pétrole, dans un contexte où les Américains font déjà face à une augmentation du coût de la vie, notamment liée à la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Or, à l’approche des midterms, Donald Trump pâtit d’une impopularité record de la part des électeurs américains, justement liée à cette inflation galopante.
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Bouleversé par les récentes annonces du président américain favorables à Moscou, Volodymyr Zelensky n’a pas caché se sentir « trahi » et s’est tourné vers ses alliés européens, leur réclamant 70 milliards de dollars supplémentaires pour faire face à l’invasion russe. Réunis ce vendredi à Bruxelles, les dirigeants de l’Union européenne ont réaffirmé leur soutien à Kiev. « L’Ukraine a fait sa demande, c’est trop tôt pour articuler un chiffre », a tempéré le président français Emmanuel Macron, tout en martelant que les Européens « ne lâcheront pas » l’Ukraine.
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